POINT INITIAL DE LA DIVISION DU ZODIAQUE
points opposés suivant le diamètre commun aux deux plans, ces deux points, dits équinoxiaux, marquent deux des points cardinaux {^/.bn^oL-cardines) du Zodiaque. Les extrémités du diamètre perpendiculaire donnent les points solstitiaux ou tropiques. On pouvait prendre à volonté pour point de départ de la division du Zodiaque l’un ou l’autre des équinoxes et des solstices. La tradition gréco-égyptienne, attestée par la majorité des calendriers helléniques, faisait commencer l’année — et, par conséquent, la division du Zodiaque — au solstice d’été. Plus tard, peut-être depuis Hipparque, les astrologues et astronomes, cédant à une mode chaldéenne, qu’on disait aussi égyptienne, romaine au besoin, placèrent le premier degré du Zodiaque à l’équinoxe de printemps, dans le signe du Bélier L
1. L’année égyptienne commençait au lever de Sirius (Sothis), voisin du Cancer, et c’est le Cancer qui prime, mis au-dessus du Lion, dans le Zodiaque de Üenderah (Lepsius, Einleit., p. 13). Dans le « thème du monde », dit égyptien (ci-après, lig. 23), le Cancer est à l’horoscope. On n’en atrirme pas moins que oî AlyuitTiot dro xoü KpioO Ttoioûvxai x-t|V àp/TiV (Schol. Arat. ad v. 544). Ces Égyptiens sont les astrologues Néchepso et Pétosiris. Les Grecs n’avaient pas de système arrêté : le parapegme d’Eudoxe commençait par le Lion; ceux d’Aratus, de Callippe et de Dioclôs, par le Cancer ou par le Capricorne (cf. llalma, Almafj., I, p. 148 sqq.). A partir de Posidonius, le Bélier occupe définitivement la première place, et le système est dit égyptien quand même, un peu sans doute à cause d’Ammon et de ses cornes de bélier, et aussi sous prétexte que, le Cancer étant à l’horoscope, le Bélier culminant occupe la première place (Firmic., 111, 1, 18 Kroll); il est xs'faXr, xoü xo!T]jlou (.Macrob., Somn. Scip., 1, 21, 23; Ilephest. Theb., I, 1) — Soxsî yàp xo ixsaoupdvTipLa àvaXoysïv xt, xe'jaXf, (Anon.,p. 110). L’année chaldéenne et l’ancienne année romaine commençaient au printemps. L’équinoxe de printemps une fois préféré, restait une question litigieuse, la position des cardines par rapport aux signes. Eudoxe les plaçait au milieu, Hipparque au commencement : d’autres cherchaient à substituer à ces positions conventionnelles la position réelle qui — on le savait depuis llipparque — se déplace de 50" par an. Manilius, Manéthon et autres astrologues routiniers avaient adopté le huitième degré du Bélier-Cancer-Balance-Capricorne (cf. Vitruv., IX, 2 [5]). Ptolémée, qui sait que la précession des équinoxes modifie incessamment la position des points cardinaux (équinoxes et solstices) par rapport aux signes et qui prétend dériver la vertu « naturelle » des signes de leurs rapports avec ces points, Ptolémée, dis-je, détache du Zodiaque réel, représenté par les constellations, le Zodiaque fictif, qui se déplace avec le point vernal, celui dont se servent encore les astronomes d’aujourd'hui. Ce Zodiaque fictif conserve indûment à ses « douzièmes » (StoSsxaxT.aépta) les noms des « signes » (Çw5ta) auxquels ils correspondaient jadis, bien que actuellement son Bélier soit presque tout entier dans la constellation des Poissons. Ptolémée se garde bien de notifier cette rupture avec la tradition et d’avertir qu’elle ira s’aggravant, ruinant par la base les associations d'idées qui constituent le fond de l’astrologie zodiacale. 11 se contente de déclarer que ceux qui ne mettraient pas équinoxes et solstices au commencement des
CUAl». V,
LA KOüTE DES PLANÈTES OU ZODIAQUE
§ I. Description des Signes.
