‹ L'astrologie grecqueChapitre 72 sur 360 · LA BALANCE · texte numérisé non relu

LA BALANCE

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— . La Balance (x-/]Xa- ou Zoyo; - Chelae ou Libra). — La constellation du Scorpion, dont la donnée première paraît être de provenance ctialdéenne, ne se trouvant pas à la mesure d’un douzième du Zodiaque, les Grecs distinguaient dans 1 animal céleste les Pinces ou Serres (XT,Xa() et le Scorpion proprement dit. Au P"" siècle avant notre ère, on s’habitua de plus en plus à substituer aux Pinces un vocable nouveau, la Balance *. Pourquoi la Balance? Peut-être tout simplement parce que, au point

de vue graphique, il était aisé de transformer les Pinces en plateaux de balance ^ Le motif couramment invoqué était que la Balance, correspondant à l’équinoxe, faisait part égale au jour et à la nuit. Il se peut aussi ([ue l’idée de Balance ait été suggérée par la légende qui identifiait la Vierge avec la Justice, auquel

1. P. Tannery, flec/<e/'c/!es, p. 279, croirait volontiers que la Balance est une invention d'IIipparque et symbolise réellement l’équinoxe — Librantes iioclem Chelae cum tempore lacis (Manil., IV, 203. Cf. Lucan., Phars., X, 227). Le nom de Chelae resta toujours en usage ; mais, meme avec ce nom traditionnel, le symbolisme était modifié.

2. Manéthon est d’avis que le Zuyô; fut ainsi nommé, v’ svivuas’

É '/Cdt V e P 6 £ V , I Olal -irsp t: X ic t i yys è~\ éXxoixévo'.o (Maneth., II, 136

sqq.). Firmicus se représente la Balance, signe masculin, sous la forme d’un homme tenant une balance (VIII, 3). C’était, disait-on, l’inventeur de la balance, peut-être Palamède, catastérisé pour ce fait (Ampel., Lib. mem., 2. 7). La Balance génie féminin, comme domicile de Vénus, sur l’autel de Gabics (Clarac, 11, pl. 130, 151).

\i'2 CHAl\ V. — LA ROUTE DES PLANÈTES OU ZODIAQUE

cas il y aurail en une ironie non médiocre à comparer l'instrumenl symbolique de la justice aux pinces du Scorpion *.

Cechangement, insigniliant pour les astronomes, était de grande conséquence en astrologie. La Balance représente la mesure, la justice, la souveraineté de la loi. Elle fait les législateurs, les esprits ordonnateurs et systématiques, influence que ne pouvaient pas avoir les pinces du Scorpion. Aussi est-ce la Balance, et non pas les Pinces, que les astrologues, pour faire leur cour aux Romains, adjugèrent comme signe protecteur à l’Italie.

IR. Le Scorpion {^'Aopmo;; - Scorpio - Scoi'pius - Nepa). — Le Scorpion ainsi écourté au prolit de la Balance était, pour les

Grecs, celui qui, envoyé par Gæa ou par Artémis, lit périr le grand chasseur, le trop vaniteux ou trop galant Orion. La scène mythique se jouait encore dans le ciel, où les deux acteurs se trouvaient transportés; car, aussitôt que le Scorpion se levait,

I. Manil., IV, 203-216. Chez les auteurs de basse époque, Zuyô; devient surtout le Joug, celui qui pèse sur les bêtes de somme et les esclaves, idée qui s'accorde avec celle de domination, de loi, contenue dans la Balance. Sur le Globe Farnèse soutenu par Hercule ou Atlas, l'artiste a combiné les yr}.a.i et le Zuyôî, le Scorpion portant dans une de ses Pinces le lléau de la Balance (Letronne, Œuvres choisies, 1I« série, I, pp. 239 et 484. G. Thiele, op. cil., pp. 19-42 et pl. ii-vi). Notre vignette Scorpius et Chelae a pour but de montrer l’équivalence plastique îles et du Zuyôî. Ptolémée appelle con-

stellation (àffTcptojjio;) et Zuyoî le signe (ÇwSiov).

