Voy. ci-après le ch. xv, consacré à Vlatromalliématique
3. Les listes comparatives confectionnées par Brugsch {Thésaurus, 1, pp. 137-184) montrent bien qu’il n’y a jamais eu d’orthodoxie étroite ni pour les noms, ni pour l’ordre, ni pour les figures des décans, en Égypte même; et les astrologues grecs n’ont pas trouvé non plus de dogme arrêté dans Néchepso et Pétosiris. Istam rationem veteres involutain variis obscuritalibus reliquerunt, <{ne^ ad omnium notitiam verissima haec et inmntabilis ratio 'perveniret. Sed et magnus ille Pétosiris hanc partem leviter attigit, no7i quod eam nesciret {ad omnia enim sécréta divmitatis accessit), sed cum docere nollet, ne immortalem operis sui relinqueret disciplinam (Firmic., IV, 22, 20 Kroll : cf. 22, 1). 11 n’y avait de fixe que la distrihution mécanique des Ttpôawita planétaires (ci-dessus, p. 228). On a vu précédemment (p. 221) que les listes pharaoniques donnent 40 noms, qui ne sont pas classés partout dans le même ordre (Brugsch, pp. 137-143, 133-158). Les listes de l’époque gréco-romaine (Brugsch, pp. 147-130, 162-164) ne contiennent plus que 36 noms (sur lesquels 8 nouveaux); mais l’ordre comporte de nombreuses variantes, surtout au point de suture du cycle, là où commence et finit la liste, au signe du Cancer. Les astrologues-astronomes, tiraillés entre les systèmes, voulaient placer la suture (le tropique), qui au commencement, qui au milieu, qui à la fin du Cancer, ou même — vu la précession des équinoxes — remonter à la fin des Gémeaux {Phui-hr en tête dans les listes L et M, de Dendcrah). L’ancien chef
LES DÉCAiNS ÉGYPTIENS
Il y a encore un mystère à constater, sinon à élucider, dans le système des décans tel que l’expose Firmicus. Les décans, avonsnous dit, ne sont pas contigus, mais séparés par des espaces vides. Ces espaces, généralement moins grands que les décans, — puisque le cercle compte 203 degrés « pleins » contre lo3 a vides », — sont non seulement inégaux entre eux comme les décans et inégalement répartis entre les signes, mais, chose plus bizarre.
de üle, Tpa-Kenmut disparaît, remplacé par SU ou Seta, que la plus ancienne liste, celle d’Edfou (II), met en tète, au milieu du Cancer. D'autres (listes 1 et K) commencent par Kenmiit ou Knuyn, à la tin du Cancer, et terminent la liste par SU. Enfin, comme SU, Seta, SUa, Selu, Si^u (les Tortues) est le Cancer lui-mèine (Brugsch, pp. 113, 164), Sit était aussi bien le commencement que le milieu du Cancer. Mais, si l'on fait commencer l’année avec le Cancer, alors le premier rang revient à Solhis ou Sali (Sirius), qui précède le lever du Cancer et que les exigences de la division ternaire ont fait entrer dans cette constellation. Le lever de Sothis indiquant également bien la fin d’une année ou le commencement de l’année suivante, son décan pouvait être mis en tête ou en queue de la liste. On voit le flottement dans les idées et la cause des divergences. Les listes d’Hermès et de Firmicus représentent l’anarchie complète, comme ordre et comme nomenclature. Le papyrus XCVIII recto [Drit. Mus., pp. 127-130) pose une énigme dont l’auteur a gardé la clef. 11 distingue ou semble distinguer, d’une part, les 36 >.a]x-;:pol ojpoffxùirot, de l’autre, les ôsxavoi, quoique ces termes soient synonymes et que les noms des uns comme des autres soient, à l’ordre près, dérivés des listes égyptiennes. Autant que le permet l’état du texte. Je conjectui’e qu’il lui a plu d’appeler ûpouxÔTîot les décans coïncidant avec les positions de ses planètes et « centres », et ÔExavol les décans coïncidant avec les dodécatémories des dites planètes. Cela me paraît plus probable que les hypothèses de C. W. Goodwin (ap. F. Chabas, Mélanges Égyptologiques, IF série, pp. 294-306. Chalon-sur-Saône, 1864), qui propose de distinguer des (Lpoaxo-o'. étoiles isolées, des ÔExavot groupes d’étoiles et des étoiles non qualifiées, ni horoscopes ni décans. L’exégèse de ce document est encore à faire : mais, à supposer qu’on y découvre une méthode quelconque, l’autorité d’un praticien anonyme ne pèse guère plus, au regard des traités en forme, que celle des figurations dessinées par des artistes décorateurs. En attendant, j'ai pris le parti, dans le tableau ci-joint, de placer les noms extraits du papyrus XCVIII d’après leur homophonie probable et d’indiquer entre parenthèses le signe auquel je pense qu’ils se rapportent. Les figures ou types plastiques ne sont pas non plus sans variantes. Il y a déjà des différences notables dans les deux séries de figures (L et M) données par Brugsch (pp. 151-132), la plupart avec la tête d’ibis (Thot) diversement coiffée. Ce ne sont plus des variantes, mais des incompatibilités que l’on constate, si l’on rapproche ces figures de la liste des types hermétiques décrits dans la 'Isp à {Anal. Saa\, V, 2,
pp. 284-290 Pitra). Par exemple, le Knum {\woug.i^) de la liste M est une figure debout, coitlée du pschent ; le Xvoûp.oî hermétique, un ophidien léontocéphale, tel qu’on le voit sur une pierre gravée, publiée par Saumaise (p. 566), avec le nom de Xvo'jêi;. plus forte raison, les figures des sphères persique, arabe, etc., sont-elles de pure fantaisie.
232 CHAP. vu. — COMBINAISONS DES SIGNES ET PLANÈTES