CHAI>. XVI. LASTUOLOGIE DANS LE MONDE KOMAIN
corps célestes. Suivant eux, Abraham avait apporté cette science de laChaldée, sa patrie, en Égypte; et les Phéniciens, instruits par les Hébreux, l’avaient importée par Cadmos en Béotie, où Hésiode en avait recueilli quelques parcelles * . En un mot, tous les dieux, héros, rois et ancêtres de peuples étaient mis à contribution, pour la plus grande gloire de l’astrologie et astronomie, presque toujours confondues sous le même nom et se prêtant un mutuel appui®.
Toute foi engendre elle-même ses preuves et n’hésite pas au besoin, dans l’intérêt de la bonne cause, à leur donner 1 air d’antiquité qui convient. A l’appui de ces belles inventions, les fabricants d’apocryphes écrivaient des traités de science astrale sous les noms d’Orphée, d’Hermès Trismégiste, des plus anciens patriarches ou philosophes Les partisans de la révélation et de
Slrom., 1, 16. Euseb., Praep. Eu., X, 6, 2). Il s'agit bien de l’astrologie : comine transaction, on laissait l’astronomie aux Chaldéens. K à s ç (e^süpov) xr.v otat twv atTxpuv irpoyvwijtv — àaxpovo[j.£tv B aê uX o) v t o t (Tatian., Adv. Graec., 1].^
1. C’est Alexandre Polyhistor qui paraît avoir compilé dans son Uspi ’lou- Ôaiiov les légendes égypto-judaïques. Abraham, ayant inventé l'astronomie (xal xV àaxpoXoyiav xal XaT^ÔaCxT», vient en Phénicie, puis en Egypte, ou il enseigne à Hélioupolis. Ici, une suture syncrétique. Abraham tenait sa science du patriarche Ilénoch, lequel est identique à l’Atlas des Grecs (Euseb., Pr. Eu., IX, 17i. Abraham astronome est depuis lors de tradition courante chez les juifs et chrétiens (Joseph., An(. Jud., I, 8, 2. Euseb., Pr. Eu., IX, 16. Cyril ., Adu. Julian., I, p. H. Glaphyr. in Genes., III, p. 71) : les orthodoxes tiennent seulement à ce qu’il n’ait pas été astrologue. De même, le patriarche Ilenoch, qui comme auteur d’une description astronomique du ciel, ne scandalise nullement S. Athanase (ap. Pitra, Anal, sacr., V, 1, p. 25); ou, en remontan plus haut encore, Seth, fils d’Adam, dont les Gnostiques v-r.6..avot se disaient les disciples {Philosophurn., V, 3, et X, 3). Un traité byzantin d astrologie [Cad. Paris., n° 2419, fol. 1 v.) commence par ces mots : o X4.9 [corrompu en
£w9'hp] sœsüpe xô [AciÔTiga. . . , i ,\
2. La révélation va des dieux aux paaiXsïî SreocpiXsi, (Ps.-Lucian Aslrol., 1) — INatura^ reqales animos primum digjiala mouere (Manil., 1, 45) ou aux sacerdoles delecli {ibid.,i7). Aussi Ptolémée lui-même devient au moyen âge
un roi d’Égypte, un Lagide. .
3. Firmicus emploie l’argument suivant. Qui peut le plus peut le moin . or il était plus dilïicile d’inventer l’astronomie que l’astrologie; donc celle-ci
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devait paraître concluant aux aines simples. rénétons le