ET DE L^IDIOTIE
tuellement Tun à l'autre, ils ne peuvent agir que de concert. L'âme n'exerce ses plus nobles facultés que par l'entremise du corps, qui par là devient à la fois et l'instrument de ces facultés et le milieu à travers lequel on les découvre. La machine humaine est-elle en bon état, les facultés spirituelles se développent avec avantage; mais cette machine vient-elle à se démonter, elle suspend, elle trouble l'exercice de ces facultés, qui paraissent alors s'affaiblir, quoique leur principe immatériel demeure toujours le même. ?]nfm, le composé mécanique vient-il à se dissoudre, ces facultés disparaissent à nos yeux, parce que l'union est rompue et que l'âme, cessant d'agir sur les organes et de pouvoir se servir d'eux, ne peut plus par conséquent se manifester au dehors. »
AiUeurs le célèbre médecin, continuant le même sujet et «adressant à son antagoniste Voltaire, conclut en ces termes: (( Monsieur, ce n'est pas sur une hypothèse que je bâtis, mais sur ce principe certain qui fait de l'homme un composé de deux substances de différent genre, dont l'une est matière et l'autre esprit. La nature même des facultés intelligentes que je sens en moi, et qu'à des signes indubitables je découvre pareillement dans les autres hommes, me prouve une âme immatérielle : d'un côté, en effet, je vois avec évidence que mon âme, qui pense, qui réfléchit, qui veut, qui raisonne, n'est point matière; d'un autre côté, mon expérience m'apprend que cette âme a de l'influence sur un corps organisé, lequel en a réciproquement '^ur elle. Gela posé, en vain prétendez- vous combattre l'existence d'une âme spirituelle unie dans l'homme à la matière, en alléguant des phénomènes qui sont le résultat naturel de cette union dont l'évidence de nos idées, jointe