CHAP. XI
APOTÉLESMATIQUE UNIVEKSELLE
Ce genre de curiosité pouvant n’être pas inoffensif, les amateurs se rejetèrent sur les villes disparues, sur les héros épiques et mythologiques, ou sur le « thème du monde ». On se mit à contrôler et refaire Thisloire en restituant les thèmes de géniture de Minos, d’ÜEdipe, de Paris, d’Énée, de Thersile, et les astrologues s’offraient à trancher la question si discutée delà patrie d Homère. C’était un jeu de société à ravir d’aise les femmes savantes, et aussi un moyen de ressaisir, pour la plus grande gloire des dogmes astrologiques, des preuves de fait, des expériences qui n’avaient pas été notées eu leur temps '. Nous possédons encore un extrait curieux de celle veine mixte, qui tait contribuer la généthlialogie à la restitution des événements d intérêt général ou à la prévision de l’histoire luture. C est une consultation astrologique sur les destinées de l’empire arabe. Bien qu elle soit l’œuvre d’un Byzantin de basse époque et que le prétendu Étienne d’Alexandrie, par une inconcevable méprise, spécule non pas sur le thème de géniture de Mahomel ou sur le point de départ de son hégire, mais sur l’état du ciel au moment où luimême est informé par un voyageur de ce qui se passe en Arabie, la série des raisonnements de notre astrologue, qui déclare appliquer les méthodes de Ptolémée, est intéressante à suivre. 11 y a mis tout ce qu’il savait: aspects, positions des centres, domaines planétaires, « lieux » du cercle et chorégraphié terrestre, lieux aphétiques, anærétiques, et tout l’attirail qui lui sert à fixer l’ordre et la durée des règnes des khalifes. 11 trouve au ciel les raisons pour lesquelles les musulmans sont belliqueux et volup-
verlil visus, quicl enim 7nirabUur ille \ Majus, in Augusli felix cum fulsenl ortum (II, 507). Sur l’horoscope de la conception, voy. ci-après, ch. xii. Cn remontait aussi à Énée : Mulli volunt Aeneam in horoscopo Virginem [el ibi Venerem] liabuisse (Serv., Aen., I, 314. Cf. Ps.-Lucian., AslroL, 20). Naturellement, on retrouve encore une éclipse de Soleil à la mort ou apothéose de
Romulus (Plut., Romul. ,21-, De Fort. Rom., 8). ^
1. Voy. dans Firmicus (VI, 26-31 Pruckner) les thèmes de gemture d’OEdipe, de Paris, de Démosthène et d’IIermodore, de Platon, de Pmdare, d’Archilo’que, d’Archimède, de Thersite, considérés comme types moraux et intellectuels. Minos fut « roi, dit le Ps.-Lucien {Astral., 20) », parce que Jupiter le dominait; Énée dut sa beauté à F « inlluence de Vénus, etc. ». loute la mythologie y passe, expliquée par l’astrologie. Tirésias, Atree et Thyeste, Bellèrophon, Dédale, Pasiphaé, Eudymion, Phaèthon, étaient de savants astrolomies, et ainsi de suite. Maiiilius sait bien comme on s y prenait. Etant dimué la SagiUa (V, 294-311), il peut l’adjuger aux archers légendaires, soit a Teuccr, soit à Philoctète, soit à un prototype antique de Guillaume lell, l’Alcon de Virgile {EcL, V, 11. Cf. Serv., ad loc.). De même, à propos de la balance : Non alio potins gcnitus sit Servius astro, etc. (IV, -13).