Du MOMENT FATIDIQUE, CONCEPTION OU NAISSANCE
Mais les astrologues grecs, auteurs probables de ce dogme, se sont heurtés à une didiculté qu’ils se sont acharnés soit à résoudre, soit à écarter. L’opinion commune faisait commencer la vie à la naissance. Mais cette donnée de sens commun devint bien vite 1e point de mire des objections. La naissance, disaient les dialecticiens, n’est pas le commencement de la vie : celle-ci reçoit son mouvement initial de la conception, et c’est dans le germe (jue sont incluses toutes les virtualités qui se déploieront dans te cours de l’existence. C’est donc là, et non lors du passage de la vie intrautérine à la vie consciente, qu’il faut transporter la frappe instantanée du destin. Ce raisonnement, les philosophes durent l’opposer aux premiers astrologues, car Vitruve semble considérer comme un disciple immédiat de Bérose un certain Achinapolus qui l’avait accepté et avait modifié ses méthodes en conséquence ‘. Nous savons, en tout cas, que le calcul du thème de conception, qui devait être le comble de l’art, paraît avoir été appliqué à des cas royaux, peut-être à la conception du roi de Coinmagêne, Antiochus P*' Épiphane, plus probablement à celle de l’empereur Auguste
1. Voy. ci-dessus, p. 36, 2. E. Maass {Aratea, p. 328) propose un Ancliimolus qui serait le Molon des Thalysia de Théocritc (Vit, 125). Le Trismégisle enseigne que èv icatTa6oX-^ xoO àvOpw— stou (nrépp.axo; èx xwv Ç' axoï/cEtuv àxxtv£; £TttTx)v£xovxa'. £'p’ É'xaaxov |i.£poî xoü àvSpantou. Les XI l signes agissent de inêine £t:1 xf,<; £xxpoirf,ç {Phys, et med. gr. min., 1, pp. 387 et 430 Ideler). C’est fort ingénieux : le tenipéraïuent (il s’agit de médecine) résulte de la collaboration des planètes à la conception et des signes à la naissance.
2. Voy. K. llumann et O. Puchslein, Reisen in Klein-Asien und Nord-
Syrien, Berlin, 1891, pp. 333-334. On a trouvé à Niniroud-Dagh, non loin de l’ancienne Samosate, dans les ruines d’édifices élevés par Antiochus, un basrelief (reproduit ci-aprés, flg. 41) représentant une conjonction de planètes dans le Lion, planètes énumérées dans l’ordre 11 est probable qu’il
s’agit d’un thème ou état du ciel à un moment donné. Quel moment? Si l’on tient pour réel et voulu l’ordre des planètes, les calculs astronomiques ne montrent ce ren<lez-vous possible (et encore, la Lune y manquerait) qu’à la date du 17 juillet 97 avant .l.-C. Or, Antiochus se dit né le 16 Audynæos (= déc. 97 ou janv. 96). Donc, en 1e supposant né à sept mois, il aurait pu être conçu en juillet. Cet enchaînement de postulats est bien fragile. Le roi, qui fonde des anniversaires de sa nai.ssance et de son avènement (10 Loos), ne fait aucune allusion à sa conception, ni à des thèmes ou horoscopes quelconques. 11 est bien vrai que les planètes, dans le Lion, constituent un thème royal (ci-aprés, ch. xii), et il se peut que le bas-relief soit un symbole astrologique de la royauté d’Antiochus ; mais afiîrmer qu’il s’agit de la conception
CHAP. XII. — LA GÉNÉTlILIALOr.IE
On devine sans peine à quelle dilIiciiUé pratique, insurmontable, se heurtait cette méthode imposée par les logiciens. En fait, on ne connaissait le moment de la conception que par celui de la naissance, et encore fallait-il, pour remonter de l’un ù l’autre, avoir la prétention de connaître exactement la durée de la vie intra-utérine, durée qui, de l’aveu des astrologues eux-mêmes, était extrêmement variable. Cependant, les docteurs de l’astrologie n’osaient pas contester la précellence théorique du thème de la conception, et les praticiens qui prétendaient réussir à le dresser avant la naissance y trouvaient l’avantage de savoir non seulement tout ce que devait révéler le thème de nativité, mais
du roi est une conjecture bien aventurée. Le cas éveille les mêmes doutes que celui de Palmyre (ci-dessus, p. 228 en note). Quant à la conception d’Auguste, il y a là une question épineuse à débatti’e. Nous avons déjà vu plus haut (p. 369, 1) les deux signes généthliaques d’Auguste (Balance et Capricorne) cités, sans autre réflexion, par Manilius. Fr. Jacob (p. 57, ad v. H, 290) prétend adjuger le Capricorne à Tibère, né le 16 novembre 42 a. Chr. (Suct., Tiè., 5). Mais des textes précis ne permettent pas cette échappatoire. Germanicus, parlant du Capricorne, dit: Hic, Auguste, tuum genilali corpore ninnen... In caelum tulit (German., Ai'at., 557 sqq.). Il s’agit bien d’Auguste mort et non pas de Tibère. Suétone, de son côté, raconte qu'Auguste divulgua son thème de géniture et frappa le denier d'argent nota sideris Capricorni, quo natus est (Suet., Aug., 94). L’assertion de Suétone est surabondamment justifiée par la