Maxim., v. 320-438, pp. 26-35 Ludwich
3. Extrait d’un Déniétrius inconnu : ATipTirpiou irepl ôpauETeuovTuv [Codic. Florent., Appendix, pp. 104-106). 11 peut être de basse époque et avoir conservé des traditions anciennes. Un autre [ibid., pp. 97-99) étudie le meme cas, avec plus de détails et de précision encore, par dill'érentes méthodes, dont une consiste à ügurer le fugitif par la Lune et le maître par le MC. Celui-là sait dire si l’évadé s’est enfui seul, ou à deux ; si c’est un couple, homme et femme; si c’est un eunuque, un hermaphrodite; ce qu’il a volé et l’usage qu’il en fera, etc.
DES INTERHOGATIONS
« Capricorne, dans les premiers degrés du signe, il sera prompte- « ment retrouvé, dans les derniers degrés, au bout de 6 mois; « avec le Verseau, 13 mois ; avec les Poissons, 7 mois. Observe « aussi les planètes à l’Horoscope. Si Saturne l’occupe, tu rédui- « ras la durée à la moitié ; si c’est Mars, au tiers ; si c’est Jupiter, « lu la doubleras; si c ust Vénus, annonce un long temps; si « c’est Mercure, il accorde fuite complète. [II.] Si le Bélier est en « MC., le sujet a lui sans cause ; si c’est le Taureau, à la suite « dune faute; si les Oémeaux, avec hésitation intérieure; si le « Cancer, pour avoir perdu ou gâté (piebiue chose appartenant à « son maître ; si le Lion, sur le conseil d’un autre ; si la Vierge, « décidé par parole ou action ; si la Balance, par crainte et aux « aguets; si le Scorpion, par désir d’une prostituée ; si le Capri- « corne, par torture et frayeur; si le Verseau, par ivresse ; si les « Poissons, à cause des femmes. Observe aussi les planètes en « MC. Si Saturne culmine, c’est par suite de fautes ; si c’est Mars, « pour coups et injures; si c’est Jupiter, fuite sans motifs; si « c’est Vénus, par suite d’accusation et calomnie dans la domes- « licilé [lacune]. [III.] Le Couchant établit le pronostic. Si le « Bélier se couche avec Mars, le sujet sera puni, mais on lui « pardonnera et il s’enfuira de nouveau ; si c’est le Taureau, il « sera mis aux fers ; si les Gémeaux, il sera vendu; si le Cancer,
« il sera délivré par intercession et ne s’enfuira plus ; si le Lion,
« il courra des dangers de la part de méchantes gens et d’ani- « maux féroces; si la Vierge, les dangers lui viendront de lui- « même ; si la Balance, en fuite perpétuelle il tombera dans le « feu , si le Scorpion, il sera son propre ennemi et se Suicidera ;
« si le Sagittaire, il mènera une vie utile ; si le Capricorne, il se « blessera en tombant ; si le Verseau, il mènera une vie utile ; si « les Poissons, il sera réintégré par une femme. Observe aussi « les planètes dans le signe couchant. Si Saturne se couche, le « sujet n’a tiré aucun profit (de sa fuite) ; si c’est Mars, il est sorti « pour mourir par le fer; si c’est Jupiter ou Vénus, il a emporté « avec lui de l’or ou de l’argent ou un vêtement ; si c'est Mercure,
« il a emporté de l airain. [IV.] Le LMC. indirpie dans cjuel climat « il est allé et oii il doit demeurer. Si le Bélier est en culmina- « tion inférieure, le sujet n est pas loin et il se cachera aux « champs , si c est le Taureau, il est en ville, près d'un cuisinier « ou marchand de denrées; si les Gémeaux, il n’est pas loin,
« mais près de la localité ; si le Cancer, il restera dans la ville « même, et c’est un autre qui le ramènera; si le Lion, il est dans « des lieux déserts; si la Vierge, pas loin ; si la Balance, dans les
r.HAP. Xlll. INITIATIVES GÉNÉRALES
« niênies régions; si le Scorpion, hors la ville, en lieux sacrés et « pas loin ; si le Sagillaire, il s’en ira par mer ; si le Capricorne,
« dans des lieux écartés et saints du côté de l'Ouest ; si le Ver- « seau, près des lleuves, pas loin; si les Poissons, sur les bords « de la mer. Observe aussi les planètes en IMG., etc. ».
