‹ L'astrologie grecqueChapitre 289 sur 360 · DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC

iVous nous retrouvons en présence de deux' systèmes astrologiques que nous connaissons, de deux conceptions distinctes qui, comme toujours, devaient se pénétrer, se défigurer l’une par l’autre et s’infuser, ainsi obscurcies, dans l’innommable mixture qui constitue Tiatromathématique. Kxaminons-les, en commençant par la plus simple, l’application des initiatives générales ou universelles à la médecine.

On rencontre dans tous les traités de xaxapya? au moins un chapitre intitulé soit « des Maladies », soit « des Opérations chirurgicales ». La Lune est d’ordinaire l’astre indicateur. Elle passait pour avoir une influence immédiate sur le corps en général et particulièrement sur les humeurs, soumises à une sorte de flux et de reflux avec le cours et le décours de la Lune '. Le pronostic — il n’est pas question d’autre chose jusqu’ici — se tire de la position de la Lune soit par rapport aux signes du Zodiaque, soit par rapport aux planètes. Quant il s’agit de maladies, c’est au début, au moment où le malade prend le lit, que se porte le pronostic concernant la gravité, la durée, l’issue de la maladie

La combinaison de la Lune avec les signes est relativement simple, et les astrologues qui distinguent les « jours » ne la compliquent pas beaucoup, attendu que la Lune ne reste pas plus de deux jours dans le même signe. En règle générale, chaque signe menace la partie du corps à laquelle est attaché son patronage dans la mélothésie. Ainsi, les gens qui tombent malades quand

l’astrologie. 11 cite le cas d’une hernie opérée par un chirurgien Tauro ascen- (lenle, cujus doinini Venus et Lima eo tempore infortunati eranl. Cinq jours après, le patient était mort; comme lui, Pruckner, l’avait prévu {Praef.). Cardan (p. 380) raconte que, atteint de polyurie, à l’âge de trente-six ans, par suite d’un climatère saturnien, il serait mort s’il avait écouté les gens, ignares en astrologie, qui voulaient traiter par des réfrigérants une affection causée par le froid de Saturne.

1. 'Voy. ci-dessus, pp. 91. 109. 288. 293, 1. 427. En général, ri •st'Kryr] ÔTjAoî xà xoü (joj[xaTOî, et en particulier, les ’jypoxT|-£5 xüv ciiotxâxwv croissent jusqu’à la P. L. (Ps.-Ptol., Cenliloq.i 61 et 56). .Vüxt, yip, wî rroXTiâxi; £Îpf,xap.£v, xoü rtivxo; swpLaxôî £oxi x'jpia (Anon., p. 140). Genliles credebanl ex Sole habere spiri-

lum, ex Lima corpus (attribué à S. Luc, Theodor. Priscian. Addit., p. 463 'V. Rose). Quand même, l’entrée du Soleil dans les signes indiquant simplement les saisons, les astrologues dédaignent et laissent à la médecine vulgaire ce genre de considérations.

2. Voy. Maxim., VI, D£pl voawv, v. 141-273 (pp. 15-23 Ludw.), et l’analyse (pp. 87-89). Voici le précepte, sous sa forme la plus générale, théorie et pratique : £'^£xisc'.v O’jv 6£Î xî-,v fipÉpav xat xQ.! wpav xf,; xaxay.Aio£wî, xal irovopav xôv xôajjLOv, xrüî Siax£Ïxa'. ; /wplî yip xf,; xoopLixf,; a'jp-a6£ia; xot; à'.<9p(ÔT:o’.; oôôèv £-:ytv£xai (Ilerm. Trism. ap. Ideler, 1, pp. 396 et 440).

la Lune est dans le Bélier ne courent pas de danger, à moins qu’ils ne soient céphalalgiques. Le Taureau est bénin aussi, sauf pour les angines ; comme le Cancer, sauf pour les maladies de poitrine ; ou les Poissons, sauf pour les podagres. Outre la correspondance des signes et des parties du corps, il y a aussi à considérer le tempérament du signe. Le Verseau, par exemple, n’est dangereux qu’en cas d’hydropisie. L’astrologue établit un pronostic spécial, à chaque signe, pour les accouchements prématurés, classés parmi les maladies et rarement sans danger, toujours mortels dans la Balance, qui sans doute ne tolère pas les erreurs de compte. La durée des maladies se préjuge principalement d’après l’àvatpopà des signes, les uns à marche rapide, les autres à marche lente L Les règles d’ailleurs ne vont pas sans exceptions capricieuses : tel signe, qui est favorable le premier jour, est dangereux le second, ou inversement.

Par rapport aux planètes, la Lune n’est considérée que dans ses contacts (duvatfa-!). Il va sans dire que, avec Jupiter, Vénus ou Mercure, elle allège et abrège les maladies, qui deviennent douloureuses et interminables avec Mars et Saturne Pour les avortements, le contact avec n’importe quelle planète est fâcheux : il vaut mieux que la Lune coure à vide (x£voopo[jtt'a)

Le chapitre de la chirurgie * est consacré presque exclusivement aux contre-indications. Il ne faut faire d’opérations ni quand la Lune est dans les signes tropiques, ni quand elle est dans le Taureau, le Capricorne ou la Vierge ni quand elle est

1. C’est là pour ainsi dire un principe de sens commun en astrologie savante. Pourtant, Maxime ne paraît pas en avoir une idée bien nette, et même il nie la règle en disant que le malade qui se couche dans le premier jour des Gémeaux sera longtemps éprouvé, tandis que celui qui tombe au second jour sera guéri au bout de trois jours. Sans doute afîaire de degré, de sexe, de plein ou vide du dit degré, d’après un système quelconque (cf. cidessus, p. 235). Cependant, il place des maladies qui deviendront chroniques — à moins qu’elles ne passent tout de suite! — dans la Vierge et la Balance, les signes PpaÔuavâ9opa par excellence.

2. Il faut dire que Saturne et Mars sont moins méchants quand ils sont dans leur ai'peat?, le premier à l’Orient, l’autre à l’Occident : Tà toû àvaxoXixoü àjJpiàuTO'J OÙ pXotTCT£t, TOffOÛxov ô Kpévoç, wa-itep o65è ô ’ApT^ç x6v 6uxtxôv (Ps. Ptolcm., Cenliloq., 92). Quelle langue! On peut aussi bien comprendre « pour un malade oriental », etc.

Page 1