‹ L'astrologie grecqueChapitre 312 sur 360 · Lamprid., .4L Sever · texte numérisé non relu

Lamprid., .4L Sever

560 CHAP. XVI. l’astrologie dans le monde ROMAiN

Les deux premiers Gordiens n’eurent pas le temps de régner, mais ils connaissaient, paraît-il, leur destinée. « Gordien le vieux, « consultant un jour un mathématicien sur lagéniture de son fils, « il lui fut répondu que celui-ci serait fils et père d’empereur et « empereur lui-même. Et comme Gordien le vieux riait, on dit « que le mathématicien lui montra l’agencement des astres et « cita des passages de vieux livres, pour prouver qu’il avait dit la « vérité. Il prédit même, au vieux et au jeune, le jour et le genre « de leur mort et les lieux où ils périraient, et cela avec la ferme « confiance d’être dans le vrai » *.

Nous pourrions éliminer de l’histoire ces fastidieuses redites, anecdotes suspectes, mots forgés après coup, et en garder le bénéfice, c’est-à-dire juger par là de l’état de l’opinion et des dangers que pouvait offrir, au point de vue de la sécurité des gouvernants, une méthode divinatoire réputée infaillible. L’exactitude matérielle des faits importe peu ici : ce qui compte, comme fait à coup sùr réel et de plus grande conséquence, c’est l’idée qu’on en a, celle qui précisément se fixe dans les légendes et tend à se traduire en actes par voie d’imitation. Ce ne fut pas par simple caprice de tyran que Tibère mit sa police aux trousses des Chaldéens. Déjà, un demi-siècle plus tôt, au temps où l’imminence du conflit prévu entre Antoine et Octave surexcitait les imaginations, Agrippa avait « chassé de la ville les astrologues et les magiciens » A la fin de son règne, Auguste avait interdit à toute espèce de devins les consultations à huis clos, ou concernant la mort, même sans huis clos La mesure était sage, aussi utile aux familles qu’au pouvoir, mais inapplicable. C’est à la suite du procès de Drusus Libo (16 p. Chr.) que Tibère se décida à sévir. Libon était un jeune écervelé dont les devins — Chaldéens, inter-

1. Capitolin. [Gordiani très, 20). Remarquer les « vieux livres », tondement de la foi, et aussi de la croyance raisonnée à une science d’observation.

2. ’AypiTr^Ta; — xat vouî àatp oXô y o ç , xal xoùî yÔTiTai; èx Tf,î irôXewî iÇ-élXacrev (Dio Cass., XLTX, 43, ad ann. 33 a. Chr.). Déjà, astrologues et magiciens, pour la police, c’est tout un.

3. Totî aavxsaiv àTZT,yopEÛQr\ p.T,T£ xavapLOva? xivi, [X’fiXe 'irspi ,'îrctvaTOv, [itjo ctv âX),oi (Tup.TtaptI>fftv oî, (Dio Cass., LVl, 25). Dion ajoute que Auguste ne craignait rien pour lui-même, puisqu’il avait affiché son thème de géniture. La réflexion est naïve. Cependant, Auguste songeait aussi et surtout aux successions guettées par les captateurs de testaments et les fils impatients : Filins ante diem patrios inquirit in annos (Ovid., Met., T, 148) — motus \ Asb'orum ignora; funns promittere patris | Nec volo, nec possiim (Juven., Sat., 111, 42-44). Consulit ictericae lento de funere matris (id., VI, 565). — Nota malhematicis genesis tua : sed grave tardas \ Exspectare colus (id., XIV, 248).

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