J’abrège de quelques lignes confuses et peu sôres ce spécimen d’exégèse astrologique. Ce n’est pas, tant s’en faut, un chefd’œuvre : mais il suüit pour nous donner une idée de ce qu’un virtuose eût pu faire, avec les mêmes pièces sur l’échiquier, en introduisant dans l’analyse la considération des domaines planétaires et des rapports de position dos planètes entre elles, c’est-àdire en y déversant tout le mélange de géométrie et d’étiquette (jiie nous avons essayé de trier et de définir (ci-dessus, ch. vii- VIII ) ‘. Avec ces ressources, nul doute que l’on ne pût pousser l’investigation jusqu’aux derniers détails. La même méthode s’appliquait à toute forme de concurrence ou de lutte, lutte deforce ou d’habileté, guerre, jeu, commerce, navigation, recherches à la suite de perte ou de vol, traitement médical même, celui-ci assimilé à une lutte du médecin contre la maladie
Cette excursion à travers les recueils de xaiaoya-:, si courte quelle ait été, risque de nous faire perdre de vue le principe générateur de la méthode, à savoir l’idée que chaque fraction, grande ou petite, de la durée est dominée par une inlluence maîtresse, par un astre j^povoxpàxojp Il a plu aux calculateurs d’opportunités de prendre pour chronocrator perpétuel la Lune et de ne fractionner la durée de sa révolution qu’en étapes de 2 1/2 jours environ, temps que met la Lune à traverser un signe du Zodiaque (sTrégêactç) ; mais il est aisé de comprendre que le
1. Un auteur de pronostics médicaux examine si telle planète tStoôpovcî -fj où • Et pÈv yàp EtT) si? tôtov Tptywvov f, otvtov xt);. [Cod. Florent., p. 124).
2. Voy. dans les Cod. Florenlini (pp. 124-128) une série de pronostics fondés
sur l'hypothèse que l’Horoscope représente le médecin et 1 Occident la maladie. Le malade est en MC., et la médication (.îrepa-£ta) en IMC. Le meme procédé est applicable sTtl itoXeixoùvxwv xal tîXeôvxwv. La recherche des objets volés la fuite de l’esclave est un vol — était un sujet perpétuel de consulta-
tions. Au xu® siècle, le pape Alexandre 111 punit d’un an d interdit clericum qui hono zelo et ex .simplicilate per ustrolabii inspectionem furtum cujusdam ecclesiæ inquisivit (G. Heisch, Marq. philos., VII, 2, 14).
3. Principe que Sérapion déclare universel, sans exception en matière d’opportunités : ’Eni itxowv xûv xxxapywv xwv t,6ti àp/T,v eo/^xoxwv xat xry àp)^fiV [jL£>vXôvxt»v >.a6£rv, 5£T,!T£t TipÛTov auvopàv xàv -itoA£Ùovxa xai 8t£i:ovxa x’a't xèv xfiî wpa? [Horoscope] x-qç xaxqtpyyf.î xùptov £v ottoIok; xottoi; x£X£Ù/aat (Cod. Florent., p- ‘JH)-
CHROISOCRATOKIES ZODIACALES
principe ail pu être appliqué autrement, et de façon à mettre soit le Soleil, soit les autres planètes, sur le même pied que la Lune. La généthlialogie avait accepté, lors de ses premiers essais, les clironocratories solaires, fractionnées par le môme procédé en étapes d’un mois ou douzième de l’année solaire. Ce procédé n’élail plus applicable aux planètes à marche lente, celles dont la révolution dure plus d’une année. Aussi n’est-ce pas de cette façon que furent obtenus les cycles de clironocratories planétaires dont il nous reste à parler et dont un au moins, celui de la « semaine », lient encore une place considérable dans les habitudes de tous les peuples civilisés.
