‹ L'astrologie grecqueChapitre 121 sur 360 · RÉINTÉGUATION DES DÉCANS ÉGYPTIENS · texte numérisé non relu

RÉINTÉGUATION DES DÉCANS ÉGYPTIENS

de riiebdomade ou semaine que de demander à un arithméticien la clef de cet arcane.

La combinaison des décans avec les planètes fit loi pour les héritiers de l’astrologie grecque, Arabes, Persans, Hindous ; je laisse à d’autres le soin de rechercher si c'est entre leurs mains que le système s’est surchargé de ligures supplémentaires, une par degré du cercle L Mais quel que fût le succès de cette espèce d’escamotage, qui dénaturait les « dieux » égyptiens ^ absorbés par les dieux-planètes des Chaldéens et Hellènes, il resta toujours des partisans de la vraie tradition égyptienne, et ceux-là prirent leur revanche. Le même Firmicus, qui a donné d’abord la liste des décans-planètes et vanté leur « infinie puissance », se décide plus loin, non sans un certain tremblement religieux, à révéler les arcanes que les « divins anciens » ont enveloppées d’une obscurité voulue, de peur de les livrer aux profanes. Il expose un système dans lequel les décans sont bien les dieux égyptiens, portant des. noms égyptiens et dégagés de toute association avec les planètes qui, dans le système rival, prétendaient les asservir. Ces décans sont dans le Zodiaque et distribués trois par trois entre les signes, ce qui efface à demi la trace de leur origine

1. Ce sont probablement les « paranatellons », XEotoupyol, ûxoîisitoupyot, munifices, etc. (ci-clessus, pp. 217, 225-6), et ils ont pu être déjà intégrés dans le Zodiaque par les « Égyptiens », qui avaient la manie des [xovoiaoipia-. et de la « myriogénèse » ou plutôt « mœrogénèse ». Voy. dans Scaligcr {Nolae in Manil., pp. 442-458) les Monomoeriarum ascendenLes in sinf/idis sifjnis cum sir/nificalionibus et decanis sui ae;/jjpiiacis, d'après les Arabes. Ce n'est pas aux Arabes, iconoclastes par religion, que l’on peut attribuer l'invention de cette iconographie compliquée. D’après l’abbé Guérin {Astron. indienne, pp. 81-83), les 36 décans ou « drekans » hindous sont représentés par les planètes a raison de trois par signe, mais rangés dans un ordre diflérent (emprunté aux trigones). Scaliger {op. cit., pp. 336-347) donne la division en décans de la sphère « persique, indienne et barbarique » — celle-ci égyptienne avec constellations -apavaxÉXTvovxEî, mais sans ligures de décans — d’après Aben-Ezra : Sphuei üVHïïi / evsiccie Indiccte et Bctebciviceie ovtus ex libro Aben^Kzvcie ludaeoriim doctissimi. Ilaly (1, 5) compte sur les décans (faciès) trois opinions : celle des Grecs (décans planétaires), la plus véridique et la plus suivie; celle des ln<iiens, qui suit l’ordre des trigones, et celle d’Alkindi, qu’il n’explique pas.

2. Les décans sont toujours appelés « dieux » par les tenants de la tradition égyptienne, notamment par lléphcstion de Thèbes (v. g. èx 6s où [= 6cxivou] ÈvEpystaî, pp. 48, 27 Engelbr. - oî xoÛ Osoù [= Ssxxvou] xXqxaxxr.psç, pp. 51, 29 etc.) et Firmicus : sunt autem decani ipsi marjni numinis et potestatis — quia deum fréquenter alius deus vincit — iste deorum numerus, id est, decanorum (l'irm. IV, 22, 2-3^Kroll). Celse les connaissait aussi comme tels : s- xaî xoti- •zovxa Ôat.xovEî t, dsol xtvs; aiOeptoi (ap. Salnias., p. 841). Les signes ne sont plus, par comparaison, que des êtres inférieurs, de simples logements.

230 CHAP. vil. — COMBINAISONS DES SIGNES ET PLANÈTES

réelle; mais ils y sonl inégaux en étendue % non contigus et séparés par des espaces vacants, des degrés inoccupés [partes vacuae, vacantes, par opposition à plenae) où ne s’exerce pas leur bienfaisante influence. D’après Firmicus, Néchepso, le « très juste empereur d’Égypte et très bon astrologue », avait attribué aux décans tout pouvoir de distribuer à leur gré la santé et les maladies et enseigné l’art d’employer les uns à guérir les maux envoyés par les autres ^ Les dieux médecins sont, dans toutes les religions, les derniers à perdre leur clientèle. Les astrologues se chargèrent de ne pas laisser oublier ceux-ci et de battre monnaie avec les recettes mystérieuses de Néchepso. Elles agissaient d’autant mieux que les noms égyptiens des décans remplissaient la condition requise des mots magiques, à savoir, d’être inintelligibles. Comme ils n’étaient plus compris, ils se sont défigurés de transcription en transcription, et on ne s’étonnera pas de trouver de nombreuses variantes dans le tableau ci-dessous (p. 232-233), qui lui-même représente déjà un choix fait dans les variantes plus nombreuses des listes égyptiennes, connues et inconnues^.

1. La grandeur des décans de Firmicus varie entre 2 degrés (Uiu) et 10 degrés {Futile) \ celle des espaces vides, entre 1 et 9 degrés. Ce ne sont plus des 8sxavot ou arcs de 10 degrés. L’idée d’intercaler des vides est venue naturellement aux astrologues, puisqu’il y en a dans le Zodiaque réel : mais ce serait leur faire trop d’honneur que de chercher un rapport quelconque entre leurs chiffres — qui sont, du reste, en désarroi complet dans les mss. de Firmicus — et les vides comptés par Hipparque {In Eudoxi Phaen., lit, 3).

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