LE SAGlTTAlItE

OrioQ s’enfoncait sous l’horizon *. La légende grecque, dont on a tiré un doublet pour le Cancer (ci-dessus, p. 13()), paraît bien être une imitation de la légende clialdéenne du héros Gilgamès, attaqué par l’homme-scorpion, gardien du Soleil. L’explication soi-disant rationnelle, qui voit dans le dard du Scorpion et la llèche du Sagittaire le symbole de la foudre, sous prétexte qu’il y a beaucoup d’orages en octobre et en novembre ^ est une induction chimérique, fondée sur un fait plus ({ue douteux et, en tout cas, particulier à un climat.

Foudroyant ou non, le Scorpion ne pouvait guère avoir de clients paisibles. Il suscite les batailleurs, les ravageurs, les gladiateurs, maîtres d’armes et autres espèces de la gent ([uerelleuse ^

>-». Le Sagittaire - Sagitta7'ius). La plupart des my-

thographes étaient d’avis que l’Archer ou Sagittaire devait être le centaure Chiron^. Mais il se trouva quelque érudit pour soutenir que les Centaures ne connaissaient pas l’usage des llèches, et, du reste, il y avait une autre constellation du Centaure. D’après le poète Sosithée, le Sagittaire était le portrait symbolique d’un certain Crotos, ami des Muses, bon cavalier et prompt comme la llèche, ou se servant de son talent d’archer pour distraire les Muses ; en somme, une copie ou caricature d’Apollon. Aussi, on ne savait trop comment le représenter, bipède ou quadrupède, toujours pourtant avec des jambes de cheval. On ajoutait à la figure une espèce de manteau volant, qui l’a fait classer parmi les signes « ailés ^ ».

1. Orion et le Scorpion sont deux constellations brillantes, qui ont dù attirer de tout temps l’attention Uucens vis maf/na Népal — cuyn maqnis sese Nepa lucihus eff’ert. Cic., Arat., 324 et 434), par opposition aux obscuvo corpore Clielae (v. 393). Sur Gilgamès, cf. Sayce, Gilf/a7nes Cycle, tal). ix. Sur les légendes grecques, Eratoslh. l'eliq., pp. 72-75 Robert. Nepa désigne aussi, même dans Cicéron [Arat. 216), le Cancer. Nepa Afrorurn linyua sidus qiiod Cancer appellalur, vel, ut quidam volunt, Scorpios (Paul, et Fest., p. 164 et 165 Muller).

2. Isid., Oriyy., 111, 70. L’assertion se trouve déjà dans Germanicus : Scoi'pios in pluüias ra7'us, sed nuhibus alris | Creber ayit nimbos et saeva totiilrua poi'tat, 1 Clara sayittiferi tetiyit cu/7i limii/ia siy/ii (p. 199 Baebrens). Le dard du Scorpion considéré comme un soc on semoir, à cause des semailles d'octobre (Manil., IV, 219 et 556. Proclus, in Aîial. Sacr., V, 2, p. 176 Pitra).

3. .Manil., IV, 217-229. Le Scorpion est le domicile de Mars ;.\rès), qui y a son Sosie, Antarès, xw ""Apsi x7|V /oôav o'xoïo; (Cleomed., II, II).

4. Le Sagittaire doit être, comme le Scorpion et le Capricorne, d’origine orientale. Bérose enseignait qu’à l’origine il s’était produit divers monstres (cf. Empédocle), des hommes-chèvres, des t-zo-ô8aî, etc. (Fr., Hist. Gr., II, p. 497). Sagittaire-centaure assyrien dans Roscher, Le.ricon, II, p. 1055.

5. Voy. Eratosth. reliq., pp. 150-153. Signe o'.aoT.aaxo'jopov dans Ludwich [Anecd. Asti’oL, p. 109).

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