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C. Les faits accompagnant la naissance

D. Les faits postérieurs à la naissance.

Ptolémée n’oublie pas, à cette occasion, de déclarer qu’il se propose de simplifier la doctrine, d’en éliminer les ratlinements inutiles et de n’y admettre que des explications « naturelles » L Nous sommes habitués à ce refrain pudibond. On se demande, en dénombrant les exigences de Part simplifié, ce que pouvait bien être la tâche de l’astrologue avant que Ptolémée ne l’eét allégée.

Pour chacun des problèmes posés dans les quatre catégories susdites, il convient et il suflit de rechercher ;

1° Certains « lieux propres » (oIxeToi ou toxEicogivo'. TÔ~ot) oii sont fixées les diverses influences qui régissent la vie humaine, suivant un choix fait dans les systèmes exposés plus haut, et la correspondance de ces lieux avec les signes du Zodiaque;

I. Tetrab., III, 3, pp. 148-149 Junctinus (texte cité plus haut, p. 299, 2). C est un congé signilié aux xXf,po'. et à l’arithmétique égyptienne. 11 a rejeté de même « 1 ancienne méthode de pronostiquer » qui prétendait tepir compte de tous les astres (ci-dessus, p. 125, 2. Cf. Anon., p. 89). Pour les xAf.po:, le scoliaste (p. 94) remarque que « l'Ancien » ne les rejette pas tous, mais seulement xo'Jî àv'j— oSîi/xoo;. L’apotélesmatique de Ptolémée est un triage fait dans une foule de systèmes nés indépendants les uns des autres. Tel interprétait la coïncidence de I Horoscope avec les signes; tel autre, avec les planètes; tel avec les décans, avec les boix, avec les degrés pleins ou vides, avec le degré en soi (govoixoïpta) . A la considération de l'Horoscope s’ajouta celle des autres « centres », ce qui triplait ou quadruplait les pronostics : enfin, les aspects remplaçant la présence réelle, les données étaient susceptibles de s'accroître indéfiniment.

ClIAP. XII. — LA GÉNÉTHLIALOGIK

2“ Les planètes qui sont maîtresses ou « œcodespotes » du lieu envisagé, par un des cinq modes énumérés précédemment.

Voila pour l’outillage; abordons maintenant l’interprétation. On pronostique :

1“ La qualité (to tioTov ) du présage, d’après la nature des planètes et des signes occupés tant par les planètes que par les lieux ;

2“ L’intemité (z'o péYeOoç) de l’effet attendu, d’après l’énergie des planètes, énergie variable suivant leur position par rapport aux étapes soit de leur mouvement propre, soit du mouvement diurne * ;

3“ Le temps ou échéance du présage, d’après la position des planètes par rapport au Soleil et à l’Horoscope -.

A-. — Les faits préexistant à la naissance (xà -rpo qz'/iaeuiç). — L’astrologie avait la prétention d’être en pleine possession du trépied divinatoire, le passé, le présent, l’avenir. Selon que l’on remonte ou qu’on descend l’enchaînement immuable des causes et des effets, on peut conclure également bien d’une donnée présente à l’avenir ou au passé =*. La destinée des parents conditionne et contient virtuellement celle de leur postérité ; de même, le thème de nativité d’un enfant peut renseigner sur la destinée passée, présente, future de ceux qui l’ont engendré.

Évidemment, les astrologues n’ont pas dû s’en aviser tout de suite : ils y ont été poussés par les objurgations des métaphysiciens ^ par les suggestions de leur propre casuistique ^ peutêtre même par la curiosité de clients qui, en possession d’un

1. Ptolémée mesure l’énergie des planètes à deux points de vue : 1° au point de vue général, c’est-à-dire en tout temps (xaxà t6 xoap.ixôv), les jilanètes sont Spaffxtxojxaxoi quand elles sont : a) èv oIxeiok; xai ISîoiç xÔkOl;; b) àvaxoX'.xol xai P O ff 6c XI X O l xoïi; àpt6ij.oïî; faibles dans les cas inverses (cf. cidessus, p. 113, 1); 2« au point de vue ou au moment de la nativité (xaxà yévsuiv), elles sont actives oxav iizl xiôv xsvxpajv r, xiôv è ~a vatpo p üv irapooEÛtout, xal pLaAiaxa xwv Tcpcôxuv, 'kéyui 6è xûv xaxà xà? ivayopà; xai xà? [xsaoupavriaeti;, faibles dans les àTcoxX£[i.axa .

