Augustin., Civ. Dei, V
2. Augustin., Civ. Dei, V, 1. Jam illud guis ferat, quod in eligendis diebus nova qvaedam suis aclibus facta moliuntur? — Fecit ergo fatum quod non habebat,et ex ipsius facto cœpit esse fatale quod in ejus nativitate non fueral. — Vbi est ergo quod nascenti jam sidéra decreverunt ? Cf. ci-dessus, p. 488, 1. Ptoléniée avait évité cette contradiction en ne s’occupant pas des xaTap / ai.
3. On entend, dit-il, par fatum, dans le langage courant, vitn positionis siderum - - quod aliqui aliénant a Dei voluntate, aliqui ex ilia eliam hoc pendere confirmant. Sed illi, qui sine Dei voluntate decernere opinantur sidéra quid agamus — ab auribus omnium repellendi sunt, etc. (ibid., V, 1).
4. Mis omnibus consideratis non immerito creditur, cum aslrologi mirabililer mtdta vera respondent, occulto instinctu fieri spirituum non bonorum, quorum cura est lias falsas et no.r.ias opiniones de astralibus fatis inserere humanis mentibus atque firmare, non horoscopi notati et inspecli aligna arte quae nulla est (Augustin., Civ. Dei, V, 1). Saint Augustin se ralliait autrefois à l’opinion de Vindicianus, qui avait étudié 1 astrologie en professionnel avant de se faire médecin, à savoir que les astrologues, conjecturant au hasard, rencontrent juste par hasard [Confess., IV, 3). 11 n’employait que des argu-
INCEKTITUDE DES CONCLUSIONS
U pense avoir ruiné l’astrologie en tant que science humaine, et voilà qu’il la restaure comme révélation démoniaque, avec un certilicat de véracité au moins intermittente, reviviliant du même coup son dogme t’ondamental, car, si les démons lisent l'avenir dans les astres, c’est qu’il y est écrit. C’était la recommander aux païens, pour qui les démons de S. Augustin étaient des dieux, sans intimider les chrétiens qui taisaient la part moins large aux démons ou qui, en mettant des i)atriarches dans le Zodiaque et dos anges dans les planètes *, pensaient avoir convenablement exorcisé l’outillage astrologique jadis manié par les ])aïens.
En iin de compte, la polémique clirétienne conti’e l’astrologie n’aboutit pas plus (pi’autretois celle des sceptiques. Les chrétiens qui ne croyaient pas aux horoscopes redoutaient, comme tout le monde, les éclipses et les comètes à cause des malheurs qu’elles annonçaient et il ne tut jamais entendu, une fois pour toutes, (pie l’on ne pouvait être chrétien sans abhorrer l’astrologie. L’auteur chrétien du dialogue intitulé Uermippus fait valoir, au contraire, l’excellence et la valeur morale d’une science qui élève
iiients de l’caison (celui des naissances simultanées d’esclaves et de l'uturs maîtres et celui des jumeaux) pour convaincre son ami Firminus ; il ne songeait qu’à bafouer les astrologues — rurninando, ne qnis eonnndem delirorum qui laleni quaeslum seqiierentur, quoa jam jamque invadeve nique irrisos refellere cupiebam, mihi itci resislerel, etc. (\’ll, (>;. .Maintenant que le diable intervient et dit souvent la vérité, ces charlatans ne sont plus si ridicules. S. Paulin de Noie, un ami de S. .\ugustin, s’essayant aussi an sarcasme, s’égaie d’une fa<;on bien imprudente aux dépens des Chaldéens qui voyaient leurs calculs dérangés par les miracles {EpisL, 38). 11 rit de leur désarroi le jour où le Soleil recula sur l’ordre du prophète rassurant Ézéchias (il aurait pu ajouter ; et le jour où il s’arrêta sur l’ordre de .losué), et il leur demande ce qu’ils faisaient alors. Si sa foi avait été accessible au doute, il eût craint la réponse des Chaldéens. Ceux-ci pouvaient dire ; « Nous observions le ciel, comme de coutume, et nous n’avons rien vu de ce qu’il vous plaît de croire ».
1. S. Augustin visait surtout tes Priscillianisles (Cf. coa/ru Pm-
cillianislns el Oriijenislas, liber unus), qui accommodaient ainsi l’astrologie. Dans les livres magiques du moyen âge, on trouve, par exemple : ï) Oriphiel,
Jopfiiel, Samuel, Q Michael, Q Anael, Raphaël, Gabriel, etc. (Arbatel, De maqia velerum).
