X. — India, Ariana, Gedrosia, Thracia, Macedonia, lllyria
Sarmalia, Oxiana, Soydiana, Arabia, Azania, Aethiopia media. Phazania, Nasamonilis, Garamaniice, Lydia, Cilicia, Pampliylia.
Coite construction savummenl machinée, où entrent à doses égales la géométrie, la géograpliie, l’iiistoire et la mythologie, est une stalislifiiie encore intéressante pour nous de la civilisation a l’époque qui va de l’osidouius à Ptolémée; mais elle était trop complifiuée pour les astrologues de culture moyenne. Ceux-là ne trouvaient pas leur comi)tc à de si hautes spéculations, et, en général, ils n’aimaient pas les confrères bardés de philosophie. Aussi voit-on les successeurs de Ptolémée élaguer ses trigones et ses planètes « trigonocratores », pour ne retenir que la répartition des signes du Zodiaque C Ils ne se croyaient même pas inteidit de recommencer à nouveaux frais cette répartition, simple ou compliquée d’autre façon, avec moins de prétention scientifique et plus de mystère. C’est ce que firent les « anciens Egypliens » ci-dessus mentionnés. Paul d Alexandrie, qui a une estime égale pour Ptolémée, Dorothée et les Égyptiens, prend le parti d'essayer une répartition des signes qui lui permette à la fois d’établir sur terre une série continue en suivant l’ordre des signes du Zodiaque, comme faisaient Manilius et Dorothée S et de conserver cependant aux signes l’orientation qui leur revient dans le système des trigones. La série des signes se compose ainsi de trois groupes dont chacun fait, en quatre étapes, le tour du cercle, tout en correspondant à des contrées censées contiguës, dont la
1. .Jean tic Lydie [Osl., 71) ne conserve que la IxOôs'.î tivx ?0vt,
TÎC71V ÙT,b xcÏTxi iiiiseà lasuitc du chapitre de Ptolémée (ci-
dessus), et cela lui sutlit comme livre d'adresses pour ses présages brontoscopiques ou sismifiues. Mais Campestrius et Vicellius {Osl., 10-1.7. 54-58) oui, pour les comètes et pour les tremblements de terre, des répartitions clmrographiques analogues ou identiques avec celles de Ptolémée. De même le Tonilruale Aeyypiiacum (ibid., 23-2G).
2. Voy. ci-dessus le tableau chorograpbique (p. 332) et l'orientation des trigones d'après Paul d'Alexandrie (p. 203, lig. 26).
scric se déroule de l’E. à TO. Cela est loiil à l'ail merveilleux et inintelligible à souhait. En commenranl par le Bélier et la Perse à l’E., notre astrologue géographe arrive aux Poissons, c'est-àdire au N., n’ayant plus de disponible que la mer Rouge et l’Inde. Il les inscrit sans hésiter au nord, dans un groupe où la Syrie occupe le midi ‘ !