2. 'Ewoi [xèv yàp ôvxeç t, iirtxsvxpot xaxap/àî ytvovxai 6paaxixtixEpoi, e a - s - P toi Sè •?, Eiri x(Lv etî avatpo p lov, ppâSiov. Cf. Anon., pp. 92-95.

3. Propria est [Chaldaeormri] penetlilialopiae ratio, uti possint ante facta et futura ex ratiocinationibns astrorum explicarc (Vitruv., IX, 4 [7]). — Où ptovov xà [xÉTkTvOvxa È^ExaÇou jiv, à'X'Xà xai xà 'lEapEA'fjTiUÔôxa xai xà Ttpô , xf,î yEVEOEWî (Bardesan., ap. Euseb., Praep. Ev., VI, 11, 58).

4. Voy. ci-après, ch. xvi. Les pronostics concernant le passé fournissaient argument à la thèse néoplatonicienne des astres signes et non causes des faits (ffTl|xavxixâ, non '7ïOiT,xtxâ).

5. 11 est clair que si l'astrologue prédisait à un client qu'il deviendrait orphelin à telle date, il prédisait par là même la mort des parents de celui-ci.

PHOiNOSTlCS CONCERNANT LES PARENTS O?’’»

thème connu, celui d’un fils, les consultaient sur le thème inconnu des parents h

C’est aux pronostics concernant les parents que Ptolémée réduit la catégorie sus-indiquée ^ Le scoliaste y distingue quatre questions principales, à savoir : 1“ les parents sont-ils heureux (sùt-j- ■/eT;, c’est-à-dire riches) ou malheureux; 2“ transmettront-ils à leurs enfants leurs infirmités; 3“ leur vie sera-t-elle courte ou longue ; 4“ comment mourront-ils?

Il y a dans le système des « lieux » une case lia IV® en IMG.) consacrée aux « parents », sous le patronage du « père Saturne ^ » (ci-dessus, lig. 31i, et la méthode des -A-lpo'. (p. 3ü5) permettait de remplacer cette case par une autre ou deux autres, lieu du père, lieu de la mère. On pouvait extraire de là les pronostics. Ptolémée se rallie à une autre méthode, qui distingue entre le père et la mère. Elle consiste à observer dans quelles conditions se trouvent les planètes qui symbolisent la paternité (O pour les naissances diurnes, ï) pour les nocturnes) et la maternité (Ç diurne et iC nocturne). Il tombe sous le sens que, si leur position respective est en « aspect» favorable et leur entourage (Sopucsopla) à leur goût, — par exemple, si le Soleil est entouré de planètes en phase matinale et bien logées; la Lune, de planètes en phase vespérale et bien logées, — le pronostic ne peut être que favorable. C’est l'inverse dans le cas contraire, surtout si Mars suit de près le Soleil,

1. Il y avait parmi ces clients des fils pressés d’hériter : motus aslrorum ignora; funus promittere patris \ Nec volo, nec possum (Juven., 111, 42 sqq.); des fils ou des pères soupçonneux qui se livraient à la recherche de la paternité ; des parents qui, ignorant la date de leur propre naissance, cherchaient leur destinée dans le thème des enfants, etc. Voy. dans Firmicus les chapitres Filiorum ciüïi palrihus dissidentium genitiirae (VU, 9 Pruckner). — Parentum mortis tempus et conditio (VII, 10). — Orborum filiorum natalia genituraeque (VII, IIV — Adoptivorum filiorum geniturae (VII, 12).

2. Tetrah., 111, 4 (Ilepl yovswv). Cf. Anon., pp. 95-100. Ces pronostics suppléent à ceux qu’on aurait tirés directement du thème du père ou de la mère. Ainsi, le thème de l’enfant peut expliquer que la mère meure en couches; on l’aurait prévu si on avait su que la mère avait son Horoscope dans le « cœur du Bélier » (T n® Firmic., VIII, 19), ou en fl 12° (VIII, 21), ou en J; 16° (VIII, 27). Firmicus abonde en pronostics concernant les parents — surtout leur genre de mort — d’après la géniture de l’enfant. Fr. Junctinus {op. cit., p. 185) donne une Figura nalivilatis patris ex genitura filii facta, à l’exemple de Cardan, qui restitue d’après sa propre géniture le thème de son père (p. 342, dillVrent du thème réel, donné p. 633), de sa mère (p. 635), de ses deux derniers enfants (p. 666), et fait aussi bien l'opération inverse (ci-après, p. 394, 1).

