‹ L'astrologie grecqueChapitre 4 sur 360 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LIiS PIÎÉCURSEI ÜS

L'aslrolügie est une religion orientale qui, transplantée en Grèce, nn pays de « physiciens » et de raisonneurs, y a pris les allures d’une science. Intelligible en tant que religion, elle a emprunté à l’astronomie des principes, des mesures, des spéculations arithmétiques et géométriques, intelligibles aussi, mais procédant de la raison pure, et non plus du mélange complexe de sentiments et d’idées qui est la raison pratique des religions. De l’emploi simultané de ces deux façons de raisonner est issue une combinaison bâtarde, illogique au fond, mais pourvue d’une logique spéciale, qui consiste en l’art de tirer d’axiomes imaginaires, fournis par la religion, des démonstrations conformes aux méthodes de la science.

Cette combinaison, qu’on aurait crue instable, s’est montrée, au contraire, singulièrement résistante, souple et plastique au point de s’adapter à toutes les doctrines environnantes, de flatter le sentiment religieux et d’intéresser encore davantage les athées. Quoique inaccessible au vulgaire, qui n’en pouvait comprendre que les données les plus générales, et privée par là du large appui des masses populaires, attaquée môme comme science, proscrite comme divination et aussi comme magie, anathématisée comme religion ou comme négation de la religion, l’astrologie avait résisté à tout, aux arguments, aux édits, aux anathèmes : elle était même en train de refleurir, à la Renaissance, accommodée — dernière preuve de souplesse — aux dogmes existants, lorsque la terre, on peut le dire à la lettre, se déroba sous elle. Le mouvement de la Terre, réduite à l'état de planète, a été la secousse qui a fait crouler l’échafaudage astrologique, ne laissant plus debout que l’astronomie, enfin mise hors de tutelle et de servante devenue maîtresse.

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