‹ L'atavisme chez l'hommeChapitre 23 sur 32 · OREILLE · texte numérisé non relu

OREILLE

Le pavillon de loreille de l'homme se prolonge en bas par une portion pendante, dépourvue de cartilage, que l’on appelle le lobule. Cette portion fait à peu près constamment défaut chez les singes, ou du moins ne s'y présente qu’à l’état rudimentaire. On n'a pas manqué d'invoquer ce fait comme constituant une différence nette, encore que minime, entre l’homme et les singes. Mais cette différence s’évanouit véritablement, quand on songe que les dimensions du lobule sont éminemment variables suivant les individus, et que son absence totale s’observe fréquemment chez les cagots des Pyrénées et chez certains Kabyles de la province de Constantine. On ne saurait méconnaitre le caractère réversif de cette anomalie.

Les quadrupèdes ont pour la plupart la faculté de mouvoir leur conque auditive, de manière à l’orienter suivant la direction d’où vient le bruit. Cette mobilité s’est perdue chez l'homme et les anthropoïdes, par suite de l’atrophie des muscles auriculaires. Mais il n’est pas très rare de la voir réapparaître chez l'homme et, pour ma part, j'en ai constaté plusieurs cas. Le premier m'a été offert par un jeune homme, actuellement médecin dans l’une des principales villes de la Corrèze : chez lui, le muscle auriculaire postérieur, très développé, pouvait attirer en arrière la conque auditive avec une grande énergie. Un second exemple m'a été fourni par un étudiant suisse, qui, au cours d’un examen que je lui faisais subir, le 19 décembre 188%, présentait par instants un véritable tremblement des deux oreilles ; sa physionomie ne reflétait du reste pas la moindre émotion. Le pavillon de l'oreille se trouvait brusquement tiré par saccades soit en haut, soit en arrière, ce qui indiquait un développement considérable à la fois du musele auriculaire supérieur et de l’auriculaire postérieur.

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