‹ L'astrologie grecqueChapitre 269 sur 360 · INFLUENCE DU THÈME DE GÉNITURE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU THÈME DE GÉNITURE

cependant en tirer des indications générales servant à régler, pour un môme individu, toutes les opportunités futures. Ainsi un individu né durant la croissance de la Lune réussira toujours dans ce qu il entreprendra au moment où la Lune sera en conjonction avec Jupiter ou Vénus ou Mercure : il devra s’abstenir (luand la Lune sera en conjonction avec Saturne ou Mars. Le conseil était sans doute inverse pour les individus nés dans le décours de la Lune. De même pour ce qui concerne les rapports de la Lune avec les signes du Zodiaque. Étant donné le point où se trouvait la Lune dans le thème de géniture d’un client, il y aura pour lui inopportunité toutes les fois (|ue la révolution sidérale de la Lune ‘ aura ramené celle-ci soit au même point (aTToxaxaaTa'ütx/;), soit au point diamétralement opposé (àvxaTroxaxaoxaxtx-/;), soit en aspect quadrat.

Mais ces règles supposent déjà un compromis entre les xaxapet la généthlialogie ; elles dépassent le cadre borné des initiatives banales, dressées à l’usage de tout le monde. C’est une amorce aux combinaisons que nous nous réservons d’étudier dans le chapitre suivant L

La revue des sujets traités ® n’offre pas grand intérêt au point

voit seulement qu il distinguait entre génitures diurnes et nocturnes. Ce qui suit est tiré de l’analyse en prose (pp. 79-80), qui n’est pas des plus claires. La remarque qui la termine est bizarre ; c’est un conseil au praticien au sujet de ses honoraires, si Je ne me trompe : « Si tu inspectes la géniture de « quelqu un et que tu veuilles lui demander de la reconnaissance (aixfiaaTÔai « -xap êxsivou xâptv), au cas où tu verrais sa Lune en opposition diamétrale « à elle-même, lais appel à sa reconnaissance et tu ne demanderas pas en vain » — sans doute parce que le client aura évité un danger en s'abstenant sui le conseil de l astrologue. Sur ces roueries du métier, voy. ci-après, p. 471,1. ‘ ’

1. C est ainsi que j’interprète le texte sommaire : Tj EsXv/t) à-Troxaxa -

CT a X t X fj xat iScvxairoxaxao'Taxtxh xai sîç xx éauxT|î xsxpatytüva xà xaxà xF,v YsvÊffiv sXOoüaa âxrpaxxo; xxl ytvexxL (p. 80 Ludwich). La révo-

lution tropique ne ramène pas la Lune au même point du Zodiaque.

2. On lit à la p. 89 Ludwich : ['O (ipocxôiroî •?,] -fi EcXr, vr. èv Txupcp ■'i'. . La substitution de I Horoscope à la Lune serait un emprunt plus immè-

lat encore a la généthlialogie. Cette leçon, déclarée suspecte par Ludwich, est à rejeter sans hésitation. C’est une glose inintelligente.

3. Voici la liste des chapitres de Maxime : I. mpî yevé sew?. — II. Hcoî xxT,aswî ôoûXtov. — III. Fhpi irXoù xal Èp-xoptaç. — IV. Hept éoot- ^oplaî. V. Hc-pî vi^oo. VI. lUpl vôffwv. - VIL llêpt xopLf.c xai / e tpoup yîa.,. VIII. IDpi 6p a-exwv. — IX. n3pi Traiûwv ou xsvvûv 5 iSacrxaXtaç. —X. lUpl yeupyiaç. — XL Hîpl xwv èv Ssapoïs. — XII.

£pt X O 71 r, ç. La recherche des esclaves en fuite et des objets volés est très circonstanciée : elle devait fournir matière à bien des consultations. La liste

de vue des associations d’idées mises en œuvre. Nous les connaissons déjà ou pouvons les deviner sans peine. Soit, par exemple, le chapitre de « l’acquisition des esclaves ». U faut acheter des esclaves à usage domestique quand la Lune est dans des signes à forme humaine : les signes humides formeront des marins, pêcheurs, blanchisseurs ; les signes animaux, des bergers, même des foulons (avec le Bélier) ou des cuisiniers (avec le Taureau). La Vierge (l’Épi) donaera des boulangers; le Scor-