C’est encore aux traditions de l’Égypte qu’il nous faut renouer le til. Nous ignorons si la dodécaéléride zodiacale, dite chaldéenne, dont il sera question au chapitre suivant a jamais été employée à l’état banal et universel. En Égypte, nous savons ou croyons savoir que chacun des 30 décans était à son tour le chronocrator de chacune des 30 décades. Le système eût engendré un cycle annuel, complet et fermé, si l’année solaire avait eu exactement la durée que lui assignaient sans doute les auteurs de la division du cercle en 300 degrés. C’était là l’idéal amjuel se sont attachés quand même les astrologues; car on a vu que, dans leurs calculs concernant la durée de la vie, un degré correspond toujours a une année, ou un jour ou une heure. Les Égyptiens aussi fondaient sur cette estimation leur division en décades et décans. Mais la nature, dérangée peut-être par quelque cause mystérieuse refusait de faire cadrer le mouvement de ses régu-
1. Cf. ci-après, p. 489. Ccnsorinus en fait un cycle universel, mais à l'usage (les (jenetliliaci ; il y a contradiction dans les termes.
2. Voy. le mythe égyptien imaginé pour expliquer la discordance de l'année solaire de .165 jours et de l’année lun.aire de .'3.j5 jours avec l'année supposée piimitive de 360 jours. Seh (Kronos) et .N’etpe (Rhea) ayant procréé cinq enfants (planètes ?) que llhéa ne pouvait mettre au monde ni dans le cours d'un mois, ni dans le cours de l’année, étant envoûtée par le Soleil, Thot (Hermès) joue aux dés avec la Lune et lui gagne cinq jours, pendant lesquels Rhéa peut être délivrée. Ce sont ces cinq jours, qui, retranchés de 360 (puisque la Lune les a perdus), forment depuis lors l’année lunaire, et, ajoutés à l'année (i~ayop.svot), donnent l’année solaire (Plut., fs. et Osir., 12. Cf. Lepsius, Einleit. zur Chronol. d. Aer/ypler, pp. 91-92). 11 y a dans toutes les cosmogonies un accident qui dérange 1 ordre primitivement établi et explique le désaccord entre 1 idéal et la realite. Certains novateurs durent songer à rétablir l’accord en di\isant le Zodiaque en 363 degrés. C’est ce que paraît dire un fragment de Censoiinus . circuli sir/niferi parles CCCLX... sed compensalio in quinque parles credilur adplicari, ut sint omîtes signiferi parles CCCLXV (Censorin. fr. 3, 5, p. 37 Ilultsch).
ClIAP. XIII, — INITIATIVES GÉNÉRALES
laleurs, le Soleil et la Lime, avec celle arilhniélique. Il se peul que les Égypliens aienl laissé courir leurs décades — comme ailleurs les nundines el les semaines — à Iravers leur année de 365 jours, sans en inlerrompre la conlinuilé aux épagomènes. En ce cas, chaque décan arrivail à son lour à êlre « le Seigneur du commencemenl de l’année « ou, en langage aslrologique, le chronocralor annuel L La seigneurie de ce décan superposai l son iutluence spécilique, duranl loule l’année, à celle des seigneurs parliculiers des décades.
En fail, le seul syslème de chronocralories générales que nous connaissions bien, el donl nous ayons à rechercher les origines, esl celui des cycles hebdomadaires ou semaines (éêoogâ; - ÉTrxâÇüjvo; septimnna) ‘L Celui-là n’a plus la moindre allache au Zodiaque el
1. C’est l’opinion de Lepsius {op. ciL, pp. 116-H7 : cf. ci-dessus, pp. 222, 1. 234, 2). Les cinq jours épagoniènes constituaient une demi-décade qui s’achevait avec cinq jours pris sur l’année suivante. Dans le calendrier égj’ptien du Louvre (ap. llrugsch, Thesaur., I, pp. 182-184), les décades donnent lieu à des pronostics concernant les actes d’un dieu local. Su ou Soped, qui produit des etl'ets différents suivant les décades.
