‹ L'Athéisme du dix-neuvième siècle [electronic resource]Chapitre 15 sur 30 · UN MOT · texte numérisé non relu

UN MOT

Un fait qui est saillant dans l'action providentielle, c'est qu'elle semble avoir opposé partout le bien au mal, dételle sorte quenotre libertépeut toujours, lorsqu'elles'en soucie, éviter ce dernier , aussi bien dans l'ordre physique que dans l'ordre moral : l'ivraie pousse au milieu du froment; le précieux tubercule de Parmentier à côté delà jusquiame et de la pomme épineuse ; le mancenillier croît volontiers sur les bords delà mer, dont l'eau purgative peut être considérée jusqu'à un certain point comme son antidote; de même , depuis l'origine des temps , le matérialisme et le spiritualisme sont en présence, toujours prêts à en venir aux mains, et se corrigeant l'un par l'autre.

Ce fut peut-être en vertu de cette loi providentielle que le fameux athée de Lamettrie, dont j'ai parlé dans ce livre, vint au monde sur la terre plantureuse de l'Armorique, à côté du philosophe qui devait être son correctif, de Moreau de Maupertuis, lequel, bien qu'il ne fut ni bigot ni fanatique , et qu'il eût été agréé par Frédéric-le-Grand comme président de la fameuse Académie de Berlin, ne cessa jamais de professer des sentiments très-orthodoxes sur la providence de Dieu.

Maupertuis a en effet établi et surabondamment prouvé dans ses écrits, assez rares et assez peu connus des savants modernes, qui se souviennent plus volontiers de ceux de L imettrie , qu'ils sont en toute occasion heureux de citer, «que tout dans l'univers fait sentir sa dépendance et le besoin où il est de la présence de son Auteur ; que c'est Lui seul qui le meut en entretenant et renouvelant sans cesse les forces par lesquelles ce mouvement se produit; que ces forces sont toujours disposées avec la plus grande économie et la plus grande prévoyance. »

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