PRONOSTICS CONCERNANT LES FRÈRES
autrement dit, le lieu occupé par Vénus, si la naissance est diurne ; par la Lune, pour les génitures nocturnes. Suivant que ce lieu sera en relation avec un nombre plus ou moins grand de planètes sympathiques et bienfaisantes, le nombre des frères nés ou à naître sera plus ou moins grand. Le caractère des signes où se trouvent les planètes susdites peut atténuer ou exalter leur influence fécondante, laquelle sera plus forte dans les signes bicorporels que dans les signes simples. De môme, les planètes malfaisantes tendent à produire la stérilité, ün comprend de reste que les planètes masculines annoncent des frères, et les léminines, des sœurs; que les planètes à TÜrient dominent les premiers frères ou sœurs, et les planètes à l’Occident, les derniers ; enfin, que les positions des planètes par rapport aux « lieux » — lieu des frères (HL), sort de la Fortune, etc. — et leur plus ou moins de sympathie réciproque peut renseigner sur le degré de prospérité ou de concorde auquel doivent atteindre les frères. Pour plus ample informé, Ptolémée conseille de dresser un thème spécial à chaque frère ou sœur, en prenant pour Horoscope la planète qui lui aura « donné » l’existence.
Éclectique comme toujours, Ptolémée a construit sa méthode avec des débris d’autres procédés. Le plus simple de ceux qu’il a éliminés consiste à recourir au « lieu » fixe spécialement consacré aux « frères » dans le cercle de la géniture ‘. Un autre est de rechercher un lieu de la fraternité particulier au thème, par la méthode des xXvjpot ^ Enfin, on peut spéculer sur l’intluence des planètes qui représentent la paternité, Saturne ou Jupiter, et doubler ainsi les observations portant sur la mère
1. Cf. les àSe>.9 = ':at dans Manéthon (VI, 307-337), qui s’adresse tout d'abord au III*^ lieu (scs’ wpovùjJLOJ Çww xpiTixw) : — ô'.xxol •/taiiyv-rixo'. (utérins) dans les Siffwixa s^S'.a, puis frères consanguins (opaijxoi), dépendant de Saturne, 6; pâv cpatvct iraxpôi; yévov, t) 6’ [sc. Xï^TiVT,] àcpa jjLT.xpôî (v. 328).
2. Firinic., VH, 13 {Fratrum cujusqiie vati numerus), p. 203 Pruckner. Cf. VI, 32, p. 184 {fratrum locus partiliter invenlus), et ci-dessus, pp. 303-306.
3. Dans la méthode des x)vf,po'., on opère toujours sur la distance de I) à ^ (diurne) ou de ^ à h (nocturne). Autres spéculations : I) à l'Horoscope fait périr tous les frères (Maneth., VI, 336-337), ou bien il les exile, pour que le Saturnien présentement né ait la primauté : [Salurno per diem in horoscopo partiliter constituto] eril iste qui nascilur major omnibus fratribus, aul, si quis ante eum nalus fuerit, a parent ibus separatur (Firmic., 111, 2, 1 Kroll). A la phrase suivante, Saturne en fait autant in omnibus quatuor cardinibus. .Même pronostic pour per noclem : cela, afin que le nouveau-né soins in domo palerna habeat principatum (Firm., 111, 3, 2-3), comme le Saturne et le .Jupiter de la mythologie. Dans la théogonie hésiodique, la primauté échoit à Kronos, dernier né des Titans; puis à Zeus, dernier né des Olympiens.
CUAP. XII. la généthlialogie
l'ails accompagnant la naissance (xà -/.axà tt,v ylveatv )*. — Nous ne pouvons que répéter ce qui a été dit plus haut, à savoir que les pronostics concernant des faits pleinement révélés par la naissance n’avaient d’intérêt que formulés avant la naissance, d’après le thème de la conception. Ptolémée, qui écarte ce Lii-ci, aurait pu se dispenser d’enseigner la manière de prévoir e sexe, le nombre et la conformation des enfants à naître, ou a\eitir qu il l enregistre pour l’amour de l’art, pour ne pas laisser croiie les astrologues incapables de répondre à des questions que savaient résoudre d’autres devins 2. H se contente de dire, sur un ton évasil, que les données « dépendent principalement du thème « de la conception, mais aussi d’une manière plus générale, de « celui de la naissance » : c’est-à-dire, au fond, que le thème de la naissance servira à vérifier après coup les inductions qui auiaient pu être fondées sur celui de la conception Il y a bien des choses à considérer pour le sexe. Il faut voir si
1. Ptol., 7<?^raè., 111, 6-9 ; 11 e P l àppevtviôjv xal .'jti uxwv.— U sp t ôiôupioydvuv. — Ilspt xepctTwv. — Uept àxpôoojv. Anon., pp. 103-109. Cf. Gemmormn fjenüuvae ciim suo sexu (Firniic., Vil, 2 Pr.). — Monslrosorum foetuum qeniturae. (VII, 6). - Expositorum vel non nutritorurn geniturae (VII, 1). Maneth., VI, 19-98 (llspi xpoaf,? xai àxpotpEaç x:ot(5wv).
2. G était un sujet de consultations fréquentes et gênantes pour les devins, qui étaient obligés de risquer un démenti à courte échéance. Les anciens
savaient reconnaître l’état de grossesse et le sexe de l’enfant à naître par un procédé ingénieux, qui consistait à faire germer des grains d’orge et de froment dans l’urine de la femme présumée enceinte. La germination des grains d orge annonçait un garçon ; celle des grains de froment, une fille. Point de germination, point de grossesse {Papyr. Berlin, de la XIX<= dynastie). On cite une méthode fondée sur un raisonnement par analogie. Elle consistait a faire éclore, à la chaleur de la femme enceinte, un œuf d’oiseau, le se.xe dépendant surtout de la température. C’est ainsi que Livie, enceinte de Tibère, sut à l’avance qu’elle accoucherait d’dn fils. Praegnans enim Livia, cum an inarem editiira esset variis captaret ominibus, ovum incuba7iti gallinae subdiiclum nuncsua, mine minisb'arum manu per vices usque fovit, quoad pullus insigniler cris talus exclusus est (Suet., Tiber., 14). L'astrologue Scribonius s’était sans doute trouvé à court, car il n’intervient qu’après la naissance de l’enfant, auquel il prédit une royauté alors inconnue : regnalurum quandoque, sed sme 7'egio insigni. En 371, un certain Bassianus est mis à mort par Valens, licet ipse de qualitale partus uxoris consuluisse firmaret (Amm. Marc., XXIX, 2, 5) : on ne dit pas quelle espèce de devins il consultait. C’est une question à renvoyer aux xaxapyat, aux méthodes populaires. Cf. Cod. Florent., p. 15, F. 189 (Eî à'ppsv -îj 2r-îiXu xà Êyydcrxptov), et ci-après, ch. xiii.
3. 11 SC flatte d échapper ainsi à une objection métaphysique, insoluble avec le thème de nativité seul, quand on considère le sexe, les malformations, etc., tous faits antérieurs à la naissance. Si les positions des astres en sont « causes ». l’effet peut-il préexister à la cause?