llesiod., 0pp
4. llesiod., 0pp., 771. 803-805 ; ce dernier passage traduit à contre-sens par Virgile : Quintam fuge ; pallidus Orcus [ Eumenidesque salue (Virg., Georg., 1, 277). Dans les calendriers grecs, on consacrait généralement le l'f du mois à Apollon ; le 2, aux héros ; le 3, à Athéna; le 4, à Aphrodite; le 6, à Artémis, etc. (cf. A. Mommsen, Ueorlologie, Leipzig, 1864). L’Académie, avec ou sans raisons de fait, célébrait l’anniversaire de la naissance de Piaton le 7 Thargélion, jour et mois d’Apollon. Ce système de dies natales divins, importé ou non d Égypte (cf. Plut., Is. et Osir., 12), fut adopté par les .luifs hellénisants, avec substitution des patriarches au.x dieu.x et héros. Ainsi, le l'r était l’anniversaire de la création d’.Vdam; le 2, d’Ève : le 3, naissance de Caïn; le 4, d Abel, etc. (Salmas., p. 836). Le.fait de choisir le dies natalis, équivalent du « thème de géniture », est un point de soudure avec l’astrologie. Cependant, les jours lériés et les à-o-foâoï; n’appartiennent pas à l’astrologie, qui les a remplacés par des éphémérides de Ip. — paxxoi xaî à t: p a x x o t
f.pspa'..
eL malheureux : il apprécie aussi el surtout les opportuuités, les jours couveuables pour des actes spécifiés, et parfois avec des distinctions subtiles entre diverses chances accumulées en un même jour, favorables pour certains actes, défavorables pour d’autres, ou variant suivant que l’initiative est prise le matin ou le soir b C’est déjà une table de pronostics, comparable aux
1. Par exemple, le 19 est « meilleur le soir » (v. 810); le 24 est « excellent au lever de l’aurore, pire le soir » (v. 820-821). Cf. les dies fissi, inLercisi des Romains. Ce sont là des finesses que « peu de gens savent » {-aüpoi ô’ aoTs tjaffi, vv. 814, 820, 824). Les mentions T.aatoî i-*. tiXeiou (v. 178), x). éw •r,;jiaT'. (v. 792) paraissent indiquer non pas le milieu du jour, mais le plus long jour de l’année (?). Le texte d’Hésiode, mutilé et interpolé, ne permet pas de reconstituer avec certitude son éphéméride. H y a dans le mois des jours .sans marque spéciale, psTaôouxoi, âxT,pio'., où ti ©éponaat (v. 823). Les jours caractérisés sont les 2, 4, 5, 7, 8, 9, 11, 12, 13, 14, 13, 16, 18, 20, 24, 23, 27 ou 29 (-rptuEivaîi;), 30. Hésiode partage le mois en trois décades, et le caractère attribué à l’unité, àladyade, tétrade, etc., se reproduit à peu près, avec nuances, dans les décades suivantes. Tous les 3 (3, 13, 23) sont ya7>exai xoii aîvai (v. 802) ; les 4 (4, 14, 24) sont favorables au mariage et à la procréation ou à la naissance des filles ; les 6 (6, 16), favorables à la procréation des garçons (àvSpoyovo; 5’ dyaOri — èsOX-r, S’ àvopoyôvoî, vv. 782, 788); les 7 (7, 27) favorables à l’agriculture ; les 9 (9, 19); excellents pour planter et engendrer. D’autres jours sont désignés isolément, les 1®'’, 2, 8, 11 (bon), 12 (meilleur que le 11), 13 (mauvais pour semer, bon pour planter), 18, 20 (jour où s’engendrent les gens intelligents), le 27 ou 29 (xpiasivâî pouvant signifier 3 X 9 ou 9 de la troisième décade), et le 30. On voit déjà paraître chez Hésiode la préoccupation des sexes et du moment de la conception. Saumaise {De aiui. ciim., pp. 823-834) constate qu’llésiode ne dit mot de l’intluence de la Lune : mais il pousse auparado.xe en soutenant que pifiv ne remplace pas du tout Le Ps. -Plutarque, commentant Hésiode (ad v. 778), assure que le 13 est bon pour planter, parce que « la lumière de la l.,une n’est jamais plus abondante que dans ce jour ». En eU'et, ce pouvait être souvent le jour de la Pleine Lune (cf. ci-dessus, p. 47, 1). Dans le calendrier athénien, le 13 