‹ L'astrologie grecqueChapitre 37 sur 360 · LE SOLEIL · texte numérisé non relu

LE SOLEIL

Essayons de préciser, en énumérant les planètes, les types psychiques ou les forces physiques que l’imagination grecque y a fixées.

^ MyTUOLOGIË et l'IlYSlOUE PLANÉTAIRES.

O- Le Soleil ("uX-.o; - Sol . — W est inutile d'insister sur la primauté que les religions fondées sur le culte de la Nature, les poètes et les philosophes panthéistes ont reconnue au Soleil *. Nous ferons seulement remarquer que cette primauté n’apparaît plus aussi évidente dans les religions adultes, laçonnées par des théologiens qui ont peu à peu superposé à sa souveraineté matérielle des concepts abstraits, des volontés dirigeantes. On nous dit même qu’en Chaldée, sans doute au point de vue de l utilité astrologique, le dieu solaire Samas passait après le dieu lunaire Sin (ci-dessus, p. 41). En Grèce, où le sens commun avait décidé, le rapport de préséance entre les deux « luminaires » n’avait pas été interverti de cette façon; mais le Soleil était presque expulsé de la religion au profit du type rival et plus complètement humanisé d’Apollon. Le vieux Titan, tils d’Hypérion ou Ilypérion luimême, avait été remplacé par un Olympien, un prophète illuminant les intelligences. Au moment où l’astrologie se greüa sur la mythologie grecque. Hélios ne possédait plus guère en terre hellénique qu’un lief incontesté, l’île de Rhodes.

Les astrologues évitèrent de soulever des dilficultés et d éveiller des scrLqmles ^ : ils conservèrent au Soleil son nom, laissant chacun libre de lui attribuer telle épithète et telle personnalité

tur errantes, Cic., N. D., Il, 20). Ptoléniée ne parle Jamais que de cinq planètes, sauf dans le dernier chapitre de sa Télrabihle, chapitre qui n est ])cutêtre pas de lui. De même, .Manélhon. l.e Soleil et la Lune sont des ïwtz (cl. Virg., Oeorr/., I, 5, où z>Ôi-cx est traduit par clarissima mundi \ Luminn). .Mais ce scrupule ne prévalut pas contre l’habitude du nombre septénaire.

1. Voj'., entre autres textes, la définition du Soleil par le platonicien et chrétien auteur de VUermippus (1, IG, pp. 24-2o Kroll). Le Soleil est f,Y£u.(Lv to'j 3"j;xT;avT0î xosaoû -axI TrâvTwv yvrrqx’.'AÔi — rpioyoi toü xox\loü — Tpoïo; ~avxo; yÉvo-Jî, etc. L'auteur le met seul à ])art des « six planètes environnantes » (1, 17). Les autres associent généralement au Roi-Soleil la Reine-Lune (cf. Porphyr., Isaqo;/., pp. 181-182). Le Soleil, générateur universel oià (Stepb. Alex-,p. 19 Usener), c’est-à-dire avec le concours de la Lune, qui produit la pourriture (ci-après, p. 92, 2).

2. Des scrupules dans le genre de ceux que saint .Augustin cherche a éveiller (ci-dessus, p. G8, 1) en demandant pourquoi .lupiler n’est pas au premier rang, pourquoi Saturne est au-dessus de lui, etc. Les stoïciens ayant identifié

mylhique qu’il lui conviendrait. PLolémée, qui a la prétention de dégager l’astrologie de toute solidarité avec les religions, n’emploie, pour caractériser les types planétaires, que des expressions scientifiques. Les quatre principes d’Aristote, le chaud, le froid, le sec el l’humide, lui sullisent pour les définir et les diversifier. Le Soleil est pour lui une masse de chaleur, la plus grande qui soit dans la nature, associée à une légère dose de sécheresse \ dose iusullisante pour que le Soleil soit un feu et produise les effets destructeurs de l’élément igné.

(C. La Lune -Luna). — On peut dire sans exagération

qu’il a existé de tout temps et qu’il existe encore une espèce d’astrologie naturelle, c’est-à-dire créée spontanément par l’opinion commune, une astrologie indépendante de celle des Chaldéens, Égyptiens, Hellènes, et dont la Lune est l’objet, le sujet, le centre le moteur ^ Il n’est pas de corps céleste sur lequel se soit autant

Apollon avec le soleil, Apollon devenait supérieur à Jupiter-planète. Les auteurs de poèmes astrologiques disposent de tous les synonymes qui facilitent la versification, TUan, Hy-perion, Phoebus, etc. ; ils emploient même l’èpitliète 9 aÉ6(j)v, qui peut causer des méprises, étant le nom de la planète Jupiter. Les stoïciens pratiquaient largement le syncrétisme : Stoici — eumdem Salem, eumdem Liberum, eumdem Apollinem vacant. Rem Lunam eamdem Dianam, eamdem Cererem (?), eamdem Praserpinam dicunt (Serv., Geary., I, 5). Ils pouvaient ainsi loger tous les dieux, même sans avoir recours aux constellations. Du reste, le xoaaoi; se prêtait à tout : rien de plus facile, en ajoutant aux huit sphères (dans le monde sublunaire) la distinction des quatre éléments, de faire un noaiAot: dodécasphère, autant de domaines pour les douze grands dieux (cf. Proclus in Anal, V, 2, p. 169 Pitra). Quant à la question de savoir si les planètes (et même les étoiles) avaient une lumière propre ou la recevaient du soleil (cf. H. Diels, Doxayr. yraeci, p. 346), elle ne fut jamais nettement résolue, sauf pour la Lune, simple miroir ou corps imprégné de la lumière solaire. Pour les planètes, l’autorité de Ptolémée, appuyée sur celle d'Aristote, ne suffit pas à fixer l’opinion. On rencontre encore, sur le tard, les deux atïirmations contraires : amnibus stellis Sal dat lumen et calorem (Prob. ad Virg., Geary., 1, 336), et Et praprium cunctis jubar est nec sale rubescunt (Sisebut. in Poet. min., V, p. 360 Baehrens), la Lune exceptée.

1. 'O xaxsOiTiTïxai xà -iroi'axtxàv xf,v oOu’.a; èv xw 6eo;Aa(vEiv xal

T.ospa Ç-fipaîvstv. Ptolémée se contente d’invoquer, comme preuve, l’expérience, le sens commun. Taüxa ôà p.â)^ijxa xwv aXXwv ■f,p.ïv sùatxOTiXoxspa yivExai 6ta xe xà aùxoü, xal xà xwv xaxà xà; wpa; ij.Exa6o'Xwv svapys; (TeO’flà., 1, -i)-

En physique, Ptolémée applique les théories d’Aristote (ci-dessus, p. 23 et 27, 1), avec une tendance plus marquée à considérer le froid et le sec, non plus seulement comme des antilhèses, mais comme des négations du chaud et de Vhumide.

2. Tous les hommes, dit le scoliaste anonyme (p. 79), connaissent 1 action du soleil et de la lune : celle des planètes n'est appréciable qu’aux savants

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