LE BÉLIER
d’excellentes raisons. Ptolémée, qui goûte peu le Bélier chef de file aime mieux invoquer la vertu génératrice de la saison printanière que symbolise, suivant lui, le Bélier, premier des signes masculins. Cette explication boiteuse convient à la saison, mais non à l’animal; car Ptolémée lui-même, quand il s’agit des planètes, associe le sexe féminin au principe humide. Les mytho-
graphes avaient trouvé mieux. Pour eux, le Bélier était le fameux bélier à la Toison d’or, qui avait emporté à la nage Phrixos et Hellé et laissé tomber la jeune tille dans les flots de l’Hellespont. Ce pouvait être aussi celui que se disputaient Atrée et Thyeste, ou encore le bélier qui conduisit aux sources de l’oasis d’Ammon le cortège assoifle de Bacchus.
On se représentait le Bélier zodiacal à l’état de repos, la tête vers l’Occident, mais détournée, de façon que la saillie de l’encolure précédait les cornes L
1. Cf. les listes ninéinoniqiies, llexaslicha de XII sir/nis (Poet. lat. min., IV, pp. 143-140 Baehrens), où sont prodiguées les épithètes Prunus Arles — Sifinorian princeps — aslrorum du.v ou duclor (ireçiis — principium. Firniicus (11, 10 Kroll) l’appelle sifinum refiale. Cf. pasiXixôv (Anecd. Ludwich, p. 107, 6); Nonnus, xévtoov oXo'j xôt;jloio, |j.£TÔ;x5aXov àiTpov ’OXy!J.-oo (XXXVll 1, 268).
2. Cervice prior flexu qaam cornibus ibit (Manil., IV, o06). Le Bélier retournait la tête vers le Taureau : Respicit admirans aversum surgere Taurum (Manil., 1, 264). Mais le caractère belliqueux attribué au Bélier exigeant une autre attitude, le même Manilius le voit fonçant les cornes en avant... sic ipse in cornua ferlur \ Et ruil ut vincat (IV, 509-alO). Cf. G. Thiele, lig. 33.