Il y avait de quoi scandaliser les adeptes qui conservaient une ombre de sens commun. L’auteur de V Hermvppus s’insurge contre la prétention de placer à la fois l’Arménie et l’Afrique sous le Cancer, la Syrie et l’Inde et la Thrace sous le Capricorne Il constate que le point le plus septentrional de l’écliptique ne dépasse pas le zénith de Syène et qu’il est absurde de placer sous un
1. Paul d’Alexandrie (A-B 2) paraît convaincu que la répartition des domaines est ici all'airc de « climats ». Il dit : tel signe correspond à tel climat ou parallèle, et, par la vertu de son trigone, à tel vent ou orientation. Ainsi, le XII® signe (Poissons) xeTt»'- xXqjLaTt vco ’Epu6pâ<; SaXâirrr,; xai ’lvôixf,; ywpa; ’ àTio[jLS]jLcpi3pL6vov àvé[xw Roppa. 11 a sans doute voulu, comme Dorothée, aller d’Orient en Occident et reprendre ensuite l'Extrême-Orient. Il suit la série jusqu’à ritalie, à qui il l'ait l'injure de la déposséder de la Balance au profit de Cyrène et de la mettre sous le Scorpion (Cf. de même — SxopTitavôv. . . xà x'fi? ’IxaXîai; xXljxa. Ilarpocrat., in Revue de Philologie, II, p. T5 Graux). A partir de là, il est esclave des associations d’idées, qui l’obligent à mettre le Sagittaire en Crète, le Capricorne en Syrie, le Verseau en Égypte et les Poissons dans la mer Erythrée. Pendant ce temps, son orientation mécanique va son train, et l’on voit le résultat. Les monnaies nous renseignent sur la notoriété de certains systèmes chorégraphiques (voy. Eckhel, D. N., 111, pp. 283-284). Le signe du Scorpion apparaît sur celles de la Commagènc ; on rencontre le Capricorne à Zeugma, le Bélier à Antioche et à Cyrrhos, la Balance à Palmyre, sans doute à l’instar de Rome, le Sagittaire dans la Bhésane et la Singarie. A propos du Lion de Milet, Letronne [Œuvres, II® série, 1, p. 227) fait observer avec raison que ce Lion milésien date du siècle d’.Alexandre, d’un temps où il n’y avait pas encore de chorographic astrologique. Je me refuse à entrer plus avant dans cette voie de recherches par trop conjecturales. Zodiaques entiers, le plus souvent gravés par des ornemanistes, sans souci des conditions et positions traditionnelles ; signes du Zodiaque ou animaux réputés tels, ou symbolisant des constellations extra-zodiacales ; tout cela, réparti ou à répartir entre différentes régions et cités, n’ollre qu’un intérêt très médiocre pour notre sujet, qui, déjà assez complexe par lui-même, en serait encombré sans profit. A d’autres de contrôler les hypothèses proposées par J. N. Svoronos [Zeitsch. f. Numism., XVI [1889], p. 219-232 ; — ’Ap/. ’E-peix., 1893, pp. 1-H ; - C. II., XVIll [1894], pp. 101-128), hypothèses qui, même vérifiées, n’intéresseraient que la mythologie sidérale, non l’astrologie proprement dite.
2. Nouveaux exemples de confusion (cf. pp. 272. 329, 2. 332) entre l’orientation des signes par position et par tempérament. Le Cancer est boréal par position (Arménie) et méridional par sa chaleur (Afrique); le Capricorne, méridional par position (Inde), boréal comme froid (Thrace, pays de Borée).
ClIOKOfiUAPlilE ANONYME
point quelconque du Zodiaque les régions situées plus au nord. Il semble rejeter absolument toute cborographie astrologique, zodiacale ou planétaire. Mais sa logique ne va pas plus loin et le monomane reparaît aussitôt. Sa conception de l’inllux perpendiculaire aurait dô l'amener à reléguer toute application de l’astrologie dans la zone inlertropicale. Or, ce qu’il cherche, c’est l’adresse des éclipses, dont l’clTet s’étend à toute la terre habitée. Il a trouvé pour cela quelque part ou imaginé un système qu’il juge excellent. Comme, dit-il, la Terre se rétrécit de l’équateur aux pôles, il faut partager la terre habitée, entre le « Paradis » terrestre et les bouches du Tanaïs, en sept climats ou zones dont la largeur diminue en proportion de la longueur. Ce chrétien platonisant sait que, dans une zone centrale étendue à 13 degrés de chaque côté de l’équateur et prétendue torride, se trouve le Paradis, l’Élysée (xo ’UX:c7iov txÎocov) de la mythologie, patrie de l’âge d’or, berceau de l’espèce humaine et séjour des âmes bienheureuses, le lieu d’où leur regard peut