CHAP. XV
Mais, en dépit de tous les raffinements, on ne va pas au fond des choses avec les xaxap^a' universelles. Étant toutes à tous, elles ne permettaient pas d’instituer un diagnostic et une thérapeutique propres à un cas spécial, à un tempérament particulier. Interprétées avec discrétion, elles ne dépassaient guère le domaine de l’hygiène banale, où elles rencontraient la concurrence d’une foule de dictons populaires*. Le fait d’observation courante que, de deux individus tombés malades ou opérés en même temps, run guérit et l’autre meurt, prouvait aux plus obtus que l’état présent du ciel ne suffisait pas à établir le pronostic. Ce raisonnement, irréfutable dans sa simplicité, obligeait les astrologues à se rejeter du côté de la généthlialogie. La combinaison des y.aza.pjjxi et de la généthlialogie sous forme de chronocratories prenant leur point de départ dans le thème de géniture pouvait très bien être utilisée pour fixer les opportunités médicales; et elle l’a été en fait, mais enchevêtrée avec d’autres considérations et devenue comme une théorie à part, la théorie des climatères (y. \ tfjLaxTŸipei; - xXip.otxTVjp txol evtauTot OU OU I, [j-spai OU wpai).
Celle-ci est issue de la collaboration des médecins, qui avaient fait de l’astrologie sans le savoir alors qu’il n’était pas encore question de l’influence des astres, et des astrologues, qui tenaient à incorporer à leur art des traditions médicales jouissant déjà d’une grande notoriété.
Quand on a lu l’ouvrage de Saumaise sur la question, on est excusable de ne plus savoir au juste ce que c’est qu’un climatère. A force de récuser toutes les définitions et de retoucher les siennes, de coudre les unes aux autres les digressions et les citations et d’attirer ainsi dans son sujet l’astrologie tout entière à l’état chaotique, l’estimable érudit fait crouler sur la tête du lecteur l’édifice qu’il avait promis de construire. De par l’étymologie, le climatère est un degré d’une échelle (-xX^iaa;) un « échelon » dangereux, noté d’avance comme pouvant plier ou même se rompre sous le pied qui s y pose au moment marqué par le Destin. Saumaise raye de la liste des climatères l’échelon qui se rompt, parce que le propre d’un degré est d être une transition
1. Les astrologues ont dû accommoder à leur façon quantité de superstitions antérieures concernant l’hygiène ; ce n’est pas de pure tradition astrologique que vient, par exemple, le conseil de ne pas endosser de vêtements neufs quand la Lune est dans un signe « solide » — surtout le Lion — ou a la Nouvelle et à la Pleine Lune [Centiloq., 22; C. Aphorism., 82).
2. K).r[jia|, de xXtvw, parce que le profil d’un escalier est oblique. Pline
traduit scansiZi annorum lege occidua qiiam climacteras appellant 161).
THÉORIE DES CLIMATÈRES
et qu’un degré qu’on ne franchit pas n’est plus un degré, mais lin terme. Les anciens ont donc tort, suivant lui, de parler de climatères « mortels »; il n’y a que des climatères plus ou moins dangereux L Néanmoins, le calcul des climatères admet toujours, à un climatère dangereux, la possibilité d’une crise mortelle, de sorte qu il porte à la fois sur les climatères proprement dits et les termes qui sont reconnus après coup n’être pas des climalères. C’est ce que Saumaise appelle éclaircir les questions.
Il fait œuvre plus utile en distinguant les climatères astrologiques des époques « critiques » ( xp-'cnpo- èvtauxof, gv/E;, r,iJ.ipou), que les médecins prévoyaient dans la marche des maladies à périodes connues, et cela, avant toute intrusion de l’astrologie chaldéenne. La différence est triple. Le pronostic des « crises » médicales ne s’applique qu’aux maladies, se fonde sur la nature même des maladies ou sur les propriétés des nombres pairs et impairs, et prévoit aussi bien les crises salutaires que les autres. Le pronostic des climatères se déduit de calculs astrologiques, ne prévoit que des dangers et s’applique à toute espèce de dangers, y compris ceux qui menacent la fortune, la réputation et autres biens de l’existence Saumaise a pour lui des textes où se trouvent visées en bloc et confondues des théories astrologiques différentes qu’il ramène de force à l’unité. Il ne distingue pas assez de ce côté ; et, d autre part, en élargissant la différence entre époques critiques et climatères, il ne s’aperçoit pas que les astrologues n’ont inventé leurs climatères que pour trouver des raisons astrologiques aux époques critiques des médecins et s’emparer du système.
