‹ L'astrologie grecqueChapitre 328 sur 360 · LES ARGUMENTS DE CARNÉADE · texte numérisé non relu

LES ARGUMENTS DE CARNÉADE

temps, en n'importe quel pays, ont même destinée *. Favorinus et Sextus Empiricus en disent autant Il est probable que Cicéron n'était pas au courant des progrès de l’astrologie à son époque, et ceux qui répètent son objection étaient à coup sûr dans l’erreur. On sait assez quelle place tient dans le poème de Manilius et dans tous les traités d'astrologie postérieurs à l’ère chrétienne la question des climats et des ascensions obliques (àva'iopa!) variant suivant les climats, pour dire ([ue les astrologues avaient mis la critique à profit et ne la méritaient plus. Il n'est même pas sûr qu’elle fût juste, adressée aux anciens Chaldéens de Chaldée. Ceux-là n’avaient peut-être pas idée des climats; mais, en revanche, ils croyaient (jue l’inlluence d'un astre n’était pas partout la même au même moment. Ils écrivaient sur leurs tablettes : « Si la lune est visible le 30, bon augure pour le pays « d’Accad, mauvais pour la Syrie A « De même, les mages de Xerxès assuraient qu’une éclipse de Soleil menaçait les Grecs, tandis qu’une éclipse de Lune eût été redoutable pour les Perses*.

Mais le progrès des connaissances géographiques et historiques fournit la matière d’un argument à détente multiple, fort embarrassant, qui doit avoir été mis en forme par Carnéade ^ Ramené à ses éléments les plus simples, il peut se résumer comme il suit ; 1“ il y a des individus qui, nés dans des circonstances dilïerentes, ont même destinée ; 2“ inversement, il y a des individus qui, nés dans des circonstances semblables, ont des aptitudes et des destinées differentes. Voyons l’usage qui a été fait de cet engin de guerre.

Si chaque individu a sa destinée particulière, déterminée par sa géniture, d'où vient que l’on voit périr en même temps, dans

1. [Chaldaei dicunf) omiies omnium oidus, quicumque giqtianlur in omni terra quae incolalur, eosdem esse eademque omnibus qui eodem statu caeli et stellarum nati sint, accidere necesse esse. — Volunl enim UH omnes eodem tempore ortos, qui ubique sint nati, eadem conditione nasci (Cic., Divin., II, 44).

2. Procédât, inquit {Favorinus), haec sane disciplina, sed sub ea modo inclinatione caeli sub qua tune Chaldaei fuerunl ; non enim potest, inquit, ratio Chaldaeorum observationis manere, si quis ea uti velit sub diversis caeli reqionibus (Gell., XIV, I, 8). Pour que les Chaldéens eussent raison, dit à son tour Sextus, il faudrait que irSa'. toi? xa-rà oîxo’j[j.c'vt,v tï oûpâv.a •zspsrr^po'jaiv sxaffTOv Toü l^wôiaxoü 5w6£xaTT|iiôptov LffO/pôvwî £'pa’.v£T0 (S 88, p. 351).

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