pion (ou le ZuYÔç considéré non comme Balance, mais comme Joug), des laboureurs. Nous retombons dans les fastidieux refrains des séquences astrologiques. Le chapitre du mariage n est pas des plus optimistes. Il y est à tout moment question de femmes acariâtres, perfides, prêtes à l’adultère, même avec des esclaves. D’abord, défense absolue de se marier à la N. L. ou à la P. L., sans doute parce que celle-ci est en opposition avec le Soleil et celle-là annihilée par lui ; mauvais ménage dans les deux cas. Même pronostic quand la Lune est dans sa propre maison (Cancer) ou dans la maison du Soleil (Lion). 11 n y a guère que le Sagittaire, les Poissons et le Verseau qui président à des mariages heureux. Le Capricorne n’est bon que pour les secondes noces et très bon seulement si on épouse une veuve C ce qu on peut

des chapitres est beaucoup plus longue dans le IIP livre d’Héphestion (1-3/ ap. Engelbrecht, pp. 25-26). Le chapitre lie pi ne prêtait gucre

à la fantaisie et n’est pas plus neuf que celui d’Hésiode : l’astro ogue y ajoute cà et là un aupi/pépet Sè -*ai Y£'»!Asvp£Ïv qui ferait croire que 1 arpentage ne réussit pas en tout temps. Cf. la consultation facétieuse du paysan Calhgene, à qui l’astrologue Aristophane, >>a6wv ^/ricpiSa;, uitèp iilvaxoî te TtJxaÇwv, pro met une bonne récolte si tout réussit, et conclut en disant ; « seulemen crains les sauterelles! » (Agath. Scholast. Anlhol. Gi\, XI, -6o. Fragine de xaTapval agricoles dans Pline ; adjecit his Attius in Praxidtco ut sererelur cum lima esset in Ariete, Geminis, Leone, Libra, Aquario : ^ "

Scorpionis duodecim partes transgressa, cum lima esset m Tauro (Pl/n., X V ,

8 20Ü). Ce prétendu Zoroastre était un symboliste ralliné ; d lui lallait Taureau attelé au dard ou soc du Scorpion. Je ne sais à quelle époque rapporter et je ne revendique pas pour l’astrologie l’étrange superstition fondée sur nn oracle de Bakis, qui poussait les Tithoréens à dérober une motte de ter^ au tombeau de Zéthos et d’Ainphion, s^EiSàv tôv èv oOpavio vaupov ° talisman qui leur procurait une bonne récolté au détrimen (Pausan IX, 17, -1). Pour la médecine, cf. ci-apres, ch. xv. La liste ue. i élections .. est interminable chez les Arabes, qui, en fait, ne et ne pratiquaient que les xaxapyal. Ils allaient jusqu a soumettre i même au joug des opportunités, en disant qu’il ne refuse rien a qui 1 implore hora qua Lima cum capile Draconis Jovi conjungitur (Albumasar, m Ma>g. vhilos , VII, 10) : moment rare, du reste, et difficile à saisir.

^ 1. Distinction empruiilée peut-être aux cmpêcbcmenls prévus parle calei -

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faire aussi sous la Vierge, celle-ci contraire par définition au mariage des jeunes filles.

La théorie des opportunités, contenue dans les limites tenues pour raisonnables, n’allait pas plus loin; elle aboutissait toujours à une décision tranchant l’alternative : agir ou s’abstenir. Mais ce qui sulTisait à la logique ne suffisait pas la clientèle. Si les astrologues voulaient attirer à eux les gens qui allaient consulter suc toute espèce de sujets les haruspices, les oniromanciens, tireurs de sorts et autres devins à compétence indéfinie, il fallait qu’ils fussent prêts comme eux à répondre à n’importe quelle question. Comme le besoin crée l’instrument destiné à le satisfaire, on voit pulluler sur la souche complaisante de l’astrologie une nouvelle poussée de superstitions, une foison de recettes empiriques pour lesquelles les inventeurs ne prennent même plus la peine d’imaginer une théorie quelconque. C’est la branche de l’astrologie connue sous le nom vague d’ « Interrogations » {ipMxr](îei(;-mler7'Qgationes). Voulait-on savoir où était caché tel trésor ou tel débiteur, combien de temps s’écoulerait avant le retour d’un absent, si un navire attendu était perdu ou non, si une femme avait eu des aventures (èàv TCTiôpveuxev) ou quel était le véritable père d’un enfant, — le questionnaire est sans limites’, — l’astrologue, en notant dans les cadres en usage l’état du ciel au moment où s’est produit le fait dont on veut connaître les conséquences, se chargeait d’y trouver la réponse demandée. Ce n’était pas encore là le comble de l’art. A défaut de l’état

drier des Pontifes romains, où telle interdiction est motivée d’une façon autrement claire par Varron ; quia feriis lerçjere veleres fossas liceret, novas face re jus non esset, ideo magis vidais quam vh'ginibus idoneas esse ferias ad nubendum (Macrob., Sat.^ 1, la, 21). Au chapitre du mariage se rattachent une foule de « questions » relatives à la procréation des enfants de tel ou tel sexe, à la fécondité, stérilité, etc.

