‹ L'astrologie grecqueChapitre 103 sur 360 · T DÉPRESSIONS · texte numérisé non relu

T DÉPRESSIONS

solaires.

lunaires.

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On chercherait vainement dans les lu}; dj jjl a-u a astrologiques un rapport quelconque entre ces positions et celles appelées du même nom par les astronomes. Ainsi, tandis que l’altitude ou maximum de déclinaison boréale du Soleil est au solstice du Cancer, son altitude au sens d’apogée dans les Gémeaux, les astrologues placent son ü<{^topa dans le Bélier. Pline, qui lisait vite et qui a pu faire confusion entre astronomes et astrologues, a trouvé quelque part l’explication de cette troisième liste d’altitudes, qu’il appelle, pour les distinguer des autres, sublimitates. Tandis que l’altitude formant apogée est une apside supérieure

1. Dans l’état actuel des textes, il y a des variantes portant sur le quantième des degrés, variantes que les éditeurs pourraient et devraient corriger d'après l’exposé versifié de Dorothée de Sidon (ap. llephæst., 1,8, p. 72 Engelbrecht). Le système étant transmis à l’état d’arcane n’a été altéré que par des eireurs involontaires (cf. Pline, ci-après, p. 196, t). L’avant-dernier éditeur de Firmicus, C. Sittl, a laissé subsister dans son texte (pp. 40-41) une hérésie énorme que Firmicus n’aurait pu professer sans en avertir, la règle od Sè vaTrs’.vioïciî èv Siaaixpo) (Doroth., l. c. — xa-sivwixa 5è x6 Siagîxpoüv. S. Empir., p. 343 — àvxixp'j Tüv uijxogixoïv. Porph., p. 186) ne comportant pas d'exception. Cédait un cas où l’on devait corriger sans hésitation (ce qu’ont fait, du reste, Kroll et Skutsch). A rectifier aussi quelques erreurs de chitl'rcs dans Porphyre {Isng., p. 186). L’auteur du papyrus XCVHl Bril. Miifi. marque bien 1 ütj/wixa de ^ en iip (lig. 13), mais il met plus loin, par distraction, le voqxa en ss (lig. 59). Les autres indications (lig. 13, 19, .30, 35, 44, 49) sont exactes. De même, celles des pap. CX (lig. 14, 18, 31, 33, 36, 39) et CXXX (lig. 82. 102, 118, 146).

par rapport à la Terre prise comme centre, la « sublimité » est une apside supérieure par rapport au centre de l’orbite excentrique de la planète b Si j’entends bien ce que Pline veut dire, r allUudo est située sur un premier excentrique, et la sublhniias,

V ü<j^ü)[j.a astrologique, sur un deuxième excentrique dans lequel la ligne des apsides ne coïncide pas comme direction avec la même ligne dans le premier excentrique,

Ptolémée avait compris mieux que personne combien il était chimérique de chercher des explications dans la mécanique céleste et le compas à la main D’abord, il passe sous silence la notation du degré, qui rappellerait la prétention de faire de 1 hypsoma un lieu géométrique ; il se contente de considérer en bloc le signe où s’exalte chaque planète, absolument comme s il s’agissait de domiciles Est-ce bien d’une exaltation d énergie

1. On sait aujourd’hui que la ligne des apsides se déplace, mais peu importe. Nous prenons les positions fixées par les anciens. Pline explique le mouvement des planètes, et il commence l’énumération des trois espèces d’altitudes par les apogées : Igitur a terrae centra apsides altissimae sunt Saturno m Scorpione, Jovi in Virgine, Marti in Leone, Sali in Geminis, Veneri in Sagittario, Merciirio in Capricorno, mediis omnium partibus (c’est-à-dire au degré 15“ de chaque signe). — Altéra sublimitatium causa, quoniam a suo centra apsidas altissimas habent in aliis signis, Saturnus in Librae parte XX, Jupiter Cancri XV, Mars Capricorni XXVIIl, Sol Arietis XXIX, Ve7ius Piscium XVII, Mercurius Virginis XV, Luna Tauri IV. En troisième lieu, l’altitude par inclinaison des orbites sur l’écliptique (Plin., 11, § 63-68). Les chiffres donnés par Pline sont à rectifier. Martianus Capella (Vlll, 884-886) donne pour les trois planètes supérieures les apogées [altitudines) et les •Mj/wp-ava astrologiques, qu'il appelle absides. 11 entend aussi par là une « élévation » quelconque [absidem etiam habet [Pyrois] recessumque sublimem in Capricorni confinio, hoc est, sub ejus vicesima nona parte. Wll, 88i).