numismatique. Cf. le mot d’Horace : Orle Saturno {Od., 1, 12, 50), (é étant la maison de l). Une solution assez simple se présente tout d'abord à l’esprit. La Balance peut être le signe du mois dans lequel est né Auguste (23 sept. 63 a. Chr.), et le Capricorne, le signe horoscope (voy. ci-après). Scaliger y avait songé {op. cit., pp. 147-148), mais il constate qu’il faut alors récuser un autre texte de Suétone, celui où il dit: Natus est Augustus ... paulo ante Solis exortum. En pareil cas, le signe du mois (celui où est le Soleil) est en même temps le signe horoscope, et, si le Soleil était dans le Capricorne, c'est qu’on était au mois de décembre. Scaliger pense résoudre le problème en alléguant le désordre où ôtait le calendrier en 63 a. Chr. (voy. conclusion contraire de W. Soltau, Rom. ChronoL, p. 52 sqq.), désordre tel qu’Auguste ne savait plus lui-même où en était la correspondance des signes et des mois, et que, Théagène, mal renseigné, a cru bon d’opter pour le Capricorne, signe qui fait des rois, suivant Firmicus (Vlll, 28 Pruckner). Cette explication n’est acceptable qu’à défaut d’une meilleure. Le thème de la conception a dû paraître tout d’abord plus savant et probant que celui de la nativité, et il n a été abandonné par la suite que en l’aison de l'incertitude de la donnée première. Si donc Tarutius calculait le moment de la conception de Romulus (ci-dessus, p. 369), il est à croire que lui ou Théagène en a fait autant pour Auguste. L’écart entre décembre et septembre correspond à la durée d'une gestation normale, et 7ialus pour genitus ou conceptus n’est qu’une inexactitude vénielle. Le Capricorne serait, dans l'hypothèse, non pas le signe « horoscope (levé à Yhetire de la conception) », mais le signe « chronocrator » du mois de la conception.
LE THÈME DE LA CONCEPTION
encore si le fœtus arriverait à terme, s’il serait viable ou mal conformé, toutes questions qui n’avaient d’intérêt que si la réponse devançait l’événement On pouvait rechercher les éléments du problème à résoudre dans les thèmes de la géniture des parents, où la destinée des enfants se trouve virtuellement incluse : c’était une voie ouverte parla théorie, mais hasardeuse entre toutes et fermée par l’impossibilité pratique d’aboutir. Il y en avait une autre, qui ne demandait pas tant de virtuosité : 1 information directe. Certains astrologues affirmaient, en invoquant le témoignage d’une Cléopâtre quelconque que beaucoup de femmes reconnaissent à des spasmes utérins le moment de la conception. Pour plus de sûreté, ils conseillaient à leurs clients d’adopter le système des « anciens Égyptiens », qui choisissaient pour l’œuvre de chair le jour et l’heure, et vérifiaient à la prochaine époque menstruelle si l’imprégnation avait été obtenue A cela on objectait que la conception peut ne pas suivre immédiatement la copulation charnelle, et que l’œuvre invisible se parfait à une date inconnaissable
Ptolémée se montre assez embarrassé. Il considère la conception comme le commencement « naturel » de la vie, et il sait (pie la vie physique elle-même ne va pas sans infusion de l’âme, de l’entéléchie ou premier moteur postulé par la doctrine d’Aristote. Les platoniciens étaient plus exigeants encore : pour eux, la con-
1. F. es oracles, au temps de leur décadence, donnaient des consultations de ce genre : les astrologues ne voulaient pas être en reste. Cf. le chapitre Ulnan gravida sit mulier, cité par les Arabes comme étant de Dorothée (ap. Engelbrecht, p. 31) ; seulement, c’était à la méthode des xaxapyal (ci-après, ch. XIII et xiv) qu’il fallait recourir, et non pas à la généthlialogie.
2. Les astrologues vivant de traditions apocryphes, il y aurait naïveté à. se demander si cette Cléopâtre a bien pu être la fameuse reine d’Égypte. On a, sous le nom de Cléopâtre, une Chrysopée, un extrait sur les poids et mesures, sans compter un entretien de Comérius le philosophe avec Cléopâtre et un Dialogue des philosophes et de Cléopâtre (M. Berthelot, Inlrod., pp. 174-175, 187 etc.).
3. Deux moyens d’information : auvatffOT.xixwc; • Tro>^)vaï(; yuvai-
xwv ylvexai a’uva£a0T|a’tî xf,<; 5u)vAt,i(/£W(;, xXovou|xevt,î xf,ç iXT,xpa; xai eiç aùx'I',v Tuvjp-
xal àvapiraÇoij(JT|(; xô Èv xoïî ï\u> [lÉpEcn (T7:ipp.a — xa0’ ô K’XeoTtâxpa or^<si. II ap a xf) P Tix IX üî SX xüv s-iujJLUvfwv • 60sv ot Aty’j'KXiot èXéyovxo iîira^ xoü [Aï)vôî xat; yjvat^t auvêïvai, s xXe Ç â pi e v o t xt,v w pav xal XTiv ypiépav, xai si p.èv xoü xatpo'j xÿ!; xa0apo'£(»i; syvoiaav xl.v ysyovévat, xax’ £X£tvr,v sor,-
p.£toüvxo x^v ■fipi.épav (.Anon., p. 88). On reconnaît, au choix du moment, la méthode égyptienne des xaxap/ai (ci-après, ch. xiii et xiv).
