‹ L'astrologie grecqueChapitre 15 sur 360 · LES STOÏCIENS · texte numérisé non relu

LES STOÏCIENS

avaient à satisfaire une clientèle moins résignée, se montrèrent plus accommodants K Mais ils ne devaient pas non plus, sous peine de rendre leurs prédictions hasardeuses et problématiques, exagérer la plasticité du Destin. Ils tenaient en réser\e, comme dernier recours contre les objections trop pressantes, la résignation sereine des Stoïciens. Le grand docteur de l’astrologie, Ptolémée, après avoir accordé une certaine marge à la liberté humaine quand il s’agit non de nécessité absolue, mais de prédestination, conclut en disant : « Et môme s il s agit de choses devant arriver nécessairement, n’oublions pas que l’imprévu amène des excès de trouble ou de joie; tandis que savoir d’avance habitue et apaise l’âme, en lui faisant considérer comme présent un avenir éloigné, et la prépare à accepter en paix et tranquillité tout ce qui doit advenir ^ »

Nous aurons tout le temps d’apprécier la part considérable que prirent les Stoïciens à l’élaboration des dogmes astrologiques en exposant ces dogmes eux-mêmes. 11 serait plus dillicile d’estimer l’intluence que put exercer en retour sur le stoïcisme l’astrologie, importée en Grèce au moment même où la philosophie du Portique était dans sa période de formation Mais c’est là une question à renvoyer aux historiens de la philosophie. Ce qui est certain, c’est que Chrysippe reconnaissait dans les « Chaldéens » des alliés ; qu’il leur empruntait des exemples de problèmes fata-

1. Voy., sur le fatalisme astrologique, le ch. xvi, où nous serons plus à même d’examiner les concessions faites par les astrologues.

2. Tetrab., 1, 3. — Qtiae multo ante praevisa suiit, languidius incitrritnl (Sen., Consol. ad Marc., 9).

3. La doctrine stoïcienne de rà-oxaxâjxastî, ou rénovation périoilique du monde par déflagration (r/c-üpws’.;) ou par déluge (xaxaxXujjaôî), au bout d’une « grande année », peut sans doute remonter à Iléraclite et aux Pythagoriciens; mais l’idée que le monde renouvelé doit reproduire exactement le précédent pourrait bien être de provenance astrologique. Genet/iliaci quidam scripserunt esse in renascendis hominibus quam appellant - aX i vv£ ve t i a v Graeci... ut idem corpus et eadem anima... rursus redeant in conjunctionem (Varr. ap. Augustin., Civ. Dei, XXII, 28). Il est dillicile de savoir qui prête ici et qui emprunte. En tout cas, les astrologues se prévalaient de rà-roxa-asxaTt; (cf. Firmic., 111, 1 Kroll, qui ajoute le diluvium à la pyrosis), et les Stoïciens invoquaient l’autorité de Bérose, qui assignait pour cause à la déflagration la réunion des planètes dans le Cancer, et au déluge leur réunion dans le Capricorne (Scnec., Q. Nat., 111, 29. Cf. ci-après, ch. ii, p. 39). Le stoïcien Iléraclite (ch. i.iii : cf. ci-dessus, p. 30, 1) sait que la conjonction des sept planètes dans un même signe amènerait une a-jy/yxiv xoü râvxoî. Scaliger raconte {l’roley. de Astrol. vett. Graec., fol. x 3) que, les astrologues ayant annoncé en 1579 la conjonction de toutes les planètes pour le mois de septembre l.’iSO, le genre humain vécut sept ans dans la terreur.

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