^ 1. Saumaise s'inspire ici des théories de Ptoléraée (ci-dessus, pp. 415-419 et 501-505) et surtout de son scoliaste, lequel distingue de l’civatpsatç ou mort les climatères, d une part, d’autre part, les malaises passagers (itapoStxal d7)5iai), réservant le nom de x>.i p.axTf,p£; pour les crises qui amènent -Isîaxoi xaxi (Anon., p. 133). Cf. Salmas., p. 483. Ptolémée [Telrab., 111, 12, p. 344 Junctinus) ne dit qu’un mot en passant des climatères ou rencontres fâcheuses semées sur le chemin de la vie (quadrant du Zodiaque), xâ; xe àva-.pExtxàç xat xà; xXt(xaxx-opixàç xal xà? ôtXXwî TrapoStxdî — xXt [j.axxf,p a; [j.£yiXouî xai è-taœaXeïî, juste de quoi montrer qu’il connaît le sujet.
2. A. Celle dit, en effet, d’après Varron : pericula quoqiie vilae fortunarumqiie hommum, quae climacteras Chaldaei appellant, gravissimos quosque fieri .seplenarios {Ge\[., 111, 10, 9). Valens a des séries de climatères visant le corps, l'ame, la fortune, les entreprises, etc., avec des points de départ (xXf.oot) diilérents, selon le système de la Siaipsaiî /.pévtov (ci-dessus, p. 502). Je ri’en persiste pas moins à croire que, comme les époques critiques des médecins, les climatères ne visaient que la santé; et c’est pourquoi j’ai évité d'en parler dans les autres chapitres.
Hippocrate et ses disciples enseignaient qu’il y a, dans le cours des maladies, des jours indifférents et des jours critiques ou « générateurs » d’effets (yôvtiJiot), et qu’une maladie ne se termine jamais, par mort ou guérison, qu’en un jour actif Us dressaient donc des listes de « jours critiques », et, pour les maladies à marche lente, de mois et années critiques. La répartition des années critiques, sous l’influence de traditions préexistantes et de spéculations pythagoriciennes , tendit à se régulariser en périodes septénaires ou novénaires comptées à partir du début de l’existence, les mêmes que nous avons déjà rencontrées à mainte reprise. Le passage d’une période à l’autre passait pour être critique, et, comme l’idée dominante était ici l’idée de changement, il en résultait que les années critiques avaient chance d’être plutôt salutaires pour les malades et dangereuses pour les gens bien portants. Comme les Pythagoriciens attribuaient une énergie particulière aux nombres carrés, les partisans du comput septénaire redoutaient particulièrement la 49'" année, elles partisans du novénaire, l’année 81. Des éclectiques « égyptiens » — on sait qu’il n’y a pas de Grec plus Égyptien que Pythagore — imaginèrent de combiner les deux systèmes en marquant l’année dangereuse par excellence au point de rencontre, à la 03® année, qui était critique à la fois comme septénaire et novénaire (7X9= 63). Cette année devait être, pour la majorité des humains, l’échéance mortelle ; c’était celle qui « brise les hommes »
(àvSpoxX aç - àvSpoxXaaTTjç) ^ .
Ce système était né et pouvait rester indépendant de l'astrologie : c’était une raison de plus pour l’incorporer à l’astrologie
1. On comprend la puissance des théories mystiques en voyant Hippocrate persuadé que les jours impairs sont seuls actifs, et le septième plus que les autres : znide apparet, ut in morbis dies septimi suspecti sunl et xplat[xoi dicuntur, ila per omnem vilam septimum quemque annum periculosum et velut X P i CT i[xov esse et climaclericum vocitari (Censorin., De die nat., 14, 9). Hippocrate trouvait moyen de distinguer dans l’année sept saisons ainsi réglées : deux par le lever et le coucher des Pléiades ; deux par le lever matinal et vespéral d’Arcturus ; une par le lever du Chien ; les deux autres par le solstice d’hiver et l’équinoxe de printemps. On rencontrerait encore aujourd’hui, dans les dictons populaires et jusque dans les livres de médecine, des traces de la tyrannie mystique des nombres, surtout des septénaires. Plus d’un contemporain croit encore, comme Régnier, que « change la Nature | De sept ans en sept ans notre température » {Sal., V, v. 109-110).