4. .l’entends dire que les Arabes, avec leur théorie du « germe dormant », admettent au besoin des années entre la fécondation et l’accouchement dans l'espèce humaine.
CH AP. XII. LA GÉNÉTHLIALOGIE
cepUon est le moment où l’âme préexistante se soude au corps qu’elle a choisi. Ptolémée se résout, devant l’impossibilité des constatations nécessaires, â n’exploiter que le thème de la nativité, et il cherche à prouver que ce commencement actif ou « dynamique » de la vie, bien que subordonné et postérieur à l’autre, a une énergie supérieure, parce que cette énergie s’exerce non plus sur une semence, mais sur un homme complet et s’ajoute à l’action déjà exercée dans le même sens sur l’embryon. Ptolémée glisse ici dans la doctrine, d’un air de confiance qui le dispense de démonstration, un postulat énorme. Il prétend que la conception et la naissance, étant des phénomènes liés par une cause commune, se produisent nécessairement dans les mêmes circonstances, c’est-à-dire sous des influences astrales sinon de tout point identiques, du moins analogues et de même effet ‘.
Ce postulat, nécessaire pour mettre la pratique d'accord avec la théorie, engendrait lui-même des conséquences singulières qui entrèrent par l’astrologie dans les doctrines médicales et juridiques. Comme l’analogie postulée entre le thème de la conception et celui de la nativité ne pouvait se produire et se constater qu’au moyen des « aspects », par substitution et équivalence d’un aspect à un autre (a'jT'^Tf)|j,axtcT[ji,o(), les astrologues enseignaient qu’un enfant ne naît que quand l’état du ciel se trouve assimilé, par analogie plus ou moins adéquate des aspects, à l’état qui a présidé antérieurement à la conception. La géométrie des aspects représentant des étapes de la durée, puisqu’il s’agit de corps en mouvement, ce dogme les obligeait à fixer la durée de la gestation, chose qui intéressait de très près médecins et légistes. L’astrologie, qui touche à tout, entrait là dans le vif d’une question toujours actuelle, et il y a plaisir à voir les efforts qu’ont faits les « Chaldéens » pour contenter sur ce point la curiosité universelle.
Ce qni les gênait le pins, c’étaient leurs propres principes. Quand on en est à spéculer sur des différences infinitésimales
1. Telrab., TU, 1. La conception est ràpxT,, et la naissance une xaxap/T); mais TÔ [xéycOoç dù-zf^^ [sc. èxxpoTTT.î] xw pèv /pôvw ylvsxat Ssûxcpov, Itov ôè y.ai [i.â)iXov x£>i£iôxspov x’^ 6uvâ[x£i., tjysSov xe ôixaio)? ixEtvTi [sc. a-opà] [xèv àv 6vo|j.âî^oixo CTTîEpfxaxoç àvGpojTrivou yÉVEtnç, a'uxfi [sc- Èxxpoirfi] àvOpwrou. Le scoliaste répète et ailinne : [ri xf|î Èxxpoîrfiî ôjpa] '7to>vVr|V ôpoioxT.xa è'/ei irp6<; xr,v xr,; XTiopôtç xocl -îrivxw; £^ àvdyxTiî Euplaxovxai ot (ry-fi[J.axiaijLOÎ xwv àaxÉpwv xüv xôxE irapopoioi (Anon., p. 88). Ce « nécessairement » (répété, p. 89) est une échappatoire; il ne répond pas à l’objection : r/uod aliud stellanim afjmen foret, quo primurn lempore conciperelur homo in utero malris, aliud postea cum in decem mensibus proximis in luceni ederelur (Favorin. ap. Gell., XIV, 1, 19).
LE THÈME DE LA CONCEPTION
pour expliquer des écarts énormes entre les destinées des jumeaux, il y a quelque impudence à soutenir que l’analogie est sulïisante entre deux états du ciel à sept, huit, neuf ou dix mois d’intervalle. Les astrologues ont engagé quand même une lutte désespérée contre leur propre logique. Ils ne pouvaient pas prétendre que tous les astres se retrouvaient, lors de la naissance, dans les positions qu’ils occupaient au moment de la conception. Pour simpliüer le problème, ils se rabattirent sur les deux « luminaires », le Soleil et la Lune, ou môme sur un seul; et comme il était encore impossible de ramener le Soleil au même point, ou la Lune dans le même rapport avec le Soleil, ils considérèrent comme accordé ce qu’il fallait démontrer, à savoir que l’identité de position pouvait être remplacée par une position symétrique ou concordante.
