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LES LIEL'X LIMITROPHES DES CENTRES

Les raisons ne leur manqiiaienl pas. Ils n’invoquent que la raison géométrique en disant que, vu l’inclinaison de la sphère, le MC. est évidemment au midi par rapport à la verticale. Sous cette preuve sullisante se cachait sans doute aussi l’idée vulgaire, jadis de sens commun, que les astres, une fois couchés à l’Occident, rejoignent le Levant par le Nord, si bien que « au nord » et « sous terre » étaient, dans la course des astres, des étapes identiques. Le scoliaste de Ptolémée aurait bien pu se contenter d’admirer « la très élégante et utile harmonie » qui unit ainsi les points cardinaux du Zodiaque à ceux de l’horizon, et ne pas faire dire à Ptolémée que les vents du Nord, de par la théorie susdite, soLitllent de dessous terre (à-Tto toù

Énergie et rapidité d’action sont les caractères que communiquent les centres aux astres pointés par leur aiguille. Après eux, au propre et au figuré, dans l’ordre du mouvement comme dans celui des dignités, viennent leurs héritiers présomptifs, les quatre compartiments dits ÈTravacpopaî. Ceux-là « montent après » ; ils marchent vers l’avenir, et, sauf exceptions, — il en faut, et beaucoup, en astrologie, — leur action, assez énergiipie, est plutôt favorable. Restent les quatre compartiments qui « déclinent » (àTTo/X'paTa - £7u-/.aTacpopa') par rapport aux centres. Évidemment ceux-ci sont affaiblis, et les logiciens étaient tentés de leur refuser une énergie quelconque, ou, considérant que le mal est la négation du bien, de leur en attril)uer une mauvaise ’. Mais, dans toutes les classilications astrologiques, les raisonnements partis de principes divers s’entrecroisent, et celle des lieux, (pi’il est temps enfin d’exposer, nous réserve des surprises.

Le système des lieux {x6Tzm - loci) a été créé sans doute par des astrologues ^ qui voulaient rompre pour ainsi dire avec la fati-

1. Paul d’Alexandrie, i:spl àt: o x X i ixâToiv (P 2 — Q) "proteste contre la prétendue inellicacité tics àr:ox)v'|jLO(Ta. 'Istsov ozi èsO' oxî xal Tà à-oxXiuata

■'^^1 svspysiav où To/oùsav -Trapî tcTjv àTïOTcX£S[j.ïT'.xôjv AÔyov Tro'.îÏTat X. T. X. Protestation supertlue d’ailleurs, la théorie des lieux ayant triomphé sans conteste du mépris silencieux de Ptolémée, lequel y est constamment ramené par ses scoliastes et convaincu de l'avoir appliquée de temps à autre. Ptolémée remplace très souvent le mot ÇwÔiov, qu’il n’aime pas, tantôt par ô(üÔ£xaTTi[j.ôpiov, tantôt par to-oî (voy. 11, 8). De là des équivoques. On ne sait pas toujours s’il n’emploie pas aussi xôzoî dans son sens technique.

2. On les dit toujours « Égyptiens », par exemple : tov "KéixTi-ov totov ot Aiyù-vto'. Toiî véxvoi; 7:ap£r-/ov (Anon., p. 158 etc.); ou bien ce sont « les Anciens » : yaptxôv tottov eîtiOasiv aÙTÙv (le Yll” lieu) ot TiaXato'. ::p03ayop£'j£iv (Anon., p. 139) — yaposxôXov dans un papyrus égyptien (\olices et Extraits, X\ III, 2, n» 19 = lîrit. Mus., CX) et Paul d’Alexandrie (M 2).

CHAP. IX. LE CERCLE DE LA GÉNITÜRE

gante exégèse du Zodiaque, se débarrasser de tout ratürail des domiciles, exaltations, confins, décans et autres fiels délimités à poste fixe sur le Zodiaque comme de la ménagerie zodiacale ellemême, et asseoir leurs pronostics exclusivement sur rinlluence des planètes considérées dans les trois espèces de positions angulaires (xsvTpa - ETravacpopat - aTToy-Xlpaxa) par rapport à 1 horizon. Peutêtre comptaient-ils laisser à l’interprétation du Zodiaque 1 estimation des forces (pii agissent sur le corps et appliquer leur méthode au calcul des aptitudes morales, des vicissitudes de la vie consciente, de la succession des actes aux divers âges. En tout cas, leur système, conclu indépendant des signes du Zodiaque, n’a fait que se superposer à l’autre, la logique des astrologues acceptant tout et n’ayant jamais assez de mélanges a triturer.