3. Ou plutôt, qui était à l’origine — dans le système de Manilius — sous la tutelle de Saturne (ci-dessus, fig. 3Ü, pp. 277-278).

CHAP, XII. — LA GÉNÉTHLIALOGIE

OU Saturne la Lune, à cause de l’opposition de secte (a't'peat;). En ce qui concerne la vie du père, elle sera longue si Saturne se trouve associe à Vénus ; précaire, si Mars accentue son ingérence ou SI Saturne est en aspect fâcheux avec le Soleil ; menacée d’une in soudaine et prochaine par la prédominance exagérée de Mars, emes conclusions, en ce qui concerne la vie de la mère, fondées sur les positions respectives de la Lune, de Vénus et de .Jupiter, avec ou sans ingérence de Mars et de Saturne L Si 1 on veut des détails plus amples ou plus précis sur les accidents et maladies à redouter pour les parents, il faut construire un thème spécial avec la planète maîtresse pour Horoscope ^ et aussi taire entrer dans le calcul le caractère des signes dans lesquels se trouvent les planètes opérantes — une exégèse dont nous aurons occasion plus loin de signaler la navrante puérilité.

précédant et suivant la naissance (xà Trpà x-?;; y£vÉ(T£w; xa- P£xàx-;)V Yîveatv). — Les pronostics de cette catégorie ne s’appliquent qu’aux frères et sœurs nés de la même mère. La consanguinité n est pas un lien suffisant ; c’est dans la mère que se localise le commencement de la vie, conception ou naissance. Aussi, la première chose à faire est de déterminer le a lieu de la mère »,

1. On rencontre çà et là des bribes d’autres systèmes. Le père meurt prématurément si l’enfant naît avec ï) au IV« lieu (Firmic., III, 2, 8-9 Kroll). Maladies envoyées aux parents par h (Maneth., III, 276) et par ^ (I, 168) : père et mère tués par I) et cf (I, 328-337). Mort violente des parents par défluxion de la Lune de d* à I), ou de © à cj' (Firmic., IV, 11, 6-7; 12, 9-10), surtout lorsqu elle est pleine au moment où elle s’enferre sur le rayon de Mars (Anon., p. 97). Cf. ci-dessus, (p. 249, 1) l’àxxivo6o)^;a. Cardan accumule les observations faites sur ses enfants et petits-enfants pour démontrer le cboc en retour, 1 influence des nativités d’enfants sur la destinée des parents et grandsparents [op. cit., pp. 632-666). Son propre thème {Nativitas nostra ex primogemh, filii ultimi, filiae, nepotis, etc. nativilale, pp. 632, 663, 665, 669) change d chaque naissance. Il découvre ainsi neuf périodes distinctes {status novem) dans sa propre existence, sans compter le thème de sa conception, qu’il connaît très hien juxta dictum mutris (p. 632). Ce sont des combinaisons de la généthlialogie avec les xaxapyai, suivant une méthode analogue à celle des Revotutiones (ci-après, ch. xiv), qui introduit dans le thème initial le calcul des inllu.x successils considérés à certaines dates critiques.

2 . Aâ[j.6avc oiffirep (opoaxrfTcov xàv ut, p.a{vovxa i a x é o x xaî -à ècpeÇ-fjî Ço)6ia (Anon., p. 99j. C’est nne méthode analogue à celle du x Tvf, p o î T ’j / t; < et des a 9 >. a (ci-dessus, pp. 289 sqq.), applicable à toutes les questions, et que Ptolémée préfère partout à celle des x).f,poi.

3. Tetrab. ,IU, 5, lispt àôeXcpwv, pp. 192-193 Junct. Cf. Anon., pp. 100-103. Le scoliaste trouve a 1 analyse si.x questions : 1“ s’il v a ou y aura des frères ou sœurs; 2» s’il y en a peu ou beaucoup; 3» s’ils sont bien faits et heureux; 4» si ce sont des frères ou des sœurs; 5» quels sont les aînés, des frères ou des sœurs; 6° s'il y aura entre eux amitié ou inimitié (Anon., p. 101).

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