2. L’étude de l’astrologie orientale révélera bien des combinaisons dont il
y aura lieu de débattre l’origine. Les Hindous, chez qui on retrouve le Zodiaque grec, avec ses noms grecs, ont une hiérarchie de chronocralories simultanées, chaque signe ou mois étant dominé : 1“ dans son ensemble, par la planète qui y a son oixoç ; 2“ dans une moitié, par le Soleil ; dans l’autre, par la Lune, la position des luminaires alternant de mois en mois ; 3“ par les 3 décans du signe, chacun disposant d’un tiers ; 4“ par les planètes disposées en cycle novénaire, dans un ordre spécial, tantôt descendant, tantôt montant. La semaine a gardé sa construction originelle (J. M. F. Guérin, Aslron. indienne, pp. 80 sqq.). La semaine elle-même n’a pas été à l’abri des contrefaçons. J’ignore s’il faut rattacher à une tradition ou imputer à une fantaisie d’arrière-saison les Kaxapyai xaxà Z-f^vaptov {Cod. F loreiil . , pp . 128-129) qui enseignent la manière de trouver le chronocrator du jour (-oT^eûuv) et celui de l’heure (ôté-rtuv), au moyen d’une série annuelle d’hebdomades partant de la N. L. du solstice d’été (xr,; êv Kapiilvcp ctuvôoou) considéré sans doute comme équivalant au « lever du Chien ». Les chronocrators des jours de l’hebdomade se succèdent dans l’ordre h c? 9 (C ^ O ?? 1 ceux des heures, dans l'ordre h C ?? c? O 9 ^ partir du •koT^ôuwv, qui domine toujours la première
heure. On intéresse aussi les signes dans la combinaison, en les considérant comme fiefs planétaires changeant d’heure en heure. Le signe où se trouve réellement (xaxà itâpooov xt,v xotj|xixf|V) le Siéteuv est adjugé à Saturne; le 6® à partir de celui-là, à Mars; le 4“ à partir du précédent, à Vénus; le 2« à partir etc., à la Lune; le etc., à Jupiter; le üo au Soleil; le 3® à Mercure, l’ordonnance suivant ici la série des tioTvsuovxsç. Soit, dit l’auteur, m jours écoulés depuis le aûvo5oî du Cancer, 4» heure. On divise par 7, reste 2. Le TtoXsûwv de ce 2« jour est J*, et le Siéitwv de la 4« heure est 'if. Comme 'if est actuellement en V, ce signe est adjugé à I^, et les autres planètes, par le chassé-croisé sus-indiqué, se trouvent logées, en i, 9 en )ô,C en ^,if en <$)., © en -(->•
CHRONOCRATORIES PLANÉTAIRES
ne connaît d’autres patronages que ceux des planètes. Puisqu’il a survécu à l’astrologie et s’est incorporé aux religions des races supérieures, il y a encore un intérêt actuel à en comprendre l’économie.
Il importe de distinguer tout d’abord entre la semaine considérée comme période de sept jours et la semaine astrologique \ qui attribue le patronage de chacun des sept jours à une planète déterminée. La première, d’origine chaldéenne sans aucun doute, nous apparaît au début même de la Genèse ' c’est la mesure de la durée de la création dans la cosmogonie hébraïque. Elle est astrologique aussi, en ce sens que le nombre des jours de la période est réglé soit sur le nombre des planètes, soit plutôt sur la durée approximative des quatre phases lunaires, et représente probablement un accord jugé mystérieux et divin entre ces deux données astronomiques ^ Il se pourrait môme que les Chaldéens 1 eussent pourvue de patronages planétaires disposés dans un ordre invariable, comme ceux de la semaine actuelle ; mais nous
et ^ en ss. Inutile d'essayer de comprendre : c’est un jeu de cartes que l’on bat ad libitum. Ici, nous sommes renseignés sur la dose d’intelligence des auteurs du système. Ils déterminent la position do l'Horoscope par celle du Soleil, en supposant entre les deux autant de signes que d’heures (30» au lieu de 13° par heure, et sans souci des dvatpopai). Ainsi, le Soleil étant en kï, l’Horoscope de la 4» heure est en y !