La logique â l’usage de tout le monde est moins complaisante . elle trouve, soit dans le principe, soit dans les détails de la théorie des lieux, des difficultés que, très probablement, les « Égyptiens » n’ont même pas aperçues. L’efficacité spéciale attribuée aux « centres », et plus ou moins bien expliquée pai des raisons soi-disant « naturelles », autorisait à penser que les autres positions angulaires pouvaient avoir aussi des modes d’action spécifiques, soit par elles-mêmes, soit par collaboration avec les centres et suivant qu’elles étaient rattachées par aspect défini à celui-ci ou à celui-là. Nous allons voir que, en effet, l’efficacité des lieux est expliquée — après coup, tout au moins

par leurs rapports angulaires avec 1 Horoscope, ou, au besoin,

avec un autre centre. Mais, en fin de compte, le cercle de la géniture, avec ses compartiments fixes par rapport à la Terre supposée elle-même immobile, constitue — on 1 a déjà dit comme une sphère extérieure au monde, une enveloppe immobile a l’intérieur de laquelle tournent toutes les autres sphères, y compris celle des fixes. Sur celte enveloppe idéale, où l’imagination, faute de réalités visibles, sème des influences occultes, immatérielles, sont incrustées des étiquettes étranges, qui représentent le bonheur et le malheur à l’état abstrait, distribués entre les divers actes ou phases de l’existence pour des raisons et d’après des règles qui sont un défi perpétuel au bon sens. G est même pour avoir essayé de rendre ces règles intelligibles que les astrologues se sont enfoncés d’un degré de plus dans l’absurde. Ils ont fixé dans sept de ces douze compartiments des patronages, tutelles ou domiciles de planètes, dont le tempérament connu devait rendre raison des influences ainsi localisées. Us ne faisaient en cela qu’imiter la distribution des domiciles planétaires

LES TUTELLES PLANÉTAIhES ET LES LIEUX

(oT'/.ot) dans les signes du Zodiaque; mais la contrefaçon était encore moins compréhensible que le modèle, qui déjà ne l’était guère. Un néophyte de bonne volonté pouvait admettre que certains signes plaisaient particulièrement à certaines planètes par atUnilé réciproque ; il fallait une foi aveugle pour accepter ces espèces de génies ou âmes de planètes, rangés à la façon des heures sur un cadran et dardant éternellement des mêmes points leurs invariables émanations, qu’on ne peut plus concevoir comme des eüluves matériels h

Mais une fois ces postulats admis, la foi aux « siècles d’expériences » masquant l’incohérence et les caprices du raisonnement, on était en possession d’un instrument commode dont les ressources étaient accrues par la combinaison des inlluences fixes et de l’action des astres qui traversent ces compartiments, planètes et signes, action spécifique locale et réaction réciproque à distance. En effet, — il est à peine besoin d’en avertir, — ces combinaisons sont elles-mêmes modifiées et compliquées par la balistique des aspects et des anliscia - .

1. Ptolémée n’a pas donné les raisons de son dédain visible pour la théorie des lieux, et les profanes ne connaissaient pas l’astrologie d’assez près pour soulever ces objections. L’astrologue amateur qui a écrit Vllermippus, rejetant la théorie des oîxoi, devait à plus forte raison éliminer celle-ci : mais il n’en dit rien. C’est « l’astrologue chrétien » Ciruelo (1, 2) qui se pose la question et avoue ses scrupules. Il a trouvé dans les auteurs, dit-il (j’ignore lesfiuels), trois opinions : lo il y a une sphère immobile, dont les intlucnces forment comme des jets continus à travers les sphères mobiles ; 2“ il n'y a pas de sphère immobile ; ce sont des « anges « moteurs des deux qui résident dans certaines parties et dirigent de là les inlluences ou « vertus » susdites ; 3“ la diversité de ces influences tient aux angles sous lesquels elles arrivent à la Terre. La première opinion est ineptie pure, attendu que, l’horizon variant pour chaque contrée, ce qui est l’Horoscope pour l’une est au même moment le midi dune autre et l’occident d’une troisième. La seconde prête aux discussions théologiques. Ciruelo se rallie à la troisième et trouve ni05'en de la mettre sous la garantie d’Aristote. Ce qui lui importe, c’est de ne pas rompre avec le système des XII lieux ou « maisons du ciel », l’instrument principal de 1 astrologie gréco-arabe, le cadre usuel des thèmes de géniture. 11 constate, au surplus, les divergences d’opinion concernant la qualité des inlluences, 1 ordonnance des planètes dans les maisons, le sexe des dites maisons, etc., et penche, en somme, pour le demi-scepticisme de Ptolémée. Cest a 1 expérience de décider : Quod autem virlules sinqularum doinorum laies sinf. qiiales desc7’ipsimus, e.rperienlie relinquitur prohandinn.

2. La théorie des anliscia, à peu près écartée par Ptolémée, ne paraît pas avoir été de grand usage, et je ne trouve pas de texte ancien bien explicite à 1 appui de 1 assertion ci-dessus. .Mais les astrologues de la Renaissance (cf. Junctinus, I, pp. 4G(). 466, etc.) appliquent les anliscia aux lieux [domus caeli), suivant sans doute en cela une tradition grecque transmise par les .Arabes.

CHAP. IX, — LE CERCLE DE LA CÉNITURE

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