‹ L'astrologie grecqueChapitre 52 sur 360 · STATIONS ET RÉTKOGKADATIONS DES PLANÈTES · texte numérisé non relu

STATIONS ET RÉTKOGKADATIONS DES PLANÈTES

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du mouvement « premier » et universel, et à la Raison supérieure qui leur t'ait partager et même — lors des rétrogradations — devancer ce mouvement. Proclus ne se lasse pas de répéter qn'il n’est nul besoin de recourir à des orbites excentriques ou à des épicycles : admettre un mouvement excentrique est presque une impiété, et la théorie des épicycles est une « belle conception », mais une erreur, démentie par le texte sacré de Platon Cela ne l’empêche aucunement de maintenir les dogmes astrologiques; il connaît même les etïets que produisent sur les êtres vivants du monde sublunaire les mouvements directs et rétrogrades, les déplacements en hauteur et en latitude, les ralentissements et accélérations des archétypes célestes ^ La planète qui « soustrait », autrement dit, rétrograde, enlève quelque chose à la vitalité des êtres qui subissent son inlluence.

Le grain de folie mystique qui travaille les cerveaux platoniciens n'entre pas dans l’école d’Aristote. Le maître conserve encore l’habitude d’appeler les astres des êtres divins; il les croit animés, doués de raison et obéissant aux causes linales; mais, en fait, il les traite comme des* mobiles soumis aux lois de la mécanique. En ce qui concerne leurs distances et leurs vitesses relatives, il s’en rapporte aux « mathématiciens » ; autrement dit, il accepte les tous de la lyre pythagoricienne. Les alternances de mouvement direct et rétrograde, les déplacements en profondeur (pâOoi;) et en latitude (TiXàto;), sont expliqués par quantité de cercles directeurs, correcteurs, isolateurs, dont chacun a pour

1. Cf. ci-dessus, p. 24, 1. La théorie des épicycles est jxèv è-îvoia xal

su'iîpé-Ttouua },oyix3cr;, rr,; 5i -wv oXwv àcjto/o; T,i; [jlÔvo; àcjit'KiSz'zo

IlXiti.)» {In Tim., p. 272 H). Ces mouvements ne sont l’etfet ni d'un ralentissement ni d'aucune force mécanique, àXXà iravxa/ot cpepoiJiÉviov xwv èxcï swiaixiov ôià T>iV xtôv xwv •/.'.vouTÔjv x:p6; iWz xal îXkoi vÔT,a’.v (ProcL, in

Anal., V, 2, p. 7‘i Pitra). La précession des équinoxes surtout, qui suppose un mouvement à rebours de la sphère des fixes elle-même, est une hérésie qu’il combat de toutes ses forces, invoquant, après Platon, les Chaldéens, les Égyptiens et les oracles, la parole même des dieux « qui connaissent bien leurs propres all'aires » (al xwv Osüiv cpT||xal, (ja-jw; xà a'jxtov eîSôxwv, ibid., p. 77). On ne nous en voudra pas de classer Proclus parmi les théologiens (ci-après, ch. xvi).

2. Ibid., pp. 75-76. L’auteur de Vllermippns sait que l'irrégularité des

mouvements planétaires, produite par conflit entre l'Intelligence et la Matière, a pour but de varier les combinaisons sur terre, o~to; xoîî è-î yr,;

-poxcpÉpo'.vxo (I, 4, § 31). Il pense aussi que les planètes s’éloignent à certains moments de la Terre et se rapprochent du ciel, o~i»î sXxwatv èxeÎOev xi ÔEiôxEpov, xaxiÉvai S’ Ècp’ w |j.Exa3oÏEv xoïî etîI (II, 14, § 127). Tout cela est très naïf et très platonicien.

Mf) aiAP. IV. — LES PLANÈTES ET LES TYPES PLANÉTAIUES

moteur une âme spéciale et tourne, comme le veut le dogme traditionnel, d’un mouvement circulaire et égal (ô[i.aXoj;). Aristote n’avait pu amener le système à l’unité parfaite : il lui manquait l’unité dans la direction générale du mouvement, unité postulée par l’impulsion unique du « premier moteur », mais contredite par les faits. Ses disciples crurent réussir là où le maître avait échoué. Ils inventèrent ou empruntèrent la théorie du « retard » (ÛTiôXet^/tî) h Les planètes ne marchent pas à 1 encontre de la sphère étoilée : elles retardent simplement sur le mouvement général d’Orient en Occident, et elles semblent marcher d autant plus vite en sens contraire qu’elles retardent davantage. Ainsi, la JiUne est de toutes les planètes la plus lente, et Saturne la plus rapide; chose facile à comprendre, puisque Saturne est au plus près, la Lune au plus loin de la sphère extérieure qui entraîne le

tout. . , , .

Cette doctrine, déjà réfutée par Géminus L lut developpee,

adaptée aux systèmes concurrents des excentriques et des épicycles, par le péripatéticien Adraste d’Aphrodisias, qui vivait au temps des Antonins. Adraste parvenait à rendre compte des apparences en faisant tourner les planètes sur leurs épicyc es dans le même sens que la sphère des fixes. Bon géomètre, mais mauvais physicien, il n’avait oublié qu’une apparence, le principal élément du problème ; c’est que, quand les planètes rétrogradent (ce qu’il appelle marcher en avant), elles paraissent plus grosses et sont, par conséquent, plus près de la Terre, tandis que sa théorie les faisait rétrograder en allant vers leur apogee .

Les astrologues auraient pu, en tout cas, tirer de ce système paradoxal une raison expliquant pourquoi l’action des planètes s’affaiblissait durant les rétrogradations, les planètes se trouvan

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