Voici le système le plus simple, fondé exclusivement sur les positions du Soleil, tel que l’expose Gensorinus d’après a la méthode des Chaldcens » après avoir passé en revue les diverses opinions des philosophes et médecins. Les Chaldéens commencent par justilier la simplification du problème en disant (pie, si nous dépendons des astres, les astres sont eux-mêmes menés par le Soleil. (( Donc, au moment où le part est conçu, « le Soleil se trouve nécessairement dans un signe, et dans une « particule de ce signe ; c'est ce qu’ils appellent proprement « le lieu de la conception 11 y a trente de ces particules « dans cha([ue signe, etdtiO dans le Zodiaque entier. Les Grecs « les appellent moo’es, sans doute parce qu’ils nomment Mocves « les divinités des destins et que ces particules sont comme « nos destins à nous Lors donc que le Soleil passe dans le « signe suivant, il voit sous un aspect ineflicace ou même ne « voit pas du tout ce lieu de la conception; car la plupart des « astrologues assurent que les signes voisins ne se voient en « aucune façon. Quand le Soleil est dans le troisième signe, c'est- « à-dire séparé par un signe intermédiaire, alors on dit qu’il
1. Censuriii., De die nalali, 8. Cf. le résumé vcrsiQé par Ausoiie, Eclo;/arium : De ralione piierperii mahn-i (pp. 541-5.iC, Toll.).
2. Ou ne dit guère xôro? Tf,(; a Trop à; (ou mais, en gros, jt:ô~
ptpov Ç(|)5iov. Gensorinus ap[)clle l'aspect conspechis, le regard ou rayon ionspeetus ou lumen ou radius ; il n'a cure de la distinction entre ràxxi; et l’ô'l'.; (ci-dessus, p. 248-249).
3. Cf. ci-dessus, p. 236, 1. P. Pomponazzi {De Incanlat., ch. x. liasil., lo'iG), diia de iiieine, utilisant comme argument un jeu de mots analogue, que les Genii sont les geniiurae hominum.
ClIAP. XII. — ■ LA GÉNÉTHLIALOGIE
« commence à voir le lieu d’où il est parti, mais d’un rayon très « oblique et sans force : c’est l’aspect appelé /-axà l^aYwvov, parce « qu’il sous-tend la sixième partie du cercle... aspect dont cer- « tains ne tiennent pas toujours compte, parce qu’il leur semble « contribuer fort peu à la maturité du fœtus. Mais, parvenu au « quatrième signe, avec deux signes d’intervalle, le Soleil voit « xaxà xeTpâyiovov, parce que la ligne que suit son regard découpe « le quart de la circonférence. Quand il est dans le cinquième, à « trois signes d'intervalle, il regarde xaxà xpîywvov, car cette visée « mesure la tierce partie du Zodiaque. Ces deux aspects, tétra- « gone et trigone, étant très efficaces, aident beaucoup à l’ac- « croissement du fœtus. Le regard dirigé du sixième lieu n’a « aucune action, car son alignement ne forme le côté d’aucun « polygone. Mais au septième signe, celui qui est en opposition, « l’aspect très plein et très puissant fait naître certains enfants « déjà mûrs, qu’on appelle septimestres, parce qu’ils naissent « au septième mois. Que si la matrice n’a pu mûrir son fruit « durant cet espace, il ne vient pas au jour le huitième mois (car a du huitième signe le regard est aussi inefficace que du sixième )', « mais au neuvième ou au dixième mois. En effet, au neuvième « signe, le Soleil regarde de nouveau le degré de la conception « xaxà xpiytovov et, au dixième, xaxà xexpàywvov ; aspects qui, « comme on l’a dit ci-dessus, sont extrêmement efficaces. Quant « au onzième, on ne pense pas qu’il s’y produise des naissances, « parce que le rayon désormais languissant envoie sa lumière « débile xaxà k^àYwvov ; à plus forte raison au douzième, d où 1 as- « pect est tenu pour nul. Ainsi, d’après ce calcul, les sTïxàgr^voi « naissent xaxà Stapexpov ; les èvveàgrjvoi, xaxà xpiYWVov, et les Oîxd- (( [jLTjvot, xaxà xsxpaY'^'^'^o'^ ”•
Voilà bien des débats tranchés d’un seul coup, au nom d’une théorie qui semblait illuminer le chaos confus des traditions empiriques^, en les coordonnant et donnant satisfaction à tout le monde, sauf à ceux qui tenaient pour la possibilité des naissances au huitième et au onzième mois. Elle flattait la manie
1. C’est ce que dit en d’autres termes Plutarque {Plac. phil.,\, 18, 8), en notant les signes incompatibles d’après les « mathématiciens ».
2. On se demande pourquoi Héphestion (ap. Salmas., pp. 643-644) n’admet pas(?) les naissances suivant ce trigone, trigone de « droite » (ôe^iÔi;).
3. Empédocle avait eu une idée géniale; c’est que, à l'origine, l’homme était l’œuvre d’un jour solaire, lequel durait autant que dix mois actuels, les jours ayant été accourcis depuis par l’accélération du mouvement diurne (Plut., Plac. phil., V, 18, 1 : ci-dessus, p. 12, 2).
