‹ L'astrologie grecqueChapitre 107 sur 360 · IT · texte numérisé non relu

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208 ClIAP. VII. — COMBINAISONS DES SIGNES ET PLANÈTES

possède le droit le plus prisé ou la plus grande somme de droits, et les places suivantes adjugées de même, suivant la gradation des titres. Ptolémée montre que l’ordonnance des opta ne suit ici aucune règle précise, aucune cote des titres, la préséance étant donnée tantôt au domicile, tantôt au trigone, tantôt à l’hypsoma, tantôt a une planète dépourvue de tout droit. Ainsi, Mercure ligure au premier rang dans le Capricorne, où il est tout à fait etranger; dans le Verseau, où il n’a qu’un droit de trigone, il dépossède Saturne, qui y a domicile et trigone. Ces dénis de justice ont eu pour cause, généralement, le désir philanthropique de diminuer l’autorité des planètes malfaisantes, sentiment qui a poussé les astrologues « égyptiens » à rogner aussi sur la quantité des opta dévolus aux mêmes planètes V

La quantité (TtoaÔTTj <;), envisagée comme total des sommes partielles allouées à chaque planète, représente le nombre d’années de vie que peut impartir la dite planète à l’individu qui naît sous sa domination, c’est-à-dire quand elle est « maîtresse de la géniture » L Ptolémée, qui ne croit guère à cette façon de mesurer la vie, trouve ces évaluations arbitraires; mais il n’ose pas rejeter tout à fait l’autorité des Égyptiens, et il ne se permettra de rectifier que la répartition de détail Mais à quoi répondent ces sommes d’années de vie dont dispose les planètes? Quelle en est la raison naturelle, s’il y en a une autre que les constatations expérimentales invoquées par les Égyptiens

1. Porphyre (ap. Stob., Ecl. Il, 7, 42, p. 390) dit que l’on avantageait le maître du signe, placé en tête, et qu’on rejetait les planètes malfaisantes à la fin ; al gèv Trpwxai toO ÇojSîou polpai w; ôtv aûxô) vev£|j.T|pLsvai xw x’jpitü xoO ÇwStou 'Kape6()0T|O’av £lvai àpœiXaœsïç • ai 6è XETiEoxaTai ir.l ~âvxwv xoTi; xaxoTCoEo’.; XsyopÉvoiç àffxpotcnv àTrEVE[AT,6T,ffav. En elTet, Saturne et Mars occupent seuls la dernière colonne des opia. Quant à la règle concernant le « maître du signe », elle est mieux observée dans le système chaldéen (ci-après, p. 210).

2. C’est une règle 6xi l'xaaxo; xwv àaxÉpwv oixoSEj-oxTjo-a; xoaaüxa ext, TrapsSE;. 6oT| xai x:oaôxT,ç èaxl xwv ôptwv (Anon., p. 42). Voy. ci-après, ch. xii.

3. ''0 yàp xaO’ Eva É'xaaxov xwv diaxEpwv È~io"Jvay6p.Evoî ex T:otvxti)v àpiOp-ô;, TEpô; ov cpacnv aùxüv xà j^oovtxà piEptÇEffOai, ooSÉva otxEÏov où6è £’ja-:;66Exxov sysi Tioyov. ’Eàv 6c xal xw xoûxou xaxà xl\v ÈTttauvaywyljv àpi6p.w 7:tffXEija(«)|j.£v, üç avxixpo; ô|j.o)>oyouij.£vw ÙTz’ AîyuTTxîwv, T:o)v)ka)'to; p.èv xal àXXo); xf,î xaxà xô îlwSiov Ttodo- XT|X0<; ÈvaXXaaaopiE'vTiî, ô aôxà; àptOp.ô; auvayôpiEvo; EÉipÉOTi [Tetrab., I, 21). En ell'et, dans son système retouché, il conserve les sommes et modifie la répartition.