1. Distinction déjà laite, et très bien faite, par Letronne [Œuvres choisies, 2“ série, I, pp. 232 et 452), qui insiste sur l’origine purement lunaire de la semaine orientale, simple période de sept jours.
2. On ne compte plus les perfections du nombre 7 [qui numerus rerinn omnium fere nodus est. Macr., S. Scip., I, 5) et la part qui lui revient dans l harmonie du monde. Varron (ap. Gell., 111, 10) avait copieusement disserté sur le sujet in primo libro qui inscribitur Hebdomades : Philon [De opif. mundi, 30-43) met toute sa science de pythagorisant à glorifier ce grand arcane cosmique, qu il retrouve dans le ciel (sept cercles, sept planètes, sept étoiles dans les groupes régulateurs, l’Ourse et les Pléiades, etc.), dans l’âme humaine, dans le corps humain (cf. ci-dessus, p. 324, 2, et tous les commentaires du Timée). L’origine astronomique de la semaine dérive plutôt des phases de la Lune, connues de tout temps, (jue de la notion plus récente des sept planètes et de leurs chronocratories. Aristide de Sainos (ap. Gell., III, 10), Philon (Le, 7. nlleqor., I, 4), Macrobe [S. Scip., 1, 5, 48 sqq.) insistent sur Id division du mois en quatre septénaires, encore qu’elle fût d’exactitude approximative et décidément trop courte pour le mois synodique (Anon . , p. 81). Le nundinum romain (cycle de 8 jours) a été sans doute aussi une mesure du même genre, mais trop longue (les Kalendes, Nones, Ides et nundmae marquaient à l’origine les quatre phases de la Lune dans le mois lomain). Aussi les séries hebdomadaires ou nundinales finirent-elles par courir indépendantes du mois, qui avait été leur raison d’étre, et l'hebdomade eut désormais comme fondement logique le nombre des planètes.
ne savons d’une façon positive ni s’ils l’ont fait, ni dans quel ordre ils auraient rangé leurs planètes*.
C’est du même principe, mais autrement appliqué, et d’un autre pays que paraît procéder notre semaine planétaire, produit tardif et complexe de l’astrologie grecque travaillant sur des données chaldéennes convenablement rectifiées et des traditions égyptiennes qui n'avaient d’abord rien de commun avec l’astrologie. L’Égypte est la véritable patrie de tous les systèmes de chronocratories. Au cours des siècles, les prêtres égyptiens avaient eu le temps de perfectionner leurs instruments de domination, de diviser et subdiviser le temps en parcelles dans chacune desquelles était comme incrusté un titre de propriété divine, un patronage qu’il fallait se concilier par des prières et conjurations magiques si l’on voulait que l’initiative prise à un moment donné fût opportune. Fécondée par l’intérêt personnel elle loisir, leur imagination dut produire divers systèmes de chronocratories régissant les années, mois, décades, jours et heures : les uns réguliers et relativement intelligibles, les autres irréguliers, inintelligibles et d’autant plus prisés comme arcanes révélés^; les uns fixes par rapport à l’année et se déplaçant seulement avec elle dans l’intérieur de la période sothiaque de 1461 années vagues, les autres, comme celui des décades, mobiles dans le cadre de l’année. Tous ces chronocrators n’étaient pas nécessairement des divinités sidérales, susceptibles d’être identifiées avec des étoiles ou des planètes. Les monuments égyptiens nous ont con-