LE THÈME DE LA CONCEPTION
des partisans des périodes septénaires, sans donner de démenti, grâce à l’ingénieuse explication des enfants attardés, à ceux qui plaçaient la naissance normale au neuvième mois *.
Mais Censorinus n’était pas un homme du métier, et il ne nous donne qu’un fragment de la théorie complète, celle qu’on attribue aux disciples de Néchepso et Pétosiris ou d’un Zoroastre tout aussi authentique ^ c’est-à-dire élaborée de compte à demi par les écoles rivales. Égyptiens et Chaldéens. H ne faut pas oublier que la vie physique procède surtout de la Lune, et il y aurait hérésie notoire à exclure du débat l’astre qui règle et suspend la menstruation. Le luminaire dont il fallait avant tout déterminer la position au moment de la conception, c’était la Lune ; et comme Faction de la Lune dépend étroitement de ses phases, c’est-à-dire de ses rapports de position avec le Soleil, l’astrologue devait, pour déterminer la phase, connaître aussi la position du Soleil.
En ce qui concerne le Soleil, nous venons de voir qu’il doit être, lors de la naissance, en aspect défini — quadrat, le plus souvent — avec le lieu qu’il occupait h cTiop^. Pour la Lune, la règle pétosiriaquc portait que l’Horoscope de la conception se trouve être le lieu occupé par la Lune lors de la naissance; et inversement, le signe horoscope de la naissance est celui dans lequel se trouvait
1 . On rencontre parmi les dissidents l’astrologue Épigone de Byzance et Hippocrate ( — [Epi^enes] nec/ue nono fieri passe conlendil, nec llippocvales Cous décima. Censorin., ap. cil., 7). Aristote acceptait le septième, neuvième, dixième et même, seul de son avis, le onzième mois {undecimum meiisem Aristateles salus recipil). Ilèrophilc, Philostrate et autres ne croyaient pas aux naissances à sept mois, qui étaient les plus naturelles aux yeux des P3’thagoriciens, disant vôv é7txiixY\vov T|-7î3(xr|[xcvwv u::o>,T|o0f|V3!t yjvatxwv (Proclus, in Anal, sacra, V, 2, p. 1G3 Pitra). Polybe, Dioclès et les « Empiriques » soutenaient, contre tous les astrologues, que les fœtus du huitième mois sont viables (Plut., Plac. phil., V, 18, 3). On comprend l’importance de la question pour les jurisconsultes, qui discutaient sur ta légitimité des enfants nés undecima rnense (Gcll., 111, 16). Hadrien, astrologue amateur, tira les conséquences juridiques de la date de la conception substituée à celle de la naissance (Cf. Gains, l, 92. 94. Dig., 1, 5, 18, etc.).
2. Déinophile (ap. Porpbjœ., Isaq., p. 194) et Héphestion (11, 1 et 111, 10, ap.
Biess, p. 358) ne mentionnent que Pétosiris. Proclus, grand clerc en « oracles chaldéens », ajoute Zoroastre et l’approbation de Ptolémée : Oi 5è -êol IIexôcnpiv AtyûiTX’.o'. xai Zwpoicrxp-ri; Ôtaxsivovxa'. xai nxoXE|j.a'o; àpsxzexai xt,v ]ièv (T-JT op t V wpxv ytvEsOa'. sîç xot:ov xôv èv xat? à-ox-jT,-
ŒExi, X T, V 5è X Tï O p t [X l-i V (T S X T, V T) V xt,v wpav X f, î È X X É ^ £ (i) ; (Procl.,
in Anal, sacr., V, 2, p. 174 Pitra). Ce Ptolémée est l’auteur du Kapiroî, lequel ajoute une option, pour l'horoscope de la naissance, entre le signe où était la tune lors de la conception f, x6 xoéxou oti|X£xpov {CeTitiloq., 31). Le cas •n XÔ XO'JXO’J Stâfiexpov prévu par Pétosiris, suivant Démophile (p. 194).
CHAP. XII. LA GÉNÉTHLIALOGIE
la Lune lors de la conception *, à moins que ce ne soit le signe diamétralement opposé. Avec l’aspect solaire donnant la durée de la gestation et la position de la Lune indiquant le quantième du mois au moment de la conception, les astrologues se flattaient d’arriver à une date exacte ^ Seulement, il fallait opter pour un des aspects possibles, et le choix ne laissait pas d’être délicat. Pour assouplir les règles et se donner du champ, les astrologues avaient dressé des barêmes oü la durée de la vie intra-utérine était estimée suivant trois cotes : grande, moyenne, petite (ànop.£YtcTTY] , [JiitTï), èXay laxr,), la différence entre la cote maxima et la cote minima étant de 30 jours. Par exemple, pour les oe/.apr,viaToi, la cote maxima était de 288 jours 1/3 ; la cote moyenne, 273 jours 1/3 ; la cote minima, 258 jours 1/3. Pour les iTrTaii.rjVialot, la cote allait de 206 jours 1/3 à 176 jours 1/3 ^ Avec ces chiffres ou d’autres approchant, convertis en mois de différentes longueurs, mois calendaires de 30 jours, mois lunaires de 29 jours 1/2 (révolution synodique) ou de 28 jours (révolution anomalistique, tropique, draconitique), on avait chance de satisfaire les partisans de tous les systèmes Avec des mois de 28 jours, on pouvait appeler mois révolu ce qui, pour d’autres, était le mois courant ;
1 . La règle se rencontre énoncée en termes presque identiques dans les textes visés à la note précédente et Vettius Valens (111, 4, ap. Riess, p. 358).
