‹ L'astrologie grecqueChapitre 153 sur 360 · HIÉRARCHIE DES CENTRES · texte numérisé non relu

HIÉRARCHIE DES CENTRES

vent coïncider. Dans tous les cas où il s’agit de comparer l’action des planètes au point de vue de l’intensité, on entend répéter constamment qu’il faut attribuer une cote plus élevée à la planete qui est sur un centre (sTrtxev'cpo;) ou qui en est à proximité (avec différence de pronostic, bien entendu, suivant quelle est à droite ou à gauche). La question de hiérarchie entre les centres n’était pas si facile à résoudre. C’était affaire d’appréciation, variable suivant les cas particuliers ou genres de pronostics, et même suivant l’idée que l’on se faisait du souverain bien, de ce qui fait la valeur de l’existence. U se trouve ainsi que les considérations philosophiques pénètrent là où on s’attendait à ne trouver que de la géométrie. A vrai dire, il n’y a eu compétition qu’entre l’Horoscope et le MC., les autres centres n’étant que les vis-à-vis de ceux-ci L L’Horoscope conserve sans doute la première place . au point de vue géométrique, comme servant à déterminer les autres; au point de vue proprement astrologique, comme donnant la vie, la vie matérielle sans laquelle il n’y a plus

matière à pronostics. Mais le MC. — qui pouvait aussi bien servir à déterminer l’Horoscope — avait pour lui des prérogatives au moins comparables. 11 représentait non plus la vie matérielle et l’enfance, mais les joies et les ambitions de l’âge mûr, la fortune, les honneurs, la gloire, tout ce sans quoi la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Les physiciens — et on sait si Ptolémée prétend l’être — trouvaient encore d'autres raisons. L’Horoscope ne lance sur terre qu’un rayon oblique et détrempé par l’humidité des brumes de l’horizon, tandis que l’astre culminant au méridien est à son maximum d’énergie et fait tomber d’aplomb sur les têtes le feu de ses rayons. A cet argument, irréfutable en physique, les partisans de la suprématie de l'Horoscope en opposaient un valable en physiologie et en métaphysique : c’est que l’Horoscope donne le signal de la croissance, de la montée, tandis que le déclin commence à la culmination. Aussi la question resta toujours indécise, Ptolémée tenant pour le MC. et Dorothée de Sidon maintenant la prérogative de l'Horoscope L

1 . EloTi/ca[i£v TToXTvaxt; oxt xà xévxpa 6ûvatj.tv xoï? iv aùxotî é-i6s6r^xmsi Tzoipéyo'Jüi xal 8xi xà tff/updxspa xüv xévxptov x6 piesoupdtvT, [xâ l<ixi xat ô ûpouxd-o; (Auon., p. 102).

2. Ptolémée classe, au point de vue de la xupia Çwf,; (il vaudrait mieux dire ptou), les centres dans l’ordre suivant : 1° le MC. ; 2“ l’Horoscope; 3» l’Occident ; 4» le IMG., qui ne compte pas pour cet objet (Telrab., 111, 12). Cela ne l’empêche pas de reconnaître que, au point de vue logique, l'Horoscope est Tipwxov xaî x’jpuixatxov (Telrab., 111, 2). L’opinion de Dorothée de Sidon dans

CHAP. IX. — LE CERCLE DE LA GÉNITURE

L Occident a une valeur symbolique qui faisait de lui l’antithèse de 1 Horoscope, la personnification du déclin et de la mort. Quant à IIMC., Ptolémée aurait voulu l’éliminer des thèmes de génilure et même de toute espèce de calculs ‘ ; mais la tradition « égyptienne », antérieure à ses remaniements et supérieure à son autorité, lui maintint une place et un rôle spécifique dans le cercle de la géniture. La théorie des lieux, comme on le verra plus loin, embrasse le cercle entier.

Si ce cercle n’avait dû servir qu’à asseoir les pronostics concernant les destinées individuelles (généthlialogie), les astrologues n auraient peut-être pas senti le besoin de déterminer 1 orientation des deux centres situés sur le méridien. Mais comme ils en usaient aussi pour motiver des prédictions météorologiques et « catholiques », les unes et les autres rapportées à différentes régions terrestres, il leur fallut préciser. Ils décidèrent que le MG. correspondait au Midi, et, par conséquent, le IMG. au Nord^

Anon., p. 110. Manilius tient pour le MC. : Primus erit summi qui régnai culmine caeli (II, 810). Le MC. est la tête (xetpatAr, - y.opu'.pf,) du inonde. Firmicus hésite, quia fréquenter, immo semger MC. in omnibus geiiituris possidet principalum, etc. (III, 1, 18). Étienne d’Alexandrie (ed. Usener, p. 23) vante le MC., le £^ouataffTi/6ç xat [âaatXiyàî x&Ttoc. En revanche, Paul d’Alexandrie (K3-L2) ne tarit pas sur l’etBcacité de l’horoscope, pâaiî xaOsffxùi; xoû ~avx6î xoo'jj.oü — pâfft; Tîv£Û|xaxoç irapaixia — xal Ttveûjj.axoç ôoxT,p, 60£v

o’ta^ xaXstxai (ô 6’ ol'a^ xwv SXojv wpojxdiioî. Papyr. CXXX Prit. Mus., lig. 163- 166). De même, Proclus, pour qui les fioTpat wpoaxoTioÜCTat xt,v b\rp ïyousi xf,ç ysvsjcox; 6ûva[j.tv {Anal, sacr., V, p. 173, 29 Pitra).

1. Voy. ci-dessus, p. 270, 1. C’est sans doute la raison qui l’a empêché

d’accepter — ouvertement, du moins — la théorie des lieux. Le scoliaste insiste sur cette idée. En matière « catholique », une éclipse survenue sous terre ne nous concerne pas (Anon., p. 70). De même en généthlialogie. Notre vie se passe sur terre (èv xw ijx'pavsï xôapup), et non au dessous (p. 190). Il n’y a donc à tenir compte que de trois centres : l’Horoscope, qui symbolise la vie et « le premier âge » ; le MC., qui représente l’agc mûr ou « moyen », et l’Occident, correspondant à la vieillesse et « centre final » (xà y£povxtxi • x6 yàp xeXsuxatov xévxpov. pp. 68-69). L’auteur de VHermippus borne à l’hémisphère supérieur l’action des astres et le cycle de la vie, l’autre hémisphère représentant les ténèbres et la mort : xe ô xa9’ ouxo; pio? xw àr.'

àvo!xoXf|î 'fiXlou piypi Suascoî /pôvw xal xditw à-Ksixauxat, xô 6à ).oi'irôv axôxo; xal Oivaxoî [xaXa xot auvaSstv Èotxaatv (II, 6, p. 44 Kroll). Ptolémée semble avoir oublié qu’il a lui-même comparé le cercle entier et ses quatre saisons aux quatre âges de la vie (Telrab., I, 10. Cf. ci-dessus, fig. 15).

2. Cf. Ptol., Telrab., I, H ; Anon., p. 27 ; Paul. Alex., L 3 v. sqq. Nv. Ptolémée ne s’occupe, en réalité, que de l’horizon et des quatre vents qui soulflcnt des quati’e points cardinaux, en faisant observer que les astres, suivant leur position, participent de la sécheresse ou humidité, chaleur ou froidure de ces vents. Le scoliaste sollicite le texte pour en faire un yaptssxaxov .‘ÏEtôpTiiJ.a.

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