‹ L'astrologie grecqueChapitre 86 sur 360 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

COMl^NAISONS DES SIGNES DU ZODIAQUE

Dans l’astrologie classique, les actions et réactions que les signes exercent les uns sur les autres sont régies exclysivemenl par la géométrie. Mais la géométrie n’est souvent qu’un voile sous lequel se dissimulent des raisonnements moins abstraits, des associations d’idées que les savants déguisent de leur mieux et que trahissent parfois, fort à propos pour nous, les néophytes. Manilius, dont l’imagination refuse de se laisser emprisonner dans les mathématiques, a une façon plus humaine de concevoir les rapports des signes entre eux. Comme dans le monde d’Empédocle, c’est l’Amour et la Discorde qui agitent le Zodiaque ; ce sont des regards chargés de désir ou de haine qui s’échangent et se croisent de tous les points du cercle. Hélas! comme il était aisé de le prévoir en constatant sur terre l’effet des influences zodiacales ', c’est la Discorde qui prédomine, et les amitiés ne sont guère que des alliances, toujours boiteuses, pleines d’arrièrepensées et de trahisons, contre des ennemis communs. L’imagination une fois lâchée sur cette pente ne connaît plus de règle ; tout est prétexte à ligues et contre-ligues, et le désordre, déjà visible dans l’ébauche de Manilius aboutit à la disparition

1. Gomme conclusion d’une tirade éloquente (11, 596-607) : Vtque sibi cœlinn, sic Icllus dissidet ipsa \ Atque hominum gentes inimica sorte ferunlur. Description des ligues, antipathies (11, 466-607) et sympathies (607-742). Manilius mélange ce que nous voulons trier, les ])arallèles et les polygones.

2. Il ne peut même pas maintenir la règle la plus simple, ainsi posée : Nam qnuecumque nile.nl humana condüa forma | Aslra, manenl illis inimica et vicia ferarum (11, 537-538). Manilius — en attendant ses batailles de trigones (ciaprès, p. 175) — mêle au hasard les sympathies et les antipathies. On croit deviner pourquoi le Verseau « est épris » du Crabe, qui aime l'eau (11, 496. 512), et on comprend que la Vierge paie d'ingratitude l'amour du Sagittaire (II, 500-506), qui a du reste contre lui, natiira el lege jubente (il, 561), les Gé-

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