4. Ptolémée a bien soin de dire que le système égyptien des opta mérite créance, plus que le chaldéen, xal 6tà x6 xà,v aovaywyV aùxtTiv Tîapà xoï; Atyu~xioti; auyypaoEÜatv di; /pTifftph'-' xi^tôjaQat, xal 8tà xô auii'pwvEtv aCixoTî w; EïtiTcav xàç goipas xwv ôptwv xaï<; xaxaxExayaÉvaiî utc’ aùxôjv 'jîapaûEtygaxixat; yEvÉTETiv. 11 allègue de même, à l'appui de ses retouches, xà; xwv TrpoyEvoasvuv

LES CONFINS OU TEILMES PLANÉTAIKES

D’aucuns avaient imaginé que ces chiflres représentaient les « temps anaphoriques » de chaque planète, c’est-à-dire — hasardons cette hypothèse ‘ — le temps, exprimé en degrés de l’équateur, que mettent à monter au-dessus de l’horizon les deux signes qui constituent les domiciles de la planète. Ptolémée, qui se sent ici sur son terrain, traite ces gens-là avec le dédain qu’ils méritent. Il leur apprend que les chiffres évaluant les ascensions varient avec les latitudes, et que les leurs, faux pour toutes les latitudes, n’ont pu être accommodés aux cotes traditionnelles qu’à force d’expédients, de raffinements, de mensonges. Mais Ptolémée se contente de ce résultat négatif ; il se dérobe. C’est à ses scoliastes qu’il faut recourir pour trouver au moins un indice qui aide à deviner. Démophile dit que la répartition inégale des ô'pia a pour cause « les périodes complètes des planètes » ^ Ces périodes complètes ou achevées étaient des cycles calculés par les Chaldéens — les Chaldéens du temps des Séleucides * — et servant à déterminer à l’avance les positions des planètes pendant toute la durée de leurs cycles respectifs. L’explication de Démophile représente évidemment l’opinion

Yîvisswv [jLoipoypa'fia; {ibid.). On voit quel avantage avaient les astrologues à vieillir leurs doctrines et antidater leurs expériences, et pourquoi les fabricants de livres égyptiens ont fini par l’emporter sur leurs rivaux, les Chaldéens, qui n’avaient pas une officine comme Alexandrie à leur service.

1. Ptolémée et le scoliaste sont ici aussi obscurs que possible : Kal ô ttei- 0avo)vOY2tv xal ffO'ptî^suÔa'. xivâ? è-nt/s'.poü'ji xr-pl xùxôjv, oxt xaxà Travxôî aXtiiaxOî àva-.poptxàv Xoyov o'i xa8’ k'xaxxov àaxspa aujyT,;xaxtÇôp.Evoi ~û; ypôvo!. x t;v aùxi^v èti: lauv iyoux i 7: ocoxïjxa, i|/eu5£î Èffxt {Teti'ab., 1,21). I.e scoliaste répète : xal xoi yz xiviç çax'. aostî^ôpivoi, ôj; Éxâa-xtp xuv àaxîpwv iSôOT,

T| •ÏT05ÔXT,; XWV Ôpiwv ~pÔî XT,V à V X » O p X T; V X w V /pôvuv XOÜ ÇwàtO'J TZ O s6 xT, XX. XuvxyopEvot yxp oi xvx'popixol /povot xF,v xCix-fy xot? ôpio'.ç àTroxcXoüa". TïoxôxT,xx • i^süôoî Ô£ xoûxo (Anon., p. 41). Quel lien supposer entre la durée de l’ascension des signes et les planètes? Le domicile? l'hypsoma? le trigonc? Le scoliaste dit plus loin (p. 43) qu’on additionnait xi? âvxsopx; xwv ôûo î^wôiwv sxxffxou xxxépoî, ce qui ne peut s’entendre que des domiciles.

