OU OPPORTUNITÉS GÉNÉRALES
La théorie des /.axapy aî (elecüoneÿ) forme une « apolélesmalique » complète, se sullisant à elle-même, mais susceptible de contracter avec sa rivale, la généthlialogie, des alliances plus ou moins boiteuses. La généthlialogie, l’œuvre propre de l’esprit grec, du fatalisme stoïcien, repose sur l’idée fondamentale que tout est enchaîné par un lien de causalité qui court du plus lointain passé au plus lointain avenir; de sorte que l’œil qui se place dans l’alignement de la chaîne, à un point quelconque, peut retrouver le passé, prévoir l’avenir. Le point choisi par les généthlialogues est, nous l'avons vu, le moment de la naissance ou celui de la conception. La théorie des /.a-rapyat, au contraire, née en dehors de la métaphysique, au sein des religions et croyances populaires, ne considère que les causes immédiates et successives non pas de nos actes, qui peuvent être posés librement, mais des conséquences heureuses ou malheureuses, du succès ou de l’insuccès des actions humaines. Elle borne son ambition à enseigner le moment opportun d’agir, en toute espèce d’entreprises ou initiatives (-/.aTapy^a(), et elle se charge de le trouver dans les positions actuelles des corps célestes.
Nous étudierons d’abord la théorie générale (/.x-rapya’ -/,aOo)a/.at) , celle qui spécule sur l’état présent du ciel, le même pour tous au même moment et au même lieu \ réservant pour le chapitre
1. Cf. Hephaest., lit, 2 ("Ottw? ypïi xaGoXiaàî xaTapy et?) ; 5 ("spi
xa6oAf/câ)v naxapywv xal napaxTipTiffEwv). Ne pas confondre ces pronostics généraux, mais à usage individuel, avec les xaôoXixà ou xaô’ oXov à-ox£XÉffp.axa de Ptoléinée (ci-dessus, ch. xi). A ceux-ci répondent, pour la partie météorologique, les xoajAiaal xaxapyal (cf. Cod. Florent., p. 129). Elecliones répond à l’usage, mais non au sens littéral de xaxap/aî, qui signifie « commencements », initia - aclioman auspicia, et que je traduis par des équivalents approchés, « initiatives » au sens littéral, opportunités ou choix du du moment au sens usuel.
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suivant la théorie des initiatives individuelles, qui est une combinaison du système avec la généthlialogie.
Avant de nous aventurer dans ce nouveau labyrinthe — aussi tortueux que celui d’où nous sortons — il nous faut chercher un 111 conducteur, et, pour cela, quitter un instant le domaine de l’astrologie proprement dite. La superstition des jours favorables (ar<jtoi) et défavorables {àT.oopioz^), née de croyances fétichistes et animistes, est de tous les pays et de tous les temps. Il nous SLilIit de remonter au temps d’Hésiode, chez qui nous la rencontrons ordonnée et motivée, dans le cadre de 1’ « année « primitive, c’est-à-dire le mois Nous sommes là au berceau de la théorie des Initiatives, qui, du reste, n’a pas renié ses origines. On dit plus tard qu’Hésiode, instruit par révélation des Muses ou disciple des Egyptiens, avait fait de l’astrologie sans le savoir ou sans l’avouer L II l’avouait si peu qu’il rapportait la répartition des jours opportuns ou inopportuns à la volonté de Zeus lequel n’avait rien de commun à ses yeux avec la planète des astrologues, et qu’il avait recours à un genre d’explication tout à fait étranger à l'astrologie. Hésiode considérait les jours marqués d’une note particulière comme des anniversaires d’événements mythologiques. Ainsi, le 7 du mois était heureux comme jour de naissance d’Apollon (£Soo[jLaY=v7]!;) et le o funeste, comme étant le jour où les Euménides faisaient leur ronde à la recherche des parjures^. Hésiode ne se borne pas à distinguer les jours heureux
1. Annus est un cercle ou cycle quelconque, aussi bien du mois lunaire que de l’année solaire, laquelle vocalur annus, quod uL parvi circuli annuli (Varr., L. Lat., VI, 8).
2. Proclus in llesiod., 0pp., ap. Salmas., p. 826. Pour les Orphiques, Hésiode était disciple d’Orphée (cf. Lobeck, Aqlaophamus, pp. 412 sqq.).