‹ L'Astrologie chez les Gallo-RomainsChapitre 9 sur 151 · Strabon, IV', i · texte numérisé non relu

Strabon, IV', i

l’astrologie chez les gallo-romains ^I

tourner vers la vie scientifique, vers 1 éloquence et la philosophie ("poç "5 Y.x\ ç'.Xc ; ils eurent des sophistes et

des médecins (jip'.TTà; y.x\ ’uTpoj;) il n’est pas question qu ils aient eu des astrologues.

Mais Marseille est une de ces villes maritimes qui, comme le dit Cicéron I, reçoivent les mœurs en meme temps que les marchandises étrangères : les navires qui entraient dans le port en communication directe et fréquente avec 1 Orient amenaient apparemment les disciplines religieuses en meme temps que les denrées de l’Égypte et de la Chaldée. L’astrologie a pu être un article d’importation orientale; rien ne le prouve, tout permet de le supposer.

Dans la deuxième partie du i®" siècle, nous connaissons un médecin originaire de Marseille, Grinas, qui applique l’astrologie à la médecine : «Pour agir avec plus de précaution et moins de risque dans ses remèdes, il avait joint l’étude des mathématiques et de l’astrologie à la connaissance de la médecine. C’est pourquoi Pline semble le faire auteur d’une secte que l’on pourrait qualifier la secte des iatromathématiciens. Il se réglait sur le cours des astres dans tout ce qu’il ordonnait à ses malades, jusqu’au boire et au manger... 11 y avait peu de temps que Crinas n’était plus au monde lorsque Pline écrivait son histoire, sous le règne de Yespasien, vers l’an 74. C’est ce qu’il est aisé de juger par la manière dont cet historien parle de lui 3. »

Crinas exerçait à Rome, comme son confrère marseillais Charmis, qui, au dire de Pline, repente civitateni ex eadein MassUia invasit. Mais il avait peut-être appris l’astrologie dans sa ville natale, à laquelle il resta fort attaché, puisque Y Histoire Naturette rapporte qu’il consacra une bonne partie de la fortune acquise dans l’exercice de la médecine astrologique à rebâtir les murs d’enceinte de Marseille.

1. Cicéron, De fte publica, II, iv, 7: Est autein maritimis urbibns etiam qiiaedam corruptela ac demuiatio moriim : admiscentur cniin novis sermonibus ac disciplinis et importantur non merces soUim adventiciae, sed etiam mores.

2. Histoire littéraire de la France, t. I, partie I, p. 210-211 : « Crinas, médecin.»

Sur Crinas .Massiliensis, voir Pline, .V. IL, \\l\, v, 3. Cf. Bouché -Leclercq, L'Astrologie grecque, p. 4G4, note 2; p. 532, note 3; p. 5G4, et le chapitre sur La Médecine astrologique, P . 517-542.

«IliLIOTllÈQUE DES UNIVEUSITÉS DU MIDI

D’autre part, en meme temps que l’astrologie orientale pouvait, de Marseille, se répandre dans toute la Gaule, les astrologues, chassés de Rome par Dornitien, allaient, à la fin du siècle, chercher un refuge dans les diverses provinces de l’Empire, dans la Gaule en particulier. «Vers l’an 9/i, l’empereur Dornitien publia un édit contre tous les philosophes, qui étaient alors en grand nombre à Rome, d’où, se voyant expulsés, ils se dispersèrent en divers [lays éloignés. Quelques-uns se retirèrent dans les extrémités les plus occidentales des Gaules et y communiquèrent les connaissances qu’ils avaient acquises u » On sait que parmi les exilés se trouvaient les astrologues auxquels Dornitien « fit l’honneur de les chasser de Rome en même temps ou au même titre que les philosophes » 2, et qui purent, comme les philosophes, aller, eux aussi, dans les extrémités les plus occidentales des Gaules, communiquer les connaissances spéciales qu’ils avaient acquises.

Le philosophe Favorinus, « l’un des plus savants hommes de son temps » qui naquit à Arles en 80 et qui devint « l’ergoteur le plus subtil de l’époque, qui exerçait volontiers sa verve mordante sur les dogmes astrologiques»^, trouva peut-être dans sa ville natale, avant d’aller à Rome, Içs premiers représentants de la science contre laquelle il devait diriger ses interminables polémiques.

Au III* siècle, l’empereur Alexandre Sévère, « un adepte de l’astrologie^, » très versé lui-même dans cette science, la fit enseigner officiellement à Rome par des professeurs compétents 6.

1. Histoire littéraire de la France, t. I, partie I : « Premier siècle de l’Église. État des lettres dans les Gaules en ce siècle, » p. i38. — Cf. Lenain de Tillemont, Histoire des Empereurs, t. If, Bruxelles, 1782, p. Ith, L’Empereur Dornitien, article xvm.

Page 1