embrasser le monde entier et en contempler la beauté. Le premier climat du monde des vivants commence donc au IIP degré de latitude el a 8“ de largeur. Les autres s’étagent au-dessus et leur largeur décroît, jusqu'au -48° degré inclusivement — limite de la terre haliitée ou habitable, — suivant la régression arithmétiiiue 8, 7, b, ô, 4, 3, 2. Ces sept climats correspondent à autant de parties découpées dans le Zodiaque, de l’équinoxe au tropique, et comprenant chacune 13 degrés (xptcr/.a'.oE'/.aiJLotpiat). Dès lors, il sullit d observer dans quel degré d’une de ces tranches zodiacales se produit une éclipse pour savoir dans quel climat et quelle partie du climat en retentira l’effet. Ainsi reparaît la chorographie indispensable; ni planétaire, en dépit de ses sept (ou plutôt huit) climats, puisque la graduation passe pour être réglée uniquement sur les étapes solaires; ni zodiacale, puisque les climats sont indépendants des signes L
1. Ilennipp., H, 12, pp. 51 sqq. Kroll. J’ai cherché longtemps — peut-être sans la trouver — une interprétation plausible de ce texte délayé, décousu, où figure une monstruosité astrologique, la 'rpijvcatûâxauoipia ou arc de 13“. L'auteur me parait avoir rendu inintelligible, par la superfétation du Paradis, un système (|ui partageait 1’ oî-<io'j;jl£vïj — la zone où mûrit le blé — en sept climats et lui assignait pour limite empirique le 48® degré de latitude. A cette limite correspond — les cll'ets de la chaleur solaire le prouvent — la limite septentrionale du Zodiaque, le tropique du Cancer. De ce tropique ù l’équateur, point vernal ou O du Bélier, il y a un quadrant ou 90 degrés, dont la septième partie occupe environ 13“ (12“, 857). C’est la part d’un climat, la xpiu'/iatôexajjLol^ta ■zoü xZtga-co; (p. 57, 1-i). Mais c'cst assez insister sur celte
ClIAP. XI. — APOTÉLESMATIOUE ÜNIVEHSELLE
Nous avons enfin achevé la description de routillage servant à localiser les pronostics « universels » ; voyons-en maintenant le maniement. Nous rejoignons ici les origines les plus authentiques de 1 astrologie. C’est au vieux fonds chaldéen qu’est empruntée, sinon la méthode elle-même, au moins l’espèce de phénomènes qui lournit les données du calcul h Ces données, on les demande a l’observation des éclipses de Soleil et de Lune, et, accessoirement, aux « météores » accidentels, halos, bolides, comètes, tonnerres, et même tremblements de terre.
L importance des éclipses n’a pas besoin d’être démontrée : les luminaires étant, comme le dit Ptolémée causes de l’énergie de l’ensemble, leur conjonction, dans les éclipses de Soleil, leur opposition, dans les éclipses de Lune, sont des moments d’une importance capitale. Les hommes n’avaient pas attendu, pour en avoir peur, des raisonnements de physiciens. Ils auraient pu être guéris de leur frayeur par d'autres raisonnements leur montrant que les éclipses arrivaient à échéance fixe et n’avaient aucun rapport avec leurs affaires; mais ceux-là, qui auraient emporté l’a.strologie tout entière, étaient encore plus difliciles à comprendre, et d’ailleurs les hommes ne renoncent pas ainsi à occuper d'eux les puissances célestes. Ptolémée connaissait le calcul des éclipses : il ne s’en est pas moins converti à l’astrologie et ne souflle mot de l’objection. L’auteur de Y Ilermippus qui se la pose, répond que les éclipses sont fixes dans leur période, mais irrégulièrement réparties dans cette période, et que Dieu, qui a tout prévu, a fait correspondre à cette irrégularité celle des événements dont elles sont non pas les causes, mais les signes Du reste, ces signes ne sont pas nécessairement suivis des malheurs annoncés : si les hommes intimidés deviennent sages, l’avertissement divin peut rester une simple menace. Le pieux auteur pense aussi que Dieu
mixture bizarre, confectionnée au pays des rêves et vraiment trop loin des « mathématiques ». Nous avons affaire ici à un spéculatif, à un réformateur aventureux qui ne croit ni aux domiciles des planètes, ni au sexe des signes, ni probablement à la théorie des lieux, ni à la domination des astres sur la vie privée, et dont l’opinion n’a jamais fait autorité pour personne.