LES CORTÈGES DE SATELLITES
h. Le deuxième mode de doi-yphorie ne convient qu'aux luminaires, au Soleil et à la Lune, cliels de file des deux sectes diurne et nocturne. Si, même sans être dans sa propre maison, l’un ou l’autre de ces astres se trouve sur un des deux « centres » les plus importants, — l’Horoscope ou le MC., — il a pour satellites toutes les planètes de sa secte (xr;ç aîpé(Tcto;) qui le visent suivant un aspect défini. Il y a seulement cette difïerence, que les satellites du Soleil visent en aoani, — c’est-à-dire, cette fois, dans le sens du mouvement diurne, — et ceux de la Lune en arrière, — c’est-à-dire du côté où l’entraîne son mouvement propre et où ils vont eux-mêmes. Ainsi le Soleil marche suivi et la Lune précédée de ses satellites.
c. Enfin, il y a encore une troisième espèce de doryphorie, qui est une extension de la précédente, avec retouches au profit des planètes autres que les luminaires. Toute planète qui est a 1 horoscope ou en culmination a pour satellites les planètes qui la précèdent ou la suivent de près et sont de secte concordante avec la géniture. Ainsi, dans le cas d’une géniture diurne, ce sont les planètes diurnes (jui font cortège; ce sont les nocturnes dans les génitures nocturnes. L’accord est parfait quand la planète ainsi entourée est de même secte que ses satellites L Dans ce système
côté où elle « lance son rayon » — xaxo-Trxcû-i^ èt:1 xt,v 'iîpoava3£pO|j.É'/r,v aôxoü jjioïpav xT,v ixxTva paXiôv. C'est très humain de viser en tirant; mais il ne fallait pas avertir d’abord que les planètes regardent en avant et tirent en arrière. Dans le second mode de doryphorie, les satellites du Soleil tirent sur lui; mais ceux de la Lune devraient la regarder, et cependant, on dit aussi qu’ils actinobülisent. Plus loin (troisième mode) on va nous dire que le Soleil aura pour satellite la planète qui se lève avant lui, c’est-à-dire qui le regarde — 5opu'popT,6fiffsxon üttô xoü Tzpoavaas po ;j.s vo u (Porphyr., p. 192). C’est le gâchis complet. La coexistence des deux mouvements, diurne ou cosmique et planétaire, a si bien embrouillé les notion tïavanl et (ïarrière. qu’il devait y avoir des théories contraires, confondues ensuite par les scoliastes et abréviatcurs.
1. 11 n’est pas ici question d’aspects, et on parle de courtes distances, comme 1 degrés pour la Lune et 15 pour le Soleil. Du reste. Porphyre et Iléphestion répétant les mêmes phrases incohérentes, il faut renoncer à s’orienter dans ce fatras. Après avoir spécifié (deuxième mode) que les satellites du Soleil lancent leur rayon en avant (à droite) et admis (troisième mode) que les satellites peuvent être en avant ou en arrière (- p o t, yo 5 |x s v o i t, i-oixevoi). Porphyre ajoute : xaxi xoüxo 6è b r{k\o^ ôop’j-fopT.OfiTcxai xj~b xoû
-n O 0 av a 3 c P O [xe vo U, bi 67:6 xoO èv xaï; aolpa-.? £ t: 3 v a 3 £ p 0 [xé vo 0 .
Donc tout est à l’envers du second mode, et il n’y a pas de 5/f,[xa ? A son tour, le scoliastc Anonyme (p. 41) nous prévient aussi que la doryphorie pour le Soleil n’est pas la même que pour la Lune, et que, dans un cas comme dans l'autre, la distance du satellite ne doit pas e.xcéder un signe : £~i txèv yàp xoü
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égalililire, les luminaires eux-mêmes peuvent descendre à la condition de satellites.
Autant que j en puis juger, la doryphorie a commencé par être réellement une rangée à courte distance, comprise dans l’espace d un signe, les satellites suivant, dans le sens du mouvement diurne, la planète honorée, supérieure (et. •/.aOjTCcpTEpv^atçj, et tous par présence reelle. Puis sont venus les raisonneurs et abstracteurs de quintessence. Assimilant les satellites à des appariteurs ou licteurs, ils ont fait rétlexion que ceux-ci devaient précéder le magistrat, et que, étant donné comme ici deux collègues, l'étiquette consulaire mettait devant les appariteurs du premier et derrière les appariteurs de l’autre Mais, comme il était impossible de s entendre sur le sens des mots devant et derrière, vu la coexistence de deux mouvements de sens contraire, les uns ont mis les appariteurs du Soleil devant lui dans le sens de sa marche diurne, et les autres devant lui dans le sens de son mouvement propre, avec disposition inverse pour la Lune. L’inévitable substitution des aspects à la présence réelle a mis en jeu l’actinobolie, au sens propre et impropre du mot; elle a rendu problématique, à grande distance et sur un cercle fermé, la distinction de la droite et de la gauche, de l’avant et de l’arrière et produit des confusions nouvelles qui, les commentateurs aidant, ont fait du tout un chaos inintelligible.
Nous sommes loin d’avoir épuisé la liste des hostilités ou des politesses en usage au ciel. La politesse peut aller — nous l’avons vu — jusqu'à la charité désintéressée * : mais la casuistique des conflits est bien plus ample que le code de l’hospitalité sympathique. Les planètes se contrecarrent et s'annulent mutuellement lorsque les diurnes occupent soit les domiciles, soit les hypsomas des nocturnes, et inversement; ou lorsqu’il y a antagonisme de caractère — et non plus seulement d’a'îpEatç — entre une planète bienfaisante logée chez une malfaisante ou inversement. On dit alors qu’il y a àv^rav «Xuai; ou annulation du pronos-
tic, et on appelle particulièrement « affliction » (xâxw atc), l’état d’une planète bienfaisante accolée, ou assiégée, ou frappée, ou hébergée par une planète malfaisante.
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