2. ’AvSpoxAôtî (Scalig., p. 266 — àvSpoxXâCTTfiç, Vett. Valens, ibid.) ou àvSpoxXâî (Salmas., pp. 97-98) de ofv6pa xXiu. llaque primum climactera annum quadraqensimum et nonum esse prodiderunt, ultimum autem oclogensimum et unum ; medium vero ex utroque permixtum anno tertio et sexagensimo, vel quem
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en passe de devenir la science universelle. Il ne faut pas songer à fixer une date, même flottante, à cette intrusion de l’astrologie dans des spéculations physiologiques et mystiques* : nous aurons
assez fait en notant les points de suture et en suivant la filiation des idées.
L’astrologie bornée aux xatap/ai' universelles pouvait s’ajouter à tous les systèmes de dates critiques, mais non pas se les approprier ou les remplacer. Le client qui venait consulter un astrologue de cet acabit pour savoir s’il échapperait ou non à une échéance fatale avait pn être averti simplement par le compte de son âge. La généthlialogie seule était capable de reprendre le problème et de substituer aux procédés mécaniques des pythagorisants des méthodes à elles. Ces procédés avaient, du reste, un trait commun avec la généthlialogie, le point de départ de
hebdomades novem vel seplem enneades conficiunl. Système éclectique, merveilleusement agencé. Le comput septénaire étant appliqué au corps, le novénaire a l’ame {plerique duos istos numéros subliliter dicreverunt, dicenies sepleiiarium ad co7yus, novenarium ad animam pertinere : ceci prouvé par le nombre des Muses), l’année 63 menaçait les deux ensemble (Censorin., De die nat., 14, 13-lS). Les septénaires et novénaires antérieurs à 49 ans ne sont plus des chmateres : la période dangereuse va de 49 à 81 ans, ayant pour étapes les produits de 7 et les produits de 9. Firmicus lui-méme comprend qu’il y a a un système indépendant de sa généthlialogie et même des chronocratories qu il dit avoir exposées dans un traité spécial : Sane extra ceteros climacteras etiam sephmi et noni per omne vitae tempus multiplicata ratione currentes naturali quadam et latenti ratione variis hominem periculorum discriminibus semper afficiunt, unde LXIII annus, quia utriusque 7iumeri summam panier excipit, androclas appellatus est. - Hac ex causa ab Aegyptiis >^^\oclas appellatus est quia omnem viri substantiam (c’est-à-dire le corps
vpnf"' ^ Néanmoins, Firmicus
eut que 1 astrologue recherche, à ce moment redouté (sans doute au début
où est la Lune (méthode des xavatpyat universelles), quel est
eéniturr^'rr'-siM-^^^'’^*' généthliaques) et le « maître de la
génit ure .> (généthlialogie), c’est-à-dire applique trois méthodes qui, pour cet
esprit incapable d’analyse, n’en font qu’une : inspicere debemus an tempore ipso quo pencuh discrimen immineal, et Lunam et temporum et genilurae dominum bemvolae stellae aequa radiatione respiciant.
littérature astrologique étant composé d’ouvrages pseudép graphes, je n attache aucune importance à la citation que fait Valens d’une
(Cf- Salmas., pp. 461-462). Critodémos e nnn nlr pU.« anciens astrologues grecs : sa signature était bonne à
est cènl 1 nouveautés. L’autorité généralement invoquée
est celle de Petosiris, que Valens analyse dans le chapitre spécial Jîsot
*^*^‘i"ct du Tzspi xXtua;.