2. llcphaest. ap. Salmas., pp. 635 sqq. Même comput dans Proclus [loc. cU.). Saumaise lit wpwv y' (3*>) là où Proclus donne wpwv H (p. 175) ou 1/3 de jour. Il a dû confondre tiei's (y") et trois (y') et ajouter wpwv.
3. Voy. ci-après (p. 382), 278 jours 9 h. 1/3 dans un thème d’Iléphestion ; 276 jours dans le Pap. Bril. Mus., CXXX, lig. 17-20, p. 139.
4. Il y a — approximativement — deux espèces de conception : a u v o 5 1 ît-r; et 'rtavoe>v2vtaxh ffTiopi (Valens, ibid.), la conception synodique amenant une naissance pansôléniaque et inversement (Proclus, p. 164 Pitra). Quant aux conceptions opérées dans les premier et dernier quartiers (èv 6t/op.T,vîa'.<;), elles amènent l’accouchement soit (du P. Q.) à la pleine Lune, soit (du D. Q.) à la nouvelle. De même l’accouchement survenu èv 6iyoixT|v£a'.<: résulte d'une conception ou synodique (P. Q.) ou panséléniaque (U. Q.). Airirmations et arrangements symétriques : voilà le procédé ordinaire des astrologues. Voir la discussion des chillres, mois, jours et heures, dans Saumaise [op. ctt., pp. 627-649), qui prend la peine de réfuter les partisans des périodes septénaire et novénaire, et par des arguments qui ne valent guère mieux que les doctrines réfutées. Un homme qui croit, sur la foi d’.àristotc, que les femmes égyidicnnes seplenos, immo et novenos interdum uiw utero gérant (p. 645), et que, par privilège spécial, — refusé, par exemple, à Cyrène, — in Aeggpto octimestris partus vitalis est (p. 716), n’a pas voix au chapitre. Les astrologues avaient un moyen fort simple de mettre leurs règles à l’abri des démentis. Us considéraient les accouchements contraires à ces règles comme des expulsions de fœtus non viables, monstrueux ou idiots, ou, au pis aller, d’enfants dépourvus de force génératrice (Proclus, p. 163 Pitra).
LE THÈME DE LA CONCEPTION
par exemple, dire qu’un enfant né à 288 jours était né après dix mois révolus, au lieu de dire qu’il était né au dixième mois
Nous renverrons au chapitre des xa-rapyat tout ce qui concerne l’inlluence présumée des planètes, de leurs phases, stations et rétrogradations, sur les étapes de la vie intra-utérine, un labyrinthe dans lequel la généthlialogie ne veut pas entrer. Celle-ci ne connaît que les frappes instantanées, celle de la conception et celle de la naissance : elle cherche, la date de l’une des deux étant connue, à déterminer la date de l’autre. Il n’y a })lus à trouver que des méthodes de calcul pour le problème ordinaire, la recherche du thème de la conception.
On m’excusera de ne pas contrôler ces méthodes : c’est l’affaire des mathématiciens, et c’est déjà courir le risque de surcharger inutilement notre sujet que de signaler en passant les principales. Il s’agit toujours de déterminer la position de la Lune, la phase lunaire étant donnée ensuite par la position du Soleil, laquelle est elle-même indiquée par l’aspect choisi. Voici le calcul proposé par Antiochus d’Athènes ^ « Considérez, dit-il, dans quel quan- « tième de la Lune est né le sujet; ajoutez à ce chitï’re 180 et « soustrayez le tout du mois de la naissance, à raison de 29 (par « mois). Arrivé au jour où s’épuise le nombre, voyez où se trou- « vait alors la Lune : le signe où vous la rencontrez sera celui qui « hébergeait la Lune au moment de la conception ». llépliestion trouve la méthode inexacte et en propose une autre. « Soit, par « exemple, un individu né l’an 97 à partir du règne de Dioclétien,
« le 30 Athyr, à la sixième heure dans le troisième climat. A cett(‘
« heure nous avons trouvé le Soleil dans le Sagittaire 4“ environ,
1. Pioclus {loc. cit.) appelle xà éwsâpTiva les 6£xa[jLT,viatot de Sauniaise. Les astrologues chrétiens se sont occupés de cette question à propos de la naissance de J. -G. et des •273 jours qui séparent l’Annonciation (23 mars) de Noël (23 déc.). Ciruelo (I, 3), prônant les naissances tardives, constate que le Sauveur, en sus des neuf mois, sex diebus in virqineo alvo morain traxit. Il compte par mois de 30 jours et comprend Noël.