était un jour de mauvais augure : on n’y rencontre que des cérémonies appartenant aux cultes chthoniens ; la fête des Chÿtres le 13 Anthestérion, 1 arrhéphorie le 13 Skirophorion (?), un sacrifice à Nephthys et Osiris le 13 Boédromion (cf. A. Mommsen, Heorlologie, p. 293). Ce n’est sans doute pas là 1 origine de la superstition actuelle du nombre 13. Celle-ci n’apparaît pas chez les Romains. On sait que les Ides, consacrées à .lupiter, tombaient le 13, huit mois sur douze. Yégèce, qui exige un nombre de pieds impair pour la largeur des fossés, permet des largeurs de novem aiit undecim aiit tredecini pedibus (111, 8). La peur du nombre 13 viendrait plutôt du treizième mois des calendriers lunisolaires, mois vide de fêtes religieuses et comme délaissé par les dieux, abandonné par conséquent aux génies malfaisants. Quant aux Spartiates, qui avaient un oracle lunaire (Cic., Divin., 1, 43. Plut., Agis, 9. Cleom., 7), on dit qu’ils n’étaient pas à Marathon parce qu’ils avaient attendu la pleine lune pour se mettre en campagne (Hcrod., VI, 106). Le proverbe Aaziov.xà; (Parœmiogr. Gr., 1, p. 274) prétendait que cette raison leur servit souvent de prétexte. L’observance des jours du mois pouvait se combiner avec toute
ÊPHÉMÉKIDËS IIÉSIODIQL'KS
éphémérides lïitures des astrologues, et il n y manque que des raisons astrologiques.
Ce serait exagérer néanmoins que de prétendre qu’elles ny sont pas comme sous-entendues. Le mois n’est que la durée d’une révolution lunaire, et la croyance à l'inlluence des phases de la Lune était trop populaire en tout pays ' pour que Hésiode n’en ait tenu aucun compte. Ce qu’il a voulu, c’est ajouter aux remarques populaires des motifs plus savants et moins connus. A (juelle tradition les a-t-il empruntés? 11 n’est pas probable que ce soit à des spéculations arithmétiques comme celles qui ont occupé plus tard les pythagoriciens. En ce temps-là, la civilisation grecque tenait encore par mille attaches à l’Orient, et on n’a que l’embarras du choix — s’il faut faire un choix — entre l’Égypte et la Chaldée. Chaldéens et Égyptiens avaient leurs éphémérides sacerdotales, indiquant à quelles divinités était consacré chaque jour du mois et quels étaient les sacrifices requis par chacune d’elles Le caractère des jours dépendait naturellement du caractère des divinités, les unes bienveillantes, les autres redoutables. Le jour où ces divinités, ou quelques-unes d’entre elles, furent identitiées avec les astres, alors, mais alors seulement, ces éphémérides entrèrent dans l’astrologie et servirent à alimenter ses spéculations. J’ignore si celte assimilation des divinités aux astres peut être considérée comme primordiale, ou même comme
espèce d’autres superstitions. Voy., dans les Greek Vapyri du lirit. Muséum, le Pap. CXXl, contenant une '0[xT,po|j.avxta, et, à la suite, 1 indication des jours du mois et fractions de jours favorables pour les consultations [Cutalorjue, p. 89). Les jours d’abstention sont les 3, 6, 9, 16, 17,25. On trouve dans toutes les compilations astrologiques des listes è u.7cpi xxuv xai àTrpâxTuv T,]i.EpÜ>v, ramenées au degré de simplicité de l’éphéméride hésiodique.
1. Voy. ci-dessus, pp. 90-92. Les xaxapyat lunaires chez les Germains : non esse fus Germanos superare, si anle novam Lunam proelio conlendissent (Caesar, B. G., 1, 50), superstition identique à celle qui empêcha les Spartiates d’arriver à temps à Marathon. Certis diebiis, cum aut incohalur Lima aul implelur {coeunl Germani)', nam afiendis rebus hoc auspicatissimum initium credunt. (Tac., Gerrn., 11). Ce sont des idées cosmopolites, peut-être même encore aujourd’hui.