^ 6, s £ oixa Sixrt; y.cci evvEaSf/f,? (fol. H verso - 12 r.) Péto-
ns acceptait les cliinatères arithmétiques, notamment le fameux ani^oclas dont 11 se pourrait même qu’il fût l’inventeur. ’
ClIAP. XV. — LA MÉDECINE ASTROLOGIQEE
loiiles les supputations étant le moment de la naissance. Les généthlialogues, cherchant à créer des « climatères » qui fussent dépendants du thème de géniture et indépendants de l’arithmélique pure et simple, pouvaient arriver au but de plusieurs façons, suivant la méthode qu’ils employaient pour calculer la durée de la vie. Nous avons montré plus haut comment le cercle de la géniture, convenablement rétréci, avait constitué le parcours de l’existence et comment y avaient été disposées des étapes dangereuses ou mortelles suivant les cas. Ces étapes sont devenues les climatères généthlialogiques, inégalement espacés, et par conséquent affranchis des calculs pythagoriciens h Les généthlialogues qui faisaient dépendre la durée de la vie de la planète maîtresse de la géniture, ou de cette planète et d’un signe collaborant, avaient vingt moyens pour un d’y intercaler des époques climatériques Eniin, la méthode si touffue des chronocratories, avec ses périodes inégales, et toutes les façons astrologiques de scander l’existence en étapes irrégulières, fournissaient des prétextes à climatères de toute sorte. Aussi l’agencement des climatères est-il un merveilleux casse-tête, plein d’arcanes et vide d’idées, chez les éclectiques qui ne veulent rien perdre des secrets de l’art et s’exténuent à faire entrer les climatères astrologiques dans les cadres de l’arithmétique pythagoricienne. Je ne commettrai pas l’imprudence d’entrer, après Saumaise, dans cette mêlée de chiffres où on cherche en vain un principe directeur. Au moment où l’on croit avoir affaire à un mathématicien,
1 . Saumaise a beau répéter ; alius içiitur "k 6 y o <; x X t [j. a x t -ri p i x 6 î, ahus TÔiv Itôôv xf;.; CwTiç (p. 97) et citer à tout propos le docteur en climatères, Vettius Valens; je persiste à croire que sa distinction n’est qu’une confusion de plus, et qu’il est bel et bien noyé dans le fatras de ses auteurs. Je suppose même que le nom de xXifxaxxrip est venu de la méthode Pétosiriaque (ci-dessus, pp. 412-413) qui, enfermant la durée de la vie dans le quadrant occidental du cercle de la géniture, la considérait comme un déclin (àitox'Xiij.at), une descente du MC. à l’Occident, descente s’opérant par étapes climatériques. Cest là, ce me semble, ce que voulait dire l’auteur à qui Pline emprunte son étrange définition des climatères : scansili annorum lege occidua, giiam climacllras appellanl (Plin., Vil, § 161). On s’explique ainsique le mot x>.t-
soit, comme le veut Saumaise, exclusivement astrologique ; au sens banal d’ « échelon », il conviendrait à tous les systèmes d’étapes.
2. Soit en prenant les plus courtes périodes de la planète, ou en adoptant comme diviseur la somme des opia de cette planète dans le signe ou les signes collaborants et comme dividende la durée totale de la vie, ou divisant à part l'apport de la planète et celui du signe et intercalant entre les deux un climatère particulièrement dangereux, etc. Mais passons : il est mutile de porter des chouettes à Athènes.
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on apprend que certains signes du Zodiaque sont « climatériques » par nature ; les uns, comme les signes « tropiques », le sont dans le comput septénaire (xXtgaxTr,p-xà ISoopaorxà) ; les autres, les signes « simples », dans le comput novénaire (ewsototxà) , les signes doubles enfin, dans les deux computs indifféremment (ÈTtlxoïva). Évidemment, ces trois séries de signes formant chacune un carré sur le cercle, il n’y a pas de raison mathématique pour ces aptitudes diverses. La raison, c’est que les signes tropiques, indiquant un « changement » , étaient critiques ou climatériques en vertu de leur nom même. Cette série une fois adjugée aux climatères septénaires, tout à fait arbitrairement ou parce que les septénaires étaient plus connus que les novénaires, ceux-ci furent attachés à une deuxième série, et la nature des signes « doubles » s’est offerte à point pour tirer d embarras les astrologues qui avaient trois séries à répartir entre deux computs L
