ASSOCIATIONS PAR LIGNES PARALLÈLES
de tout motif intelligible dans l’extravagante compilation de systèmes enchevêtrés que Firmicus emprunte « aux livres d’ Abraham ‘
Pour rester en deçà du point où l’exercice de la raison devient
impossible, nous ne nous occuperons que des combinaisons reposant sur des adinités électives réglées par la géométrie. Tout bien
considéré, nous nous trouvons en présence de deux façons générales d’associer les signes, et, avec les signes, les planètes ; par lignes parallèles et par côtés de réguliers ; l’une, d’usage commun aux astronomes et aux astrologues, 1 autre propre a l’astrologie.
§ 1. — Associations par lignes parallèles.
Les associations par lignes parallèles sont toujours des couples et ne s’opèrent (jue dans deux sens, parallèlement à l’axe qui Joint les équinoxes et à l’axe (|ui joint les solstices. Les astronomes associaient par couples (/.axà les signes ayant môme
latitude ou zone (ôjjifj^cova - aj^u-p), autrement dit, situés sur des lignes parallèles à l’équateur (axe des équinoxes). Le rapport (pie ces signes avaient entre eux était que, le soleil étant dans 1 un ou dans l’autre, les jours avaient de part et d’autre même durée, et, par conséquent, les nuits. Les astrologues, pour qui les signes étaient des êtres vivants, accommodèrent cette classilicalion a leurs idées et dirent que les signes ainsi placés se « regardaient » et se « voyaient » (pXéTïovxa [^tuotaj), par dessus et par dessous le disque de la Terre intercalé au milieu du cercle. Ptolémée les appelle « équipollents » (1 ao ouva g où vxa) à cause de 1 isochronie respective des jours et des nuits, et il prétend que le nom de
ineaux, la Balance et le Verseau; mais pourquoi les Gémeaux détestent-ils le Bélier (II, 546)? Pourquoi le Lion ctiéril-il le Capricorne (11, 498)? Le Bélier aime le Taureau, qui « lui tend des pièges » {fruslratur amando ] Laavum, Lanigero qui fraudem nectit, etc. II, 486-484), et il est en guerre avec la Vierge (11, 541), lui qui a jadis porté Hellé. On est en pleine fantaisie.
1. Kirm., Vlll, 2 : Videntium se el audienlium slellarum theorica, avec le tableau récapitulatif, ce ipie j'ai rencontré de plus déraisonnable, par conséquent, de plus « révélé « pour les croyants, dans toute l'astrologie.
2. 11 est bon d'avertir une fois pour toutes <(uc le Zodiaque sert principalement à fixer les positions des planètes, el que tout ce qui va être dit des antiscia et des a/ f, pava s'applique aussi aux planètes, qui ont en plus une conliguration à elles, la conjonction (aévoSoî-s’Jvouffîa).
ClIAP. VT. — COMBINAISONS DES SIGNES DU ZODIAOL’E
« M3}anl,s » leur a été donné parce (|u’ils se lèvent et se couchent aux mêmes points de l’horizon
Les anciens astrolojjjnes, ([ni considéraient les signes en bloc, mettaient en regard le Bélier et la Balance et rangeaient deux couples de « voyants » de chaque cê)té de l’équateur. 11 résultait de cet arrangement que les signes tropiques, le Cancer et le Capri- C(3rne, n étaient pas couplés (a^uya - a^cova - aêXeTcxa] et ne regardaient personne. Ils étaient aveugles ou « ne voyaient qu’euxmemcs ^ ». L ordonnance précitée associait les signes de même sexe, et c était, on 1 a déjà dit, une condition harmonique mais les astronomes, depuis llipparcpie, mirent ce bel ouvrage en désarroi ([nand ils s’avisèrent de placer les points cardinaux non plus au milieu, mais au commencement des signes tropiques el e(|u inoxiatix, on plutôt, en déj)it du scrupule astrologique concernant le psaepêôXrqxa (ci-après, p. 177) entre deux signes. Du con[), tout le système des correspondances lut changé : le Bélier se trouva, vis-a-vis de la Vierge et non plus de la Balance, et le
1. Ptoleiii., Telrab.,l, 16; Hephest., 1, 10. La raison est faible, et le scoliaste ne tait que paraphraser : -ri 5è TrpoGT,yopta évo; pcivou, èx tùO ôtà xt»v aùxwv' xô-wv àvaxsXXïiv xctt SûecOai • coxel yàp xà èx xoü aùxou xôttou àvic/ovxa 6p3v Éauxâ (Auon., p. ;i-4). Antiochus indiquait la vraie raison en objectant ((ue le lleliei et la Balance ne devaient pas non plus se voir, la Terre étant entre les deux : cuni dicit quod Libra Arietem, propier lerram quae media est, non vident (Firniic., II, 29, 2 Kroll). Déiuophile (ap. Porphyr., p. 193) appliquait l’épithète d’iffoôuvatxoüvxa non pas aux signes qui se voient, mais à ceux qui, « au dire de certains » (xtvsç), •&‘entendenl et ne peuvent pas se voir, ôià xô x-îj; yf,; (àiîoaxîao'p.a. C est donc bien la Terre qui fait écran. Seuleineut nos astrologues auraient été eiubarrassés de dire pourquoi les signes qui se voient ne peuvent aussi s entendre. Aussi l’exercice simultané des deux sens est admis par Paul d’Alexandrie, qui identifie (fol. 1) 4v) les àxouovxa xxl fJXérovxa.
2. Cancer et adverso Capricornus eonditus astro \ Vertitur in semet oculis, in mutua tendant \ Auribus (Manil., 11,494-496). C’est évidemment la raison pour ld([uelle (lésant lamina Cancro (Manil., Il, 239). Géminus, qui blâme le système ancien, dit : Katpxivov p.cv ÈïsxiOsvxo pLr;6cpiiav lysiv auÇuyîav Tcpô? âXXo Çijjoiov, àXXà xa'i àvâxsXXstv popsioxaxov xoù ouvstv piopsiôxaxov {Isagog., 1, 9). De même pour le Capricorne. Voy., contre Géminus, Petavius, Doclr. temporum, 11, ch. VII. Cf. les dii communes, yaiàî^wvot dicanlar (Serv., Aen., XII, 118), qualibcation astrologi(]ue détournée de son sens et appliquée aux dieux non’ classés dans le temple céleste des haruspices (Martian. Cap., 1, 61).
3. Manilius cherche et trouve d’autres motifs harmoniques; ainsi le Taureau regarde la Vierge, en souvenir d’Europe : Virgine ?nens capilar, sic qaondam vexerai ante \ Europarn durso relinenlem cornaa laeva, | Indatasqae Jovi est (.Manil., Il, 489-490). On ti’ouve dans Paul d’Alexandrie (fol. E 3 v) un système d’ôiJ.ôî;wva où le Lion est homozone du Cancer; la Vierge, des Gémeaux, et ainsi de suite. C’est riiomozonie des oixot (ci-après, tig. 24), un système à part, qui ligure aussi dans les Anecdola de Ludwich fp. 106).