2. Cf. Tertull., Ad Scapulam, 3. S. Augustin dit que nombre de chrétiens redoutaient les « jours Égyptiaques » (ci-dessus, p. 486, t). De même S. Ambroise constate qu’une foule de gens varias cursus lunae obeundis nerjoliis commendare vel cavere quosdam dies, quemadmodum plerique posleros dies (les dies alri du calendrier romain) vel Aegypliacos declinare consueverunt (Ambros., EpisL, I, 23, ann. 383). A plus forte raison, un pa’ien bigot comme Proclus (Marin., Vil. ProcL, 19). I.es chrétiens qui redoutent le vendredi ou le 13 sont encore légion au xix* siècle.
624 CHAP. XVI, — l’astrologie dans le monde romain
rinlelligence humaine vers les choses célestes et, bien loin de pousser au fatalisme, nous apprend que l’ame spirituelle échappe à l’intluence matérielle des astres h
Comme il n’y eut pas de doctrine arrêtée, ni approbation, ni improbation expresse, il n’y eut pas non plus de mesure générale, décrétée au nom de l’Église « catholique », en ce qui concerne les croyances ou les pratiques astrologiques ^ En Orient, on
1. Il est possible qu’Iléphestion de Thèbes, auteur d’un traité d’astrologie pratique, fût chrétien (Engclbrecht, p. 21). L’auteur de Vllermippiis (nom emprunté sans doute à un "EppiTriroî àuTpoAoyixô; cité par Athénée, XI, p. 478) a bien soin d’éliminer de l’astrologie la seule doctrine que proscrive le dogme chrétien, le fatalisme fondé sur les astres causes et non signes. Il est partisan décidé du libi’e arbitre, ne soumettant à l’influence des astres que le corps, et même avec cette réserve, prudente aussi, que l’échéance de la mort ne dépend pas uniquement des astres. C’est peine perdue, suivant lui, que de chercher dans les astres SuvaaTsiai; -r, Ôô^aç •?! yàixou;, è'ti Sè -ttaoûtouî xal vixa? (11, 4). Il n’admet pas non plus le sexe des signes du Zodiaque (I, lû), ni la théorie des otxot ou des TÔ-ot ; enfin, c’est de l’astrologie édulcorée et déguisée en philosophie platonisante. Même les présages « catholiques » tirés des éclipses sont, suivant lui, conditionnels : Dieu s’en sert pour avertir et s’en tient à la menace, si les gens avertis « deviennent sages » !ll, U, § 83). Ou n’est pas plus accommodant. Mais les éclipses ont une cause mécanique. Peu importe : Dieu s’en sert néanmoins et sa sagesse n’en est que plus admirable {ibid.. 85-87). Cf. ci-dessus, p. 348.
2. On ne trouve que des canons visant des cas jidrticuliers, comme celui du concile de Laodicée (can. 36) défendant aux clercs de s’adonner à l’astrologie, ou fulminant contre le fatalisme astrologique, mais contre le fatalisme seulement. Tels les canons du concile de Braga, en 561 : Can. IX. — St quis animas et corpora Humana falalibus slellis crédit adslrinqi, sicut pagani et Priscillianistae dixerunt, anathema sit. — Can. X. — St qui XII signa, i. e. sidéra quae mathematici observare soient, per singula animae vel coi'poris membra dissipata credunt et nominibus Patriarcharum ascripta dicunt, sicut Priscillianus dixit, anathema sit. Le plus explicite est le canon 15 du concile de Tolède, tenu en 400 : St quis astrologiae vel mathesi existimat esse credendum, anathema sit. Mais il y a toujours le sous-entendu : on anathématise l’astrologie fataliste. Une protestation contre le fatalisme mise en tête d un traité d'astrologie fut toujours, au moyen âge comme au xvi® siècle, un passeport régulier et une sauvegarde suflisante. Cf. Stephan. Alexandr., ed. Usener, pp. 17-19; les Apotelesmata Astrologiae christianae de Ciruelo (voy. Bibliogr.), un auteur qui met son orthodoxie sous la garantie de la Faculté de théologie de Paris, — contenant, en prolégomènes et épilogue, une ample réfutation des XII livres de Pic de la Mirandole Contra as Irolog os [Bonon., 1495]; les préfaces de Cardan, Comm. Astrol., Basil., 1578; V Astrologorum defensio mise par Fr. .lunctinus en tête (pp. 1-15) de son Spéculum Astrologiae, publié en 1581 sub censura Sanctae Ecclesiae Catholicae Romanae, avec « humble supplique aux Très Révérends Inquisiteurs », et le certificat délivré a Origène par Huet (ci-dessus, p. 615, 1). J. -B. Morin dédie son Astrologia Gallica [llaga?- Comitis, 1661] à J.-C. lui-même, parlant haut de sa foi catholique et se fiat-