2. Les op'.x sont distribués dans les signes, non par parties égales, comme les les décans, xXXx àix-pdpw; xxxx xXXtjV xtxixv, T|VX'.vx ûxriOsvxo èv xxî; xwv xxxéptov x£X£Îxl; Tîspioôoi; (ap. Porphyr., Isatj., p. 200). Sur ces périodes, voy. Salmas., De annis clvnacl., p. 209-215.

3. Des fragments de cette Co)inaissance des Temps élaborée dans les observatoires chaldéens, datant des années 219-121 avant .l.-C., figurent parmi les textes déchitlrés. Voy. P. Epping, Astronotnisebes ans Babylon, p. 189. P. Epping et Strassmaier, Neue babylonische Planefen-Tafebi (Zeitschr. f. AssyrioL, \' [1890], p. 341-366. VI [1891], pp. 89-102 et 217-244). Les évaluations chaldéennes (ï) 59 ans; ^ 83 ans; 79 ans ; Q 8 ans; ^ 46 ans) sont toutcli'is assez ditférentes des sommes adoptées pour les op^x (ci-après, p. 212).

commune des astrologues ; car d’autres disent aussi que les années de vie imparties par les planètes sont égales à la durée de leurs périodes (grandes ou petites ou moyennes), et on nous a déjà averti que ce nombre d’années est égal à la somme des op-.a. Seulement, il faut admettre un postulat énorme et admirer plus que jamais l’harmonie providentielle du monde, car, dans tous les systèmes d’opia, la somme de ces périodes est précisément égale aux 360 degrés du cercle. Ptolémée a reculé devant ce sacritice imposé

à sa foi, ou plutôt 11. — Tableau des opta diurnes [système chaldéen). devant l’aveu public de sa foi.

C’est la même règle de quantité qui a présidé à la confection du tableau des opta chaldéens b encore que les sommes partielles y soient différentes, les « Chaldéens » ayant réagi, ce semble, contre l’optimisme de leurs rivaux et fait la part plus large aux planètes malfaisantes. Le principal défaut que Ptolémée trouve au système chaldéen est sa régularité mécanique, excès contraire à l’irrégularité intempérante du système égyptien. 11 consiste à donner même division aux signes d’un même trigone L En tête se place la planète maîtresse du trigone; viennent ensuite la maîtresse du trigone. suivant, les deux maîtresses du troisième

1. Ce tableau ne se trouve que dans Ptolémée {Tetrab., 1, 21).

2. La répartition une fois faite pour le premier signe de chacun des quatre trigones, il n’y a plus qu’à la répéter pour le second et le troisième signe, comme on le voit dans chacune des trois tranches du tableau ci-dessus. Même symétrie dans le système des opia aaxà x-f.v éiixiÇwvov (ci-après, p. 2U).

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LES CONFINS OC TEILMES PLANETAIRES

Irigone, enlin, la maîtresse du dernier trigone. Le nombre de degrés attribué à chaque planète va décroissant d’une unité, de la première planète, qui en a 8, à la dernière, qui en a i. Chaque tranche d’op’.a est découpée dans la série — invariable et inexpli- (piée : ^ c? 9 • C’est pour maintenir cette série que, par

exception, dans le trigone humain (M — les deux planètes maîtresses du trigone, Saturne et Mercure, occupent les deux premiers postes : Mars, qui devrait être au second rang comme maître du trigone suivant, est relégué au troisième. Enlin,

Saturne et Mercure — ces deuxlà seulement — permutent l’un avec l'autre dans tous les signes, suivant que la géniture est diurne ou nocturne *.

Ptolémée, aidé de son vieux livre, voudrait introduire dans le système égyptien un ordre rationnel, moins régulier, mais plus souple et plus compréhensif que celui du système chaldéen L 11 lient compte à la fois des des Irigones et des domiciles^ trois espèces de titres dont la valeur décroît dans l’ordre indiqué. Une planète qui possède

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