1. .le n’ai nullement l’intention d’exploiter cette mine inépuisable. Voy. les chapitres du Cod. Parisin., 2419 (xv^ siècle), dont Engclbrccht a publié les titres (pp. 15-20), ceux de l’astrologue Palcbos (ap. Cumont, op. cil.) et les prémices de l’inventaire général des manuscrits astrologiques dans les Codices Ffore/iZî/ii catalogués par A. Olivier! (Bruxelles, 1898), notamment les curieuses consultations, vériflées après coup, au sujet de navires dont on était sans nouvelles (Appendix, pp. 102-104). Elles sont datées de 475 et 480 p. Chr. Les oracles répondaient aussi à des questions de ce genre, notamment l’oracle de Dodone. Un tel veut savoir si c’est de ses œuvres que telle femme est enceinte; un autre, s’il aura d’autres enfants; celui-ci demande s’il a perdu tel objet ou si on le lui a volé, etc. Cf. A. Bouché-Leclercq, Ilist. de la Divination, 11, pp. 318-320, et les inscriptions de Dodone, réunies par Carapanos et O. Iloffmann (ap. Collitz, Sammlung d. gr. Dial.-lnschr., II, 2, Gœtting. 1890).

du ciel à un mouient passé, qu’il n’élail pas toujours possible de retrouver, l’élal présent sullisait. Le iiiôme thème pouvait répondre, au même moment, aux interrogations les plus diverses. On n’eùt jamais démontré la chose à un sceptique, mais les croyants qui avaient rétléchi sur ce mystère avaient lini par en découvrir l’explication. C'est que, les astres étant causes de tout ce (lui se passe sur terre, le désir de consulter avait été éveillé chez le client par leurs positions actuelles, lesquelles, par conséquent, puisqu’elles suggéraient l’interrogation, contenaient la réponse L Aussi les astrologues doués de quelque virtuosité stupéfiaient le client en le dispensant même de poser sa question, qu’ils connaissaient d’avance par l'inspection du ciel. C’était une

1. J'emprunte le raisonnement aux astrologues de la Renaissance (cl. Margavitci pliilosopliicci, loi. z), qui le poussent même plus loin et rattachent les Interrogaliones aux xaxapyal individuelles (ci-après, ch. xiv), en disant que les positions d’astres qui suggèrent la question sont elles-mêmes dans un certain rapport avec le thème de géniture du consultant [conslellalionem inlervogationis proporlionabilem fievi nalaliciæ constellülioni ciffirmanl). On s'explique ainsi qu elles produisent au meme moment des ellets dillérents sur des personnes ditlérentes. En bonne logique, c’est l’état du ciel au moment de la suggestion, et non au moment de la consultation, que lastiologue devait interpréter {cur non magis observant conslellationem et tempus quo quæsitor desiderium laie concepit, quant conslellationem et horam quo proposita est quæstio?). L’astrologue Ciruelo [Astrol. Christ., IV, 1) nie le (apport avec le thème de géniture et déclare les interrogationum judicia — penitus damnanda, quia vana, quia falsa, quia periculosa et nociva homimbus. Le danger venait de l’intrusion possible dans la vie privée des tiers, et surtout des consultations concernant la mort (genre ou date). C est au genre Inlerrogaliones qu’appartient la géomancie, méthode divinatoii’e d’origine arabe et de nom grec (byzantin?), coiubinaison d’astrologie, d arithmétique et de loterie qui fit fortune au moyen âge et a son nom incrusté dans les vers de Dante {Piirgator., XIX, 4). Elle atout récemment attiré l’attention de M. Paul Meyer {Traités en vers provençaux sur l'astrologie et la géomancie in Romania, XXVI [1897], pp. 225-273) et de M. P. Tannery {C.-R. de V Acad, des Inscr., 15 oct. 1897). Elle consiste essentiellement à spéculer sur des points tracés ou « jetés .. sur le sable (par .< terre » d’où géo-mancie) par des mouvements instinctifs de la main du consultant, celui-ci étant préoccupé et comme possédé de sa question. Ces points pouvaient être interprétés comme figures de constellations — ce qui paraît être le cas visé par Dante — ou semés dans le canevas d’un thème à douze « lieux » ou « maisons », et soumis à diverses opérations arithmétiques (cf. ci-après, ch. xv). L’esprit de la méthode est que, durn homo ex desiderio inquirendi fulura puncta signât, jam ex conslellatione nativitatis suæ ad hoc pervenil ut vis cœli manum suam dirigal, quo nec plura nec pauciora puncta faciel quant ad judicium intenlum sufficianl (Ueisch, Margar. philos., VU, 2, 24). C’est la divination par les actes instinctifs de l’homme (cf. liisl. de la Divination, 1, p. 153-165), parquée dans un cadre astrologique.

