‹ L'AtharvanChapitre 3 sur 12 · LS · texte numérisé non relu

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Etant donnée l’importance considérable du répertoire érotique du sorcier qui sait qu'aucun attrait ne le cède à celui de la volupté, et qu’aux joies de la

conception vont suivre celles de la création le «siman-

takarma » ou « rite de la raie des cheveux », devait naturellement, dans la vie védique, tenir un tout premier rôle. Il faut noter que ce rite se pratiquait seulement sur les primigestes et vers la mi-terme : les

cheveux de la femme étaient divisés, sur le sommet de

da tête, au moyen d’un piquant de porc-épit marqué

de trois taches blanches. Nous pensons avec V. Henry

que cette pratique se basait sur ce fait : l'enfant est censé ne pas avoir d'âme : celte dernière ne pourra

être incorporée si les cheveux sont épars : au con-

traire, elle trouvera un accès facile par la raie ainsi constituée. En outre, la femme, peignée de la sorte, était ceinte de fruits encore verts du figuier-udumbara.

Vers le huitième mois de la grossesse, une amu

lette formée de graines de moutarde jaune et blanche,

lui était remise, cependant que s’accomplissaient des pratiques dignes de rivaliser avec le « Sabbat » de

Louis Boulanger. Ainsi la femme était protégée contre

la faune i immense et grotesque des Invisiblés « qui la.

guettaient pour la violer », et « contre ceux qui font de la lueur sous les bois DS

De plus, la défense de Ia parturiente était com- “plétée F par les moyens ci- après : : suspension à son cou d'une corde à arc, emblème de la solidité; absorption, à chaque stance récitée par le sorcier, d’une pilule de glaise et protection de sa couche à laide d’un rempart de cailloux noirs. Une autre pratique consistait à éplucher, brusquement, sur la tête de la femme « quatre brins de muñja », la tige vers l'Ouest, et l'enveloppe vers Est : s’il n’y avait sur l'enveloppe ri déchirure, ni rupture, aucune dystocie n’était à craindre.

Plus hardi que nos modernes accoucheurs, l’Atharvan ne craignait pas de diagnostiquer le sexe avant la naissance. Deux méthodes étaient surtout en usage : la première consistait à faire tenir à la parturiente quatre gousses de graines de lin sur lesquelles le sorcier versait de l’eau; si ces gousses s'accolent les unes aux autres : garçon sans conteste ! Un hériter mâle devait égalament être attendu si une racine de sraja arrachée séance tenante de terre ne présentait qu’une radicelle.

Au moment de la délivrance, le brahmane défaiïsait tous les nœuds qui se trouvaient dans la maison : c’est là une coutume qui s’est continuée jusqu’à nos

(1) A. V., vin, 6, 18-14.

en.

jours, car elle existe encore dans certaines régions du Nord, en Allemagne notamment. Ensuite, T'Atharvan 2" déterrait le sraja, après le coucher du soleil ou à l'abri | d'un parasol, si l’imminence de l'acte physiologique l’obligeait à pratiquer cette action délicate en plein jour. Après avoir attaché la plante aux cheveux de

l'accouchée, il chantait :

« Comme vole le vent, l'esprit, les oiseaux, ainsi, Ô

embryon de dix mois, avec le délivre, envole-toi ! que le délivre se détache ! » (.

En présence d’ une thérapeutique aussi énergique, Dame Nature n'avait qu’à remplir victorieusement son office !

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