CHAP. XIV
INITIATIVES GÉNÉTIILIAQÜES
comme dans la dodécaéléride zodiacale, par la superposition des chronocratories. Dans ces conditions, il ne pouvait plus être question de suivre des données astronomiques : nos astrologues n’en ont été que plus à l’aise pour fabriquer l’étrange mosaïque dont nous allons tâcher de donner une idée.
Nous prendrons pour guide principal, faute de mieux, Firmicus *, qui avait écrit un traité spécial sur la matière et qui n’en inspire pas pour cela plus de confiance, car on le surprend insérant, au beau milieu de son exposé, un fragment détaché du système de Manilius
Le coryphée de la chronocratorie planétaire aurait dû être, ce semble, la planète qui a mesuré la longueur de la vie, la planète « œcodespote de la géniture » ; mais « les Grecs » en ont décidé autrement. Le chronocrator initial, celui qui met en branle la roue du Destin, est le Soleil dans les génitures diurnes, la Lune dans les génitures nocturnes Ce chronocrator initial garde l’hégémonie durant 10 ans et 9 mois, autrement dit, 129 mois.
1. De lernporum domino (Firni., II, 26 Kroll). — De distribulione lemporum (II, 27). — De anni divisione (II, 28). — De a7inis climaclericis (IV, 20). — Temporis divisio chronocratori débita (VI, 33 Pruckner) et la série des Dea'ela [Satiu'ni, Jovis, etc.] cum temporum dominus fuerit (VI, 34-40 Pr.).
2. hi sijif/ula)‘i libro qiiem de domino qeniturae et chronocratore ad Mai'inum nostrum scripsimus (IV, 20, 2 Kroll). Il répète à propos des chronocratories son éternel refrain : omnia enim qiiae nobis proveniunt bona vel mata ista temporum ratione colligimus. Fines etiam vitae sic invenientur et omnis qeniturae substantia et totum quod stellarum. ordo decrevei'il GL 27, 2). Firinicus est, en astrologie, la terreur de qui cherche à comprendre. Coiuine entrée de jeu, il confond le chronoa'ator avec le doinmus qeniturae, ou plutôt il est impossible de savoir comment et en quoi il les distingue, en face d’expressions comme celles-ci : quaerendus domimis qeniturae, ut per hoc invento vitae spatio et a cliro7iocratore divisa. .. (IV, 20, 2) — a7i te7nporu77i et qeniturae do7ninu7n be7iivolae slellae... respicia7it (IV, 20, 4) si te77ipo7'U77i etia7n et do7ninu77i qe7iiturae vide7'i7it (IV, 20, 5). Il flotte évidemment entre deux systèmes différents, et, pour plus de sûreté, les suit tous les deux. Du reste, il lui était difficile de se reconnaître dans la logomachie régnante. Les partisans de Ptoléniée appelant le chronocrator initial àtseTTi^, àcp£xix.ôî àaxVjp fxôiv ypôvwv, èxü)v, etc.) ou otxo8£CTTr6xTii; xfiî ໣ff£wî (cf. Salmas., pp. 266 sqq. 279), et tout le monde usant à tout propos de ces insupportables synonymes à tout faire, oivtoôEffirôxT,; et xûp'.oç, on ne sait plus où placer le ypovoxpâxwp xaOoXtxôç (=ô xaOoXov olao5£cruôxTiî) et les chronocrators x'jxXtxoi, p.£pixoi, etc. (cf. Salmas., p. 287).
3. Firmic., 11, 27, 3 Kroll. Voy. les textes cités ci-dessus (pp. 489, 6. 490, 2).
4. Ch7'onoc7'ato7'em dixenmt Gi'aeci te.7nporu77i do7ni7iu7n, sed i/iitiu7n te7npo- 7'um i/i diur/iis qe7iituris Sol accipit et cetei'is dividit, vi 7ioctur7iis Lima; 7iec aliam rationem admittas, quia haec ab 07nnibus probatur (Firmic., Il, 26, 1 Kroll; id., IV, 1, 8). Firmicus voudrait supprimer les autres systèmes.
CHRONOCRATORIES PLANÉTAIRES
Pourquoi 129 mois? Parce que c’est la somme des mois qu’il a à répartir entre les sept planètes \ — lui-même compris, — chacune recevant un nombre de mois égal au nombre d’années qui représente la durée de sa « période propre » (loîa Ttcptoooc;), lequel nombre d’années détermine la cote des années (ou mois, ou jours) de vie départies par elle quand elle est maîtresse de la géniturc ^ \ oilà une raison admirable et de nature à arrêter dès le début sur la pente des objections les esprits difliciles. En effet, la somme des périodes propres (O 19 -f ((^ 25 -f 1^ 3Ü -j- 12 -j-
cf 13 “h 9 ^ “h ^ 20) donne bien 129 : c’est comme une cotisation des corps célestes récupérée en honneurs, chacun prélevant sur la masse la somme de mois qu’il a fournie, mais dans un ordre qui na rien voir avec l’ordre naturel des distances ou l’ordre des sexes ou celui des sectes (alpiae^).
Donc, le Soleil, cbronocrator initial, — supposé le cas d’une géniture diurne, — garde pour lui les 19 premiers mois à titre de cbronocrator particulier; après quoi, sans se dessaisir de la chronocratorie générale du cycle entier (ypovoxpàxwp xaOo),-.-/.ô<;), il cède la chronocratorie particulière à la planète qui vient après lui en suivant 1 ordre des « lieux » dans le thème de la géniture et la chronocratorie passe ainsi de planète en planète jusqu’il consommation du cycles Le cycle de 129 mois écoulé, le Soleil abandonne la chronocratorie générale du deuxième cycle à la planète qui lui avait succédé dans la première répartition, et cette répartition recommence dans le même ordre à partir du nouveau cbronocrator général. De cetle façon, on sait toujours, étant donné le nombre de mois écoulé depuis la naissance.
1. Les Arabes ajoutaient comme huitième planète la Tête (géniture diurne) ou la Queue (gén. nocturne) du Dragon, avec une période {ferdaria ou fridaria) (luelconque : 3 ans, par exemple, pour la Tête, et 2 ans pour la Queue, années représentées par autant de mois.