DES INTEUUOfiATIONS

conciuTeuce direcle aux oracles qui répondaient à des questions cachetées *. Les raisonneurs, s’il en existait encore, pouvaient penser que l’astrologue avait su s’informer par d’autres moyens ou tirer du client lui-mème, à son insu, les renseignements nécessaires : les gens simples ne pouvaient qu’admirer. Pourtant, il y avait, au choix des croyants, deux explications possibles : l’une, à l’usage des fidèles de l’astrologie, qui attribuait la clairvoyance de l'astrologue à sa science, à sa géométrie et à sa physique; l’autre, à l’usage des âmes mystiques et timorées, qui soupçonnaient là l’intervention des démons et reculaient devant le contact redouté de la magie. Aussi, cette excroissance aberrante de l’astrologie fut-elle classée parmi les opérations magiques et reniée par les astrologues qui tenaient à vivre en paix avec les lois et la religion. Les astrologues de la llenaissance la répudient, en général, comme diabolique autant que dangereuse pour la société, et détournent sur elle les objections ou les anathèmes de leurs adversaires.

Les compilateurs, qui mélangent à tout propos les -/.axap/aî et la génétblialogie, à plus forte raison ne distinguent pas entre les initiatives ou opportunités proprement dites [electiones) et les « interrogations ». La distinction est, en etfet, toute morale : on pourrait la formuler approximativement en disant (jue le client, dans les « élections », consulte sur lui-mème et, dans les « interrogations », cherche à fouiller dans la vie ou la conscience d’autrui. Encore cette ligne de démarcation est-elle bien sinueuse et fuyante. Je crois cependant discerner, dans la masse des recettes transmises, une méthode qui est sinon propre aux interrogations,

1. Cachetées (surtout pour les consultations officielles), ou, ce qui revient au luênie, posées nientalenient, sous la forme : » Réussirai-je à exécuter ce à quoi Je pense? » Voir les chapitres du Cod. Parisin. 2410 : lUpi -poyvwdswî Toü êpwxwvxoç olov TTspt xtvoç Èpwxâ (fol. 116 r.). — flspi xou eixeîv x( Èsxl x6 èptoxwpisvov (fol. in r.). — Ikpl xo'j yvwvai x6v ffuvxuy/âvovxdt aoi xai ôidt iroTa xE-piXaia HJÉXst ipo)xàv (fol. 117 v.). — ’Avaxptcjctî iv. xf,? xtôv àxxÉpwv auyxpâïstoî Ttspl OU xiç spüjxâv poûXîi. — El (ü'pl'Xtp.oç loxxi ô spwxwv es i\ où. — llspl xoü xôv xy-OTtov xou spojxwvxoî yal Ticpl x£ SrsXci èpwxâv (fol. 118 r.). On voit que le sujet tenait à cœur aux praticiens ; ce qui les intéresse, c'est surtout de savoir pourquoi le client consulte, quelle est son intention secrète, et s'ils en tireront profit. Ceci suppose que l'astrologue croit à son art, et ce devait être, en etîet, le cas le plus fréquent. Albohazen llaly (I, 17) emploie un moyen fort simple. Son cabinet étant, je suppose, orienté et les planètes distribuées entre les points cardinaux de la façon indiquée par lui au chapitre précédent, il laisse le client s’asseoir à son gré et se rend compte des intentions de celui-ci d’après la place choisie. C’est encore l’acte instinctif traité par méthode astrologique.

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