2. Cité par Iléphestion yup.vaataî (II, 1) : le texte dans Engelbrecht,
p. 36. Démophile (p. 194) donne aussi une méthode empruntée à Antiochus, qui en a deux (oTiai Sûo èboSou;; eyssOat xf,î àXrjOsiaç). Le texte est trop mutilé pour être utilisé. Voici, d’après le même auteur, le calcul par lequel « certains » (xivs,) trouvent 1 Horoscope de la conception. Prendre, dans le signe horoscope de la naissance, le degré horoscope; multiplier les degrés du signe levés au-dessus de 1 horizon par la somme des heures (?) et répartir le produit en partant de l'Horoscope, à raison de 30^ par signe ; xxl 6-oo 5’ àv b
api0[iôî, èxsrvo ôpoaxo-!TTi7£ xaxà x);v xoü o-c'p[xaxo; xaxa6oXT,v C’est la méthode des dodécatémories (ci-dessus, p. 300 sqq.). Scaliger (.VoL in Manil., p. 236) ).Uit Ki-tlessus des rapprochements chimtTiques avec un passage de Manilius.
CIIAP, Xll. — LA GÉNÉTHLIALOGIE
« la Lune dans le Taureau à 47', et l’Horoscope au Verseau So”,
« Gomme la Lune se trouvait dans les signes à la suite de l’Horos- « cope, il faut compter à partir de l’Horoscope jusqu’au degré « occupé par la Lune, et nous trouvons 03“ 47', qui, convertis « en jours d’après le mouvement quotidien de la Lune, à raison <( de 13" par jour, font 3 jours. Le reste 47', converti de même « d’après la course horaire de la Lune, c’est-à-dire, je pense, 33 ,
« nous donne environ une heure et un tiers. Ajoutant donc les « 3 jours 1 heure 1/3 aux jours de la première cote de gestation « 273 jours 1/3, le total donne 278 jours 9 heures 1/3. Nous dédui- « sons donc cette somme de jours en remontant à partir du jour « de naissance, c’est-à-dire du 30 Athyr, sixième heure, et nous « tombons au 27 Méchir, à la huitième heure de nuit. Déduisant (( encore le quart de jour intercalaire, soit six heures, on arrive « à l’an 90, 27 Méchir, deuxième heure L »
J’ignore et n’ai nulle envie de rechercher si, le 27 Méchir 96, la Lune se trouvait bien au rendez-vous indiqué par la règle pétosiriaque, au 23" du Verseau, ou si Héphestion s’est alîranchi de la règle susdite.
Proclus s’attaque au problème inverse, plus intéressant pour les femmes enceintes et les gens pressés : étant donné le moment de la conception, prévoir la durée de la gestation. « Supposons,
« dit-il, que, entre la conjonction précédente et l’heure de la « fécondation (tntopâ), il y ait 30". Il faut prendre ces 30 degrés,
« plus un tiers (de 30), c’est-à-dire 40", les considérer comme « autant de jours et les déduire de la conjonction précédente. « Comme ils dépassent la syzygie consécutive à la fécondation, le « foetus naîtra à sept mois. Si vous preniez un nombre de degrés « moindre, par exemple, 13 et un tiers (de 13), en les déduisant « comme jours à partir du jour de la conjonction précédente,
1 . Ilephaest. ap. Engelbrecht, pp. 22-23. J’ai dû éliminer de ce texte une erreur évidente, la Lune dans le Capricorne et pourtant èv toT; éiîO|xÉvoi; xou wpoaxô-irou (!), et des superfétations de chiffres provenant de gloses. L année est, sans conteste, l’année alexandrine : avec l’année vague, le 30 Athyr 91, qui correspond ici au 27 novembre 381 de notre ère, tomberait au 18 août, et le Soleil ne serait pas dans le Sagittaire. La position du Soleil a été estimee d’après le quantième du mois, sans souci de la précession des équinoxes, qui l’aurait fait rétrograder d’environ 8». Si la Lune était à 65« 47' à la suite de l’Horoscope, elle était nécessairement dans le Taureau. L’auteur a soin de décompter en sus le quart du jour intercalaire qui avait été insère 90 jours auparavant, à la fin des épagomènes de 96 (29 août 381). Cette date de 381 sert à dater l’ouvrage d’iléphestion, qui ne peut plus être considéré comme antérieur à celui de Firmicus. L’addition prouve bien ici que aoy’, y’ [sic] signiue 273 j 1/3 et non pas 273 j 3*’ (cf. ci-dessus, p. 380, 2).
DÉFINITION ET RECHERCHE DE l'hOROSCOPE 383
« VOUS devriez conclure que l’enfant procréé à cette heure naîtra « à neuf mois »
L’exposé ne brille pas par la clarté : je suppose, sans y regarder de plus près, que « déduire » (èxêâXXe'.v) signifie, pour notre auteur, reporter dans le sens du mouvement diurne ^
En fin de compte, l’établissement du thème de la conception se heurtait à tant de difiicultés que les astrologues sérieux le reléguèrent parmi les discussions oiseuses, en regrettant probablement de s’étre laissé entraîner sur ce terrain où pullulent les objections, et se contentèrent de spéculer sur le tbème de la naissance L
IL — Détermination de l’Horoscope.