2. Omnia autem haec constant ratione ch'cini semper indubitata (Plin., 11,

§ 63). L’idée que 1’ est au point extrême de la déclinaison boréale,

bien qu’implicitement désavouée par Ptolémée, persiste quand même. L astrologue Valens appelle Nord (Boppâ?) 1’ de chaque planète. Ainsi, le

nord du Soleil est dans le Bélier ! De T à 69, le Soleil xaTjxêaivst xôv poppâv ; de 69 à =ü, xaxaêalvsi x6v vôxov ; de A à , avaêaîvet xàv vôxov, et de à T, Xéyopsv auxôv poppàv àva6aiveiv xal üvpoî ui];oûa9ai (Valens, Cod. Pans. 330 A fol. 1 v). 11 faut que la langue de tout le monde s’accommode aux fantaisies des astrologues en rupture de sens commun. Cf. O 'Y' P°PP‘p[’]

!;co6io> (Pap. Prit. Mus., CXXX, lig. 62-63). L’ordonnance des 6^d.-

paxa, mise à l’abri du raisonnement, s’est conservée intacte chez les Orientaux. Dans le Bundehesh pehlvi, Jupiter (Ahurmazd) et Saturne (Kaivan) s’exaltent dans les signes indiqués (^ et A). Cf. Rev.IIist. BeZisr., XXXll [1895], p. 218

3. La notation du degré est propre au système des u^^ûpaxa. Paul d’Alexandrie (fol. T 2 v) la transporte indûment dans celui des otxoi, sans doute à cause de la prétendue relation alléguée par Porphyre (ci-après, p. 198), tandis que Ptolémée la retranche aux •j^j.tôaaxa. 11 devait la con-

EXALTATION DES PLANETES

qu'il s'agit, ou d'une « montée » astronomique? Ptolémée na garde de poser la question, se réservant d’user, suivant le cas, de l’un ou de l’autre motif. Ainsi, le Soleil a son [x a dans le Bélier, parce que là il « commence à monter » vers le Aord, et son -U a TT 0 ( V W [JL a dans la Balance pour la raison inverse * . C’est un motif astronomique, plus ou moins détourné de son vrai sens. Pour Saturne, motif physique. Le froid Saturne étant l’antithèse du Soleil, on lui attribue des positions inverses, P a-W pa dans la Balance, le î v wpa dans le Bélier; « car, là où

la chaleur augmente, le froid diminue, et là où la chaleur diminue, le froid augmente ». Ni le Soleil ni Saturne n ont donc leur {i.l;topa au.x lieux oü on pourrait leur attribuer le maximum d’énergie.' L’ ü<{jcopa de la Lune est placé dans le Taureau, parce que, après conjonction avec le Soleil dans le Bélier, elle « commence à croître » dans le Taureau, qui, du reste, est le premier signe du trigone lunaire Jupiter atteint son maximum d énergie qui, cette fois, est bien 1’ üijjwpa — dans le Cancer, parce qu il a la propriété d’exciter « les vents féconds du Nord », et que le Cancer est le point le plus septentrional du Zodiaque. C’est une raison chimérique sans doute, mais qui n a pas été inventée poui les besoins de la cause ^ Jupiter ayant son au Nord, d’où

partent les souffles rafraîchissants, et le brûlant Mars étant son antagoniste, celui-ci doit avoir son maximum de causticité à

naître, car S. Empiricus [loc. cit.), qui n’est guère plus récent et n’était pas astrologue, sait le degré exact de l’exaltation du Soleil. 11 n est pas question non plus de degré spécifique dans les trois papyrus astrologiques {Bril. Mus., n»* XCVIll-CX-CXXX) qui mentionnent les 6i|«»[xaTa et xaT:etv(i,uaxa.

