‹ L'atavisme chez l'hommeChapitre 19 sur 32 · RATE · texte numérisé non relu

RATE

La rate est normalement compacte et ramassée en un seul lobe. Mais les anatomistes ont eu maintes fois l’occasion de signaler des cas où cet organe était divisé en lobes par des sillons plus où moins profonds et la division pouvait même être parfois si complète qu'il y avait en réalité plusieurs rates. La présence de trois rates est le cas le plus habituel ; mais parfois on en rencontre quatre’, cinq”, sept” et même jusqu'à vingt-sept*. Un nombre considérable de cas de ce geure se trouvent du reste résumés dans le mémoire de Heusinger”.

Parmi les vertébrés, il est tout à fait exceptionnel que la rate soit multiple ou même soit multilobée. L’embryologie nous montre d'autre part que cet organe se développe chez l’homme aux dépens d’une masse cellulaire compacte, interposée aux feuillets du périloine, en sorte qu'il nous semble bien difficile d'expliquer par l’atavisme les cas dont nous venons de parler : la phylogénie et l’ontogénie viendraient l’une et l’autre plaider contre une semblable opinion. La multiplicité de la rate est donc un phénomène dont la signification nous échappe ; nous ne la mentionnons 1ci que parce qu'on serait peut-être tenté de la mettre en parallèle avec la multiplicité du rein; mais cette dernière anomalie est bien véritablement explicable par l’atavisme, ainsi que nous le démontrerons par la suite.

. Duverney, Œuvres anatomiques, I, p. 245.

Patin, cité par Haller, Elementa physiologiæ corporis humani, NI, p. 388. . Cruveilhier, Traité d'anatomie descriptive, NI, p. 422.

. Otto, Beiträge zur analomischen Physiologie und Pathologie, p. 4.

5. Heusinger, Mémoire sur les monstruosités de la rate produites par le défaut de développement de ce viscère. Journal comp. des sc. méd., X, p. 216.

r à CIO

Sans parler des dauphins et des marsouins chez lesquels la rate est habituellement multiple, nous devons cependant rappeler que cet organe semble être normalement trilobé chez certaines sarigues, chez les phalangers et chez l’ornithorhynque".

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