‹ L'astrologie grecqueChapitre 313 sur 360 · POURSUITES CONTRE LES ASTROLOGUES · texte numérisé non relu

POURSUITES CONTRE LES ASTROLOGUES

prêtes de songes et nécromanciens — avaient exploité l’ambition. « Des sénatusconsultes lurent rendus pour chasser d’Italie « les mathématiciens et les magiciens : l’un d’eux, L. Pituanius, « fut précipité de la roche; quant à L. Marcius, les consuls le « conduisirent hors de la porte Esquiline, et là, après avoir fait <( sonner les trompettes, ils lui infligèrent le supplice à la mode « antique » h Les astrologues apprirent à se cacher un peu mieux. Quatre ans plus tard, le procès de Lépida révéla que cette grande dame, adultère et empoisonneuse, avait aussi « consulté, par le « moyen des Chaldéens, sur la famille de César » Sous le règne de Claude, nouveaux scandales. Lollia, qui avait di.sputé à Agrippine la main de Claude, est, à l’instigation de celle-ci, accusée d’avoir consulté « les Chaldéens, les magiciens et posé des questions à une statue d’Apollon Clarion sur le mariage de l’empereur » Scrihonianus fut exilé sous l’accusation banale « d’avoir « cherché à savoir, par les Chaldéens, la fin de l’existence du « prince ». Là-dessus, on décida une fois de plus de chas.ser d Italie les mathématiciens, et il fut fait à ce sujet « un sénatusconsulte rigoureux et inutile »

Persécutés, les astrologues devinrent aussitôt des gens intéressants, et, même expulsés d’Italie, on pouvait toujours les consulter par correspondance. Tacite nous parle d’un de ces exilés, Pammène, a renommé dans l’art des Chaldéens et engagé par là même « dans une foule de liaisons », qui recevait des messages et envoyait des consultations à des Romains de Rome, Anteius et Ostorius Scapula, lesquels furent dénoncés à Néron comme conspirant et « scrutant la destinée de César » Les mathématiciens

1. Tac., Ann., II, 27-32. D’après Ulpien {in Mos. et Rom. leg. collât., XV, 2, 1), le SC. de 1 an 17 p. Chr. portait iit mathematicis , Chaldueis, ariolis et ceteris qui simïle inceptum fecerint, aqiia et igni interdicatur , omniaque bona eorum publicentur. Tibère l’appliqua avec une certaine indulgence (Suet., Tiber., 36).

Page 1