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DES BIENS DE LA FORTUNE

Saturne, par ragricullure ou le Iraüc maritime ‘ ; Jupiter, pai le crédit, les curatelles et sacerdoces ; Mars, par les armes ; Vénus, par les amis et «■ cadeaux de femmes » Mercure, par 1 éloquence et le négoce. Saturne, représentant la paternité et le patrimoine, procure aussi des héritages avec la collaboration de Jupiter, et môme des héritages en dehors de la famille naturelle ou légitime, par adoption ou en dépit d une naissance irrégulière, si Jupiter — qui représente ici l’autorité, la loi civile — se couche dans un signe bicorporel ou est en contact avec la Lune. L’échéance des héritages peut même être précisée par le calcul des distances entre les planètes qui les procurent et les « centres » ou les lieux subséquents (ÈTravacpopal) du cercle de la géniture

Quel que soit le mode d’acquisition, la fortune sera stable si les planètes qui collaborent avec la planète maîtresse sont de même secte (aipsaïc;) qu’elle ; instable, dans le cas contraire.

Pour « les honneurs » autrement dit le rang occupé dans la hiérarchie sociale, le principe est d’observer la position des luminaires et le nombre ainsi que la qualité des planètes qui les escortent (Sop'jcpopojvxojv). Lorsque, les deux luminaires étant en signes masculins et tous les deux — ou celui des deux qui est de même secte que la géniture — sur des centres, le luminaire de même secte a pour escorte les cinq planètes en phase appropriée, c’est-à-dire matinales (éwot) pour le Soleil, vespérales (éinrâptot) pour la Lune, alors les nouveau-nés seront rois, et même des rois puissants, des « maîtres du monde » si les planètes satel-

1. On voit reparaître ici le Salurnus latin {a salis) et le dieu de l'humidité’, que Ptoléniée fait ailleurs si sec. A remarquer, l’affinité de la richesse et de la banque avec le sacerdoce, souvenir des dépôts faits dans les temples.

2. Aià cp£Xü)v, •?! yuv atx.e£wv Soipewv. Espérons, pour la morale, que la dot rentre dans cette catégorie.

3. Le scoliaste (Anon., p. 147) avertit que les centres opèrent plus vite que

les è-irava-popai. Il ne faut pas oublier non plus le coellicient de la « phase » de la planète : si p.èv yàp iwoi uiat, xa/û'cspov 5ptT)(itv, eî 5à ÉT~éptoi PpaSûxîpov vtoti i:ep’ sa/âxo'Jî ypàwixi. C’est un principe général, déjà visé plusieurs fois (cf. ci-dessus, p. 309, 5. 361. 372, 1). La richesse par collaboration de Saturne et de Jupiter se rencontre aussi dans Manéthon (111, 234-243 : de même, sur le tard, yf|pa<; èv 111, 136). Yoy. l'ample casuistique, perte

d’héritages, misère noire, etc., par conflits des planètes, surtout de Xlars, avec la Lune (VI, 630-682). Le calcul de l’échéance d’un héritage est une prévision indirecte de la mort d’un tiers, du de cujiis, solidaire de son héritier.

4. riêpl xû/T, î àÇtü)[j,axix.fi(; [Telrab., IV, 2, pp. 666 et 672 Junctinus, avec commentaire, pp. 666-707). Cf. Anon., pp. 147-130.

3. Pour un auteur du ii« siècle, les xo apoxpixope; sont évidemment les empereurs romains.

r.llAP. XII. LA GÉNÉTIlLIALOfilE

lites sont elles-mêmes sur des centres ou associées par aspect avec la culmination supérieure.

Arrêtons-nous un instant à ce sommet des grandeurs humaines. Ptolémée savait (jue, même sous les Antonins, la police impériale n’entendait pas raillerie sur les pronostics propres à échauffer l’imagination des ambitieux. Aussi exige-t-il du thème de géniture des futurs monarques des conditions à peu près irréalisables. A en juger par le nombre d’ « augures royaux » relatés par l’histoire d’autres astrologues se montraient sans doute moins difficiles. Autant qu’on peut suivre des traditions aussi flottantes, il paraît bien que les premiers astrologues dérivaient l’aptitude aux honneurs, comme tout le reste, du signe horoscope ou de celui qui hébergeait le Soleil au moment soit de la naissance, soit de la conception. Entre tous les signes, le plus qualifié pour être un horoscope royal était évidemment le Lion, et comme roi des animaux et comme domicile du Soleil, roi de la création Au cœur du Lion se trouve une étoile de première grandeur que les astrologues avaient dénommée le « Roitelet » (BaatXtd/.oi; lus) Gomme on ne pouvait pas déclarer candidats à la royauté tous les enfants nés sous le Lion, il y avait lieu d’exiger soit que l’Horoscope tombât exactement snrRégulus, — élimination encore insuffisante^, — soit qu’il y eût dans ce signe réunion des planètes apportant l’idée symbolique de puissance, de force, de primauté, ou même de toutes les planètes. Nous avons encore, dans un

1. Voy. ci-après, ch. xvi, et, provisoirement, les prédictions faites au jeune Octave par l’astrologue Théagène (Suet., Aug., 94), à Tibère enfant par l’astrologue Scribonius (Suet., Tib., 14 : ci-dessus, p. 396, 2).

2. Le Lion àp^ty.6v xal paatXtx.ôv Çw5iov (Anon., p. 36). En tant que domicile solaire, il correspond au cœur (ci-dessus, p. 323, 3), comme le Bélier à la tête.

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