Là non plus ne manquaient pas les difficultés, les raisonnements et théories entre lesquels il fallait opter. La généthlialogie n’est pas arrivée du premier coup à formuler son dogme fondamental, à faire de l’Horoscope, point d’intersection du Zodiaque avec l’horizon oriental, la maîtresse pièce du thème de génitiire. Le plus ancien texte qui nous renseigne sur la question, celui de Chrysippe nous montre que l’Horoscope n’était pas nécessaire-
1. Proclus, in Anal, sacr., V, 2, p. 175 Pitra. Suit une vériflcalion géométrique par le <7-ôpi[j.ov Tpiywvov, qui permet de décider si la naissance aura bien lieu à sept ou à neuf mois. Hors de là, le produit sera âXoyov Çôiov xspa- Tûôsî. Proclus vante beaucoup l’utilité du triangle rectangle pythagoricien (axoïysTov xwv ôXwv ysvstewî. Io. Lyd., Mens., Il, 7), construit d'après la méthode du philosophe Nestorius, le grand-père de son maître Plutanjue, avec l’wpa sTropip-ri pour sommet principal, et qui permet de trouver toutes les puissances à invoquer durant la gestation [op. cil., pp. 177-178). C’est le triomphe de la magie et de la sottise. Ces gens qui avaient tant de foi dans leurs incantations n’en avaient, paraît-il, aucune dans la Nature. Le triangle rectangle, utile pour prévenir les naissances monstrueuses, faisait l'objet d un traité spécial de Mrmicus : illic eniin ratio Iriqoni orthogoni, quae a quibusdain Graecis obscuris videtur involuta, \a nobis^^ manifeslis et brevissimis explicationibus explicata est (Firmic., Vil, 6, p. 200 Pruckner).
2. Sur l’amphibologie de ce terme technique, voy. ci-dessus, p. 289, 2.
3. Nous avons dit que Ptolemée mentionne en théorie et écarte en pratique le thème de la conception. Le Ps. - Manéthon, de même, se propose de révéler les décrets des astres «ttce tpo [xsvo t; icai Tixxoasvotî S£tXoïc?t Ppoxoïerw (1, G); mais, en fait, il ne s’occupe que de la nativité. Le thème de la conception pouvait aider à expliquer les dilférences entre jumeaux, à la condition d’admettre qu’ils n’avaient pas été conçus en même temps. Mais la « superfétation .. était elle-même chose fort discutée (voy. ci-après, chap. xvi).
4. Voy. ci-dessus, p. 34, 1. La Canicule ou Chien dont parle Chrysippe est en dehors du Zodiaque.
CH AP. XII. — LA GÉNÉTlILTALOfilE
ment pointé sur le Zodiaque. On a sutrisamment exposé plus haut que la concentration des forces astrales dans le Zodiaque est chose artilicielle, un postulat d’origine grecque et de but pratique, qui n’a même jamais éliminé complètement les inlluences extra-zodiacales. Le texte précité, oii le « lever de la Canicule » ne peut guère s’entendre que du lever héliaque de la constellation, nous donne encore la clef d’un problème qui n’est pas des plus simples. Qu’entendait-on, dans le monde des astrologues, par « naître sous tel signe »?
Pour les généthlialogues de l’âge classique, la question ne se posait pas, ou se posait tout autrement. Le signe horoscope était celui que le mouvement diurne faisait monter à l’horizon au moment précis de la naissance, et, soit comme constellation, soit comme horoscope, ce signe n’avait qu’une importance secondaire. En vertu de la théorie des « lieux », l’Horoscope n est plus que le degré horoscopique, et ce degré sert principalement à établir la position des autres centres, parmi lesquels le MG. dispute la primauté à l’Horoscope. Les inlluences à calculer sont réparties entre les douze lieux et exercées par les planètes, celles-ci subordonnées à la planète « maîtresse de la géniture ». Voilà le point d’arrivée de la généthlialogie. On ne saurait douter que le point de départ n’ait été sensiblement différent. L idée qui, aujourd'hui encore, survit au naufrage de l’astrologie, c’est que l’on naît sous le signe dans lequel se trouve à ce moment le Soleil. Or, les astronomes appelant lever héliaque d’une étoile l’époque où on commence à la distinguer dans les premières clartés de l’aurore G il s’ensuit que le signe en lever héliaque est celui qui héberge à ce moment le Soleil, lequel se trouve déjà presque au milieu quand le signe « se lève ».
Donc, au début, le signe dominant la géniture était le signe en lever héliaque, primant tous les autres, en vertu d une énergie exaltée et comme surchauffée par la présence du Soleil. C est la théorie qui a présidé à la confection des thèmes de conception ou de géniture d’Antiochns de Commagène et d’Auguste L G est celle que Manilius a exposée dans son poème, à côté de la théorie concurrente, dont il n’a pas su la distinguer