1. En fait, le Soleil monte vers le Nord depuis le Capricorne (cf. ci-dessus,

p. 193, l’expression xaTretvwiix 0 o ô <t9 a i). La raison véritable est donnée par le « thème du monde « où le Bélier culmine, est au haut (oLj/o;) du ciel. Le Soleil expliquant à Phaéthon le système des 5o')5cxa olx&i, dit ; Kévxpov

oXou xôxixoLO, [jLsaotx'ja'Xo V âcrxpov ’ 0 p. i: o ’j , Kpièv èyoy aeBe-tov

û O ’j [J. e vo î elap (Nonnus, XXXVIII, 268 sqq.).

2. Ptolémée a déjà parlé des trigones (U, 19), dont nous nous occuperons

plus loin. C’est un cercle vicieux que d’invoquer la raison du « trigone » pour justifier l’üijjwpa, car on nous dira plus loin que la Imne figure dans le tri^^one ny parce qu’elle a son ü to a dans le Taureau. La vraie raison est mythologique, le Taureau étant le symbole de la Lune et, comme symbole féminin, adjugé tantôt à la Lune et tantôt à Vénus. Cela est de toute évidence. Ilorapollon {llierogbjph., 1, 10) dit que le scarabée tauriforme est consacré à la Lune, à-p’ oô -/.al xàv oèpaviov xaüpov îjL}jt>)aa xf,î STcO’j xa-jxT,î AEyooü'.v stvaL -::aîÔ2; Aiyu-x’oiv. Une raison accessoire, qui parait excellente au scoliastc, c’est que le Soleil et la Lune devaient avoir leurs O’yûaaxa, aussi

bien que leurs oîxoi, à côté l’un de l'autre (Anon., p. 39).

3. Voy. ci-dessus, pp. 97, 3. 98, 2. 127, 2 et ci-après, pp. 200. 3. 201, 1.

l’opposé, dans le Capricorne, oü il est au plus bas dans le S., c’est-à-dire le plus près de l’horizon. Ainsi, cette étrange logique arrive à ses lins en associant l’idée de froid à celle de nord, et l’une et l’autre au tropique septentrional, placé dans le (torride) Cancer. Donc Mars bréle à son aise dans le Capricorne ‘ et s’éteint relativement dans le Cancer. L’humide Vénus exalte ses qualités naturelles dans les Poissons, « où s’annonce le commencement de l'humide printemps ». Ptolémée a exclu la mythologie de son livre et ne veut rien savoir des légendes concernant la' déesse orientale. Il dédaigne également de constater une incompatibilité, à l’autre extrémité du diamètre, entre Vénus et la Vierge. La Vierge, oü Vénus se déprime, convient au contraire très bien à l’exaltation de Mercure, qui est « un peu sec (’JTrô^Tjpo;;) » et, comme tel, s’annihile dans les Poissons.

Pour Mercure, l’u<|;(0[jia est identique à l’oT/.o;, à l’un de ses deux domiciles ; les deux systèmes, parallèles ailleurs, se rejoignent ici. Porphyre en donne une raison ineffable : c’est que Mercure, affaibli par ses couchers fréquents, s’exalte dans son propre domicile Tel un valétudinaire, qui ne se trouve à l’aise que chez lui. Porphyre a découvert la raison géométrique, qui est en même temps « naturelle », de l’ordonnance des u'^/wp-axa. 11 a remarqué que les planètes diurnes (O \) '^) ont leur exaltation en aspect Irigone avec leur domicile (un de leurs domiciles arbitrairement choisi), tandis que les nocturnes, « à cause de la faiblesse de leur rayon », l’ont en aspect sextil. On voit la gradation de l’énergie ; Mercure reste chez lui; les planètes nocturnes portent leur rayon à 60°, et les planètes diurnes à 120“ de leur domicile .