2. Voy., pour la Chaldée, le tableau des jours favorables et défavorables dans les douze mois de l’année, et des « veilles » (Lcnormant, La divination chez les Chaldéens, p. 40 ; cf. Epping, p. 5). Ce sont probablement les Bnbylonii numeri d'Horace {Od., 1, 1 L 2). Pour l'Égypte, 11. Brugsch, Thesaur. Insrr. Aeg., 1, pp. 33-54, table des 30 jours du mois, avec les « pierres qui remplissent l’œil de la Lune »; F. Chabas, Calendrier des jours fastes el néfastes de l'année égyptienne. Paris, 1868; G. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique. Tome I. Les Origines [Paris, 1895], pp. 210-212. La croyance aux jours heureu.v ou malheureu.v chez les Égyptiens {Débats, 23 mars 1898).
CHAP. Xltl. — INITIATIVES GÉNÉRALES
générale, chez les Chaldéens : il ne paraît pas probable qu’elle l’ait été dans la religion fétichiste des Égyptiens h Aussi ai-je cru pouvoir distraire de l’histoire de l’astrologie le texte où Hérodote assure que les prêtres égyptiens savaient pronostiquer la destinée des individus d’après leur jour de naissance. Les inotits invoqués pouvaient n’être aucunement astrologiques. On comprend, sans recours aux astres, qu’un individu né le 17 Athyr, le jour où Typhon avait tué Osiris, pût s’attendre à périr de mort violente; qu’un autre anniversaire (23 Phaophi) le destinât à être dévoré par un crocodile; un autre (27 Phaophi), à être mordu par un serpent L
C’est cependant de la tradition égyptienne que se réclame — et avec raison, sans doute ^ — l’astrologie des /.a-rapyat, qui repose essentiellement sur le système des « chronocratories », c’est-à-dire sur la croyance à la domination, à l’inlluence prépondérante d’un astre actuellement maître du temps Cette domination pourra durer un an ou plus, un mois, un jour, une heure, moins encore, il importe peu : le principe est sauf. C’est le même principe qui a engendré la généthlialogie, ses signes ou planètes natales et ses œcodespotes. La divergence n’a commencé entre les deux méthodes rivales que par le coup d’État métaphysique des généthlialogues, qui ont prétendu intégrer dans un moment unique la totalité des causes prédéterminant la destinée. Dans la méthode des '/.aTap^aî, la naissance figure aussi parmi les faits dont l’opportunité se calcule, et au premier rang; mais elle ne fait qu’ouvrir la série, et celle-ci se continue, subissant au fur et à
1. 11 ne manquait pas de gens dans l’antiquité pour soutenir que les Égyptiens n’avaient jamais eu d’autres dieux que les planètes, signes, décans, horoscopes et autres chronocrators (ap. Euseb., Pr. Ev., III, 4).
2. Cf. Iliibler, op. cit., p. 10. Maspero, loc. cit. Durant les 18 jours des fêtes de Typhon, si quid nascilur, non amplius quam eos dies vivit (Schol. Germ., p. 408 Eyssenhardt). Le texte d’Hérodote (11, 82), ci-dessus, p. 62, 3.
3. On peut croire que la division hésiodique — plus tard athénienne et hellénique en général — du mois en décades vient de l’Égypte, où les décades avaient pour chronocrators les 36 décans. A la fin de l'Empire, 24 jours de l’année considérés comme dangereux avaient pris ou repris le nom de dies Aegyptiaci. C’est aussi chez les Gnostiques égj^ptiens que foisonne la hiérarchie des chronocrators de toute espèce, du jour, du mois, de l'année, du jour et de la nuit ou des heures du jour et des heures de la nuit etc. Cf., chez les Pératiques, 1’ à'py wv 6wSexawpou vuaT£pivf,<;, Sodas ou Osiris, et 1’ àtp/uv ôtoSsvtawpou -fipLspivfis, Euno ou Isis, qui a pour signe le Chien {Philosop/uan., V, 2, p. 195 Cruice).
4. Cf. les almanachs (à)k[ji£viyiavio() indiquant les apatatot f,Yep,6vc<; (Euseb., Praep. Ev., 111, 4, 1).