PREFACE
Le soleil chaque jour, fidèle à sa carrière,
Nous portait en tribut sa féconde lumière :
La terre était l'amour, le chef-d'œuvre des cieux.
Aujourd'hui ce soleil, cet «poux radieux,
N'est qu'un point immobile; et, sans être aperçue,
La terre autour de lui nage dans l'étendue.
Dix globes inégaux , dans leur course emportés ,
Du souverain des cieux reçoivent les clartés,
Et la fille d'Herschell décrit son orbe immense
Loin des torrents de flamme où Mercure s'élance.
[Le soleil ) ce superbe géant ,
Quel est-il? une étoile, un atome, un néant: Invisible, perdu dans l'étendue immense, Pour les mondes lointains il n'a pas d'existence ; Pour eux il se confond dans ces pâles vapeurs Que nous offrent des cieux les vastes profondeurs , Et qu'à l'aide de l'art, présent de Galilée, L'œil croit apercevoir dans la voûte étoilée. Eh ! que peut être auprès de ce roi glorieux , Qui lui-même s'éteint dans l'abîme des cieux, Un satellite obscur, un amas de poussière Qui reçoit tout de lui, la vie et la lumière ?
Si de nous ce llambleau retirait sa clarté, Notre globe à 1 instant stérile, inhabité,