^ Tous ces tours de main et calculs enchevêtrés ne faisaient pas l’affaire des praticiens. Ceux-ci demandaient des résultats catalogués en barême. Cet instrument banal de consultation, la généthhalogie pure ne pouvait pas le leur fournir, chaque individu ayant son curriculum vitae à part. La méthode mixte des chronocratories était trop compliquée, et elle exigeait au moins que le client sût la date exacte de sa naissance, de jour ou de nuit. Se
1. Voy. le tableau des signes classés par séries climatériques dans Saumaise (p. 174). Il laisse aux mathématiciens qui en auront envie le soin de débrouiller les calculs de Valens, de vérifler si les divisions et multiplications de 36d (jours de 1 année) par 52 1/7 (nombre de septénaires dans l’année), ou par 40 (nombre des novénaires) avec addition de 5 j. 1/4, donnent bien les résultats indiqués. Saumaise lui-méme s’y endort. 11 lui arrive d’écrire; si e 166 j ôte 3 x 52, supererunt dies quatuor (p. 115), ou de poser le même problème avec 220 j. (p. 105) et 120 (p. H6). Chez Valens, les climatères enva issent tout 1 attirail astrologique. Comme les siqnes, il y a des lie^lx c imatériques, soit tes lieux fixes du cercle de la géniture (tous les lieux mau^vais, et pas seulement le VI‘=, locum viliorum et valeludinitm, fouillé par Nechepso ut remédia valelndinum invenivel. Firmic., VIII, 3 Pruckner), soit es lieux mobiles ou xXr,poi, considérés comme points de départ de divisions ( uodéci males du cercle (voy. dans Saumaise, p. 203, les x).t, pixel xAt-jLaxxf.pc,- I 11 X r,po, léyT,î). On obtient ainsi des climatères visant le corps (partant (. U X T,po, Té/T„), 1 âme (du xXf,po:; Aalpiovo?), etc. Naturellement, on imagina missi des climatères planétaires, scandant les efléts des planètes à des étapes 1 itlerentes, avec des dangers spéciaux pour chacune d’elles (vov. le tableau dans Saumaise, p. 448 et 450), système attribué à Crilodème (cf. pp. 447, 4G1). Les cyc es des sept planètes, de h à C, sont ordonnés d’après les chiffres
’ ’i- ’ ■* ’ *'°*^*^ somme fait 63 (àvÔpoxXâ;), et se déroulent jusqu'à
une limite de ta durée de la vie, limite différente pour chaque planète.
contenter de savoir sous quel signe on était né était une estimation un peu grossière. Les décans, dont chacun n’occupait qu’un tiers de signe, soit un laps de dix jours, étaient une mesure moins vague. De là le système relaté par Héphestion, qui attache à chaque décan un certain nombre d’années climatériques, en nombre variable d’un décan à l’autre et toujours irrégulièrement espacées. On atteignait ainsi à la dose de mystère indispensable, et le caractère divin attribué aux décans transformait ici la fatalité scientifique en une volonté supérieure, susceptible d être pliée par les incantations ou fléchie par la prière L
Obtenue d’une manière quelconque, bornée aux années ou poussées jusqu’au mois, jour ou heure climatérique, la connaissance des climatères ne profitait qu’indirectement à la médecine. Elle dictait des pronostics, non des remèdes; elle suggérait même l’idée qu'il n’y avait qu’à laisser les destins s accomplir. Pline le Jeune nous montre un captateur de testaments au lit d une mourante et s’écriant, après force simagrées ; « Vous avez une « époque climatérique, mais vous en réchapperez. Pour que vous « en soyez plus convaincue, je vais consulter un haruspice que « j’ai mis souvent à l’essai ». Là dessus, le rusé compère « offre un sacrifice, assure que les entrailles sont d accord avec 1 indication des astres » et y gagne un legs : mais il n est pas question de détourner l’échéance par des moyens curatifs Les médecins n'avaient aucun avantage à échanger leurs époques « critiques » contre les climatères des astrologues. Ils pouvaient exploiter la vogue de l’astrologie sans se mettre sous la dépendance des généthlialogues, en se servant des calendriers dressés pour les xaxap5(^a( universelles
Tout autre était l’iatromathématique proprement dite, qui est.
1. La formule ordinaire dans Héphestion est : e'tcl Sè ol to ü Ss o Ci xliixay.xf,ps; Itoî (suivent les chiffres). Je ne crois pas utile de dresser le tableau des climatères prédestinés par décans, d’après Héphestion, m de chercher des raisons à ces arcanes, résidu de toute espèce de superstitions et d’origine magique encore plus qu'astrologique. Si j ai bien compté, le nombre ® ^ ^ matères par décan varie de 6 à 13. La somme 348, divisée par 36, donne comme moyenne par décan 9 2/3, par mois 29. Cette moyenne est dépassée dans les signes de l’hémisphère austral (de i à T), le minimum étant dans le Lion (hémisphère boréal).