SÛR LA PROVIDENCE. 3H
Ce dernier fait, ou plutôt cette dernière circonstance, est aux yeux du célèbre mathématicien — car Maupertuis n'était pas un poète , mais un homme des plus positifs — la plus grande preuve qu'il puisse donner de la sagesse infinie de Dieu. Mais j'ose dire que s'il avait été médecin, et que par suite il eût été appelé à s'occuper du petit univers, c'est-à-dire de l'organisme humain, il en aurait sans doute trouvé de plus concluantes encore, car c'est surtout dans les corps vivants qu'éclatent les merveilles de l'éternel Auteur de toutes choses.
Dans son Essai de cosmologie, qui est loin d'être aussi célèbre, aussi savant que celui de Humboldt, mais qui lui est au moins très-supérieur sous le rapport des sentiments religieux dont il est imbu, Maupertuis présente Dieu comme un être essentiellement moteur et bon, quia fondé les lois du mouvement et du repos des corps sur le principe de l'harmonie et du mieux (ce sont là ses propres expressions) , et qui après avoir formé ces corps leur a ajouté certaines forces émanant de lui-même.
Maupertuis professait donc, comme l'école spiritualiste la professa dans tous les temps, et comme je la professe moi-même avec conviction, l'inertie de la matière. Il ne croyait pas que les forces qui la mettaient en action lui fussent inhérentes; aussi s'écrie-t-il en terminant son Essai cosmologique :
«Ouvrons les yeux, parcourons l'univers et livronsnous hardiment à toute l'admiration que ce spectacle nous cause; tout est lié dans la nature : le monde tient au fil de l'araignée, comme à cette force qui pousse ou qui tire les planètes vers le soleil ; mais ce n'est pas dans le fil de l'araignée qu'il faut chercher les preuves de la sagesse de