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L'atavisme chez l'homme

Dans les leçons qui précèdent, nous nous sommes livrés à une étude comparative délaillée de l’organisation anatomique de l’homme et des animaux, particulièrement des singes anthropoïdes. Cette étude, dans laquelle nous avons négligé de parti pris les considéralions qui ne sont point directement du ressort du naturaliste, nous à conduits à conclure qu’au triple point de vue du développement, de l’anatomie et de la physiologie, on ne saurait invoquer aucun argument sérieux pour rayer l’homme de la liste des animaux, et que, par conséquent, bien loin de faire de celui-ci un être à part, constituant à lui tout seul un règne dans la nature, nous nous trouvions contraints, par l'évidence même des faits, à reconnaitre en lui un animal à peine différent des singes anthropomorphes.

Il n’est pas sans intérêt de rechercher maintenant si l'anatomie anormale ne viendrait pas nous apporter de nouveaux arguments à l'appui de cette manière de voir. Nous suivrons dans celte étude l’ordre même que nous avons adopté pour les leçons précédentes.

Les monstruosités sont si semblables chez l'homme et chez les animaux vertébrés, à quelque classe que ceux-ci appartiennent, qu'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire dut appliquer à ces deux sortes d'êtres les mêmes termes et la même classification. Il y a plus : ce même auleur remarquait déjà que les monstruosités par arrêt de développement reproduisaient chez l'homme les conditions normales de divers mammifères ou même de divers vertébrés ovipares.

Depuis les belles recherches de Serres, il est démontré que « l'organogénie humaine est une anatomie comparée transitoire,

1. Lecons faites à l'École d'anthropologie pendant le semestre d'hiver 1884-1885 (Cours libre d'anthropologie biologique).

comme à son tour l'anatomie comparée est l'état fixe et permanent de l'organogénie de l'homme! ». Cette loi, que les naturalistes allemands ont eru découvrir parce qu’ils l'ont présentée sous une formule différente de celle-ei, est habituellement exprimée en disant que l’ontogénie de l’homme est le résumé de sa phylogénie. Elle a trouvé une consécration éclatante dans la doctrine de Lamarck, en faveur de laquelle viennent plaider des arguments si puissants et qui fait dériver les animaux actuels d'espèces plus simplement organisées, dont 1l se sont différenciés petit à petit, à la suite d’un grand nombre de siècles, sous l'influence de causes variées et par l'intermédiaire d'un nombre considérable de générations successives. Cela étant, il devient manifeste que la plupart des cas tératologiques dont nous pourrons constater l'existence chez l’homme trouveront leur explication dans la persistance d'un état embryonnaire habituellement transitoire; en d’autres termes, l’atavisme nous donnera la clef de ces anomalies.

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