1. Nous ne connaissons pas (cf. ci-dessus, p. 41, 1) la semaine chaldéenne; mais, en considérant les Hébreux comme héritiers des traditions chaldéennes, nous pouvons croire que les jours étaient, chez les Chaldécns, comptés en séries septénaires et pourvus de chronocratories planétaires. Letronne {Œuvres, IF série, 1, p. 493) objecte en vain que les Chaldéens ne comptaient que cmq planètes proprement dites : c'est jouer sur les mots. Un passage du prophète Amos — le plus ancien texte peut-être de la Bible (viii® siècle a. Chr.), que M. A. Carrière signale à mon attention — nous apprend que les Israélites, ou une partie de ce peuple, avaient adoré dans le déseit la planète Saturne {Kaiwan — cf. ci-dessus Kaimanou et Kaivan, pp. 41 et 196, 2 -que la Vulgate traduit par imaqinem idolorum veslrorum, sidus dei vestri. Amos, V, 26). Ce culte avait pu s’associer ou se confondre en Égypte avec celui de Set-Typhon (ci-après, p. 483, 3) ; mais, en tant que culte planétaire, ils avaient dû l’apporter de Chaldée. Le jour du Repos (Schabballi) resta le jour de Saturne, planète que les rabbins du moyen âge appellent « sabbatique ».
2. Le système des opta, qu’on nous donne comme bien égyptien (ci-dessus, pp. 2Ü6 sqq.), pourrait bien être une adaptation ou imitation astrologique de quelque éph’éméride de ce genre, indi((uant la répartition de patronages divins dans l’année idéale de 360 jours.
CYCLE DE LA SEMAINE PLANÉTAIRE
servé des tables d’heures, diurnes et nocturnes, — douze dans chacun des deux groupes, — qui sont personnifiées à titre autonome, sans nom d’astres protecteurs h Mais le temps est toujours mesuré par l’horloge céleste, et les astrologues à la recherche de réalités visibles n’ont eu qu’à remplacer ces Meures abstraites par des planètes pour aboutir enfin à la construction de la semaine astrologique, construction harmonique dans laquelle entrent comme uniques matériaux les nombres astrologiques par excellence, 7 et liJ.
* Que l’on se représente un astrologue, Grec d’Ëgypte ou Égyptien hellénisé, connaissant l’ordre des planètes tel que l’avait établi la science grecijue d’après les distances des planètes à la Terre, — ordre garanti par l’adhésion d’Ilipparque et, plus tard, de Ptolémée, — ({ue l’on se représente, dis-je, cet astrologue se proposant de répartir entre les planètes les chronocratories des heures du jour et de la nuit durant une période de sept jours. 11 ne peut hésiter sur le commencement de la série. C’est le Soleil qui apporte le jour : la première heure du premier jour lui appartient. A partir de là, la série descendante appelle successivement Vénus, Mercure et la Lune. Saturne commence par le haut une nouvelle série descendante, jusqu’à épuisement des 108 heures contenues dans les sept jours. Le chronocrator de la première heure de chaque jour devient par surcroît le chronocrator de la journée entière. La semaine astrologique se trouve ainsi constituée, sans variantes possibles, telle que nous l’avons encore aujourd’hui, ainsi qu’il appert du tableau suivant (p. 480)
Un coup d’œil jeté sur ce tableau révèle un arcane qui dut
1. Elles sont elles-niènies des symboles d’astres, et, comme telles, figurées le plus souvent avec un disque (Brugsch, Thés., 1, pp. 55 sqq.). Cf. le tableau des Heures tiré des tombeaux de Hamsès VI et Ramsès IX {ibid., pp. 185 sqq.). Saumaise (p. 251) ne dit pas à ([uel auteur il a emprunté la liste grécoégyptienne des XII heures, qui sont, sans distinction de jour ou de nuit :