CHAP. 1. — LES PKÉCÜRSEL'KS
listes et retouchait à sa façon, pour les rendre irréfutables, les termes de certaines propositions astrologiques, celle-ci, par exemple, que rapporte Cicéron : « Si quelqu’un est né au lever de la Canicule, celui-là ne mourra pas en mer ‘ .» 11 est remarquable que la vogue du Portique, à laquelle nous faisions allusion tout à l’heure, coïncide avec la diffusion des idées que le Chaldéen Bérose apportait alors de l’Orient.
Voulue ou non, l’alliance de l’astrologie et du stoïcisme se lit par la force des choses ; elle se fortifia par l’intluence réciproque que ne pouvaient manquer d’exercer l’une sur l’autre des doctrines également préoccupées de savoir et de prévoir. Zénon et Bérose n’étaient pas seulement contemporains. S’il est vrai qu’ils eurent l’iin et l’autre, peut-être de leur vivant, leur statue à Athènes ^ on peut dire que l’instinct populaire avait deviné ce que nous aurons plus de peine et moins de grâce à démontrer.
1. Si quis orienle Canicula nalus est, is in mari non morietur. Chrysippc, voulant supprimer ici le conditionnel, docet Chaldaeos quo paclo eos exponere praecepla oporleat (Cic., De f'alo, 6-8).
2. [Eniluit] aslroloqia Berosus, cui ob dioinas praedicliones Athenienses publiée inGijmnasio slaiuam inaurala linguu slaluere (Plin., VH, § 123). Pline ne dit pas que ce fût du vivant de Bérose ; mais on voit bien qu’il s'agit d’un engouement pour une nouveauté, et il est permis de croire que cet engouement n’est pas sans rapport avec l’enthousiasme pour Zénon (Diog. Lacrt., VH, 6). Le stoïcisme, du reste, est presque aussi « oriental » que l’astrologie. Ses fondateurs sont tous des Asiatiques (cf. ci-après, ch. xvi).