Le chaud, le froid, le sec, l’humide, les figures géométriques cachent à ces prétentieux savants leur propre sottise. Ils cherchaient à consolider des traditions qu’ils commençaient par accepter à l’état de mystère et croyaient raisonner en s’imposant l’obligation d’amener leur raisonnement à un but marqué d’avance.

Les débris de toutes les fantaisies qui n’avaient pas trouvé

1. On a vu plus haut (p. 145) (juc iMauilius loge le l'eu et la mùtalliirgie dans le Capricorne : il suit, peut-être sans le savoir, la tradition des û w a a x a.

2. O) 5è xo'j 'EogoO, xoivô? èdxtv r, xs àxxli; àguSpoxspa 5ià xô

xâxiî ajxôv 5'jvctv, xo aùx6 è'/st oixov xal üij^upia (Porphyr., Isag., p. 186). Cela n’empêche pas que la rapidité de la course de Mercure, cause de ses couchers 'et levers) fréquents, ne soit généralement donnée comme cause de sa chaleur et de son énergie.

LES THIGONES PLANÉTAIRES

place dans la répartition des oTxot et des 6^0') ^ fabriquer le système des trigones planétaires. On s'achemine peu à peu vers l’incompréhensible, qui atteint sa pleine floraison dans

le système des O P ta,

3“ Trigones (rpiyor/oc - Iriplicilales - triguelra). — On a vu que le Zodiaque se partage en quatre trigones, et que chacun d’eux possède une sorte d’individualité collective, les signes composants étant de même sexe et parfois — comme dans le « trigone humain » (hf — — de même nature. Les astrologues, en

quête d’affinités entre signes et planètes, eurent l idée d encadrer les planètes dans les trigones et de déterminer les propriétés des trigones d’après celles des planètes dont ils y auraient ainsi implanté l’influence. Cette construction, qui supporte tout l’échafaudage de « l’apotélesmatique catholique a de ce fait une importance telle que l’on voudrait pouvoir en démêler la logique interne, s’il y en a une, je veux dire une autre que les explications données en style d’oracle par Ptolémée.

La première et non pas la moins étrange propriété des trigones, c’est d’avoir une orientation particulière, spécifique, dont on ne peut évidemment pas chercher la raison dans la position du triangle, puisque celui-ci touche le cercle en trois points, chacun d’orientation très differente. Le motif d orientation, sous sa forme la plus simple, nous est fourni par Géminus, un astronome qui, tout en dédaignant l’aslrologie, cite de temps à autre les « Chaldéens ® ». L’orientation d’un trigone zodiacal est déterminée par la direction constante que prennent les vents lorsque la Lune occupe l’un ou l’autre des signes du trigone L La théorie est d'origine météorologique et a la prétention d être fondée sur un fait d’observation. Donc le premier trigone -H-) est sep-

tentrional (j^ops'.ov) parce que, la Lune étant dans 1 un de ses trois signes, si le Borée se lève, on peut prédire qu il souillera pen-

1. On remarquera que le système des C'^w-xaTa et -raxeivtiixaTa nutilise pas tous les signes. Paul d'Alexandrie fait observer que le Lion est otj/wîia oôôevôî,

[synonyme de TaTEtvwjxa] oùôsvô; (f. A 3 v). On en peut dire autant de son vis-à-vis le Verseau et du couple Gémeaux-Sagittaire. C'est une preuve de plus que les astrologues ont réellement cru avoir alfaire à des positions astronomiques qu ils ne pouvaient pas repartir à leur gré.

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