Nous allons considérer un à un ces signes, qui sont des mois pour les astronomes, mais des réalités concrètes, vivantes, agissantes, pour les astrologues, du moins pour ceux qui ne cherchent pas, comme Ptolémée, à transformer en une collection de métaphores leur ménagerie céleste h
Le Bélier (Kpîo; - A/âc*-). — En tête du troupeau des signes marchait le Bélier. On disait qu'il avait été mis à ce poste d'honneur par les Égyptiens, adorateurs d’A.mmon, et pour
signes se tromperaient sur leur « nature », laquelle dépend des distances aux points cardinaux : [xiv yàp àp/wv ui:oTiOc|J.évwv, [rr,xÉxi (T’jvypfiffÔai
Tatç tpûaejtv aùxwv eÎî xi? TtpoxeTkiaeK; •r|VayAa3’6r;xÔ!J.£6a, o"jy7pw[X£vot 5:aniitxsiv, Trapa6ivxtov xat àXXwxptoôÉvxwv xwv xàç ôuvâjxeit: aCxoï? E|x~spL- Tt oiTjsivxwv xoü ÇuStaxoü 5 1 aaxTj [xot x w v [Tetrab., 1,21). Les aristotéliciens du moyen âge appellent le Zodiaque réel la huitième sphère, qui est censée rétrograder lentement par rapport à la sphère du premier mobile, devenue la neuvième. C'est celle-ci qui porte les « douzièmes » ou signes utilisés en astrologie.
1. Pour la mythologie et l’iconographie zodiacales, voy. les descriptions de Arati Solensis Phaenomena et Diosemea, gr. et lat. cur. lo. Th. Buhle, Lips. 1 et II (1793-1801) avec les scolies. — Emlosthenis Catasterismorum reliquiae, rec. C. Robert, Berolin., 1878. — Ilipparchi in Arati et Eudoxi Phaenomena Commenlariorum lib. Ill, ed. C. Manitius, Lips. 1894. — Les Aralea de Cicéron et de Germanicus (ed. Buhle, op. cit.^ ou Poet. lat. min., ed. Baehrens, 1, Lips. 1879), et les Scholia in Caesaris Germanici Aratea (ed. Buhle, op. cit., ou ed. Eyssenhardt, ad cale. Mart. Cap., pp. 378-422, Lips. 1866). — Astronomica, ed. R. Bunte, Lips. 1875. — Les Dionysiaca de Nonnus (ed. Kœchly, Lips. 1837) offrent une ample collection de descriptions et d épithètes, pour les signes et les planètes. Les signes du Zodiaque considérés comme symboles solaires dans Macrob., Sat., l, 21, 16-27. Quant aux figures elles-mêmes, elles ont été dessinées par les graveurs eu médailles, sculpteurs, imagiers du moyen âge et de la Renaissance — parfois avec une étrange fantaisie (cf. Ilygin., ed. Basil. 1549) — d’après les descriptions, lesquelles permettent des variantes. J’ai sous les yeux, durant l’impression de ce chapitre, une étude iconographique toute l'écentc à laquelle je renvoie le lecteur, par G. Thiele, Anlike Uimmelsbilder , Berlin, 1898, 184 p., in-4“, 7 pi. et 72 fig. dans le texte. Les figures que j’ai dessinées reproduisent à peu près celles de Flamsteed, Atlas coelestis, London, 1729. Elles n’ont aucune prétention à l’exactitude mathématique. J’ai simplement déroulé la bande zodiacale, considérée comme un anneau cylindrique, et restitué la graduation du temps d’ilipparque, lequel plaçait l’Épi de la Vierge à 6“ à l'O. du point équinoxial d’automne. C’est sur le ciel d’ilipparque qu’ont spéculé nos astrologues. La position actuelle de l’équateur a été rapportée à 1 observation dllipparque, en admettant un déplacement de 50" 2 par an, soit, pour 2037 ans, 28® 7.