‹ L'athéismeChapitre 37 sur 87 · Î^VÎ^^V · texte numérisé non relu

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OPINIONS ABSOLUES SUR l'eNSEIGNEMENT 145

que je veux dire : si nous avions les pattes droito^ de devant de deux cents générations successives de chevaux et si nous en faisions une série, nous pourrions observer cette série sans nous douter de Texistence d'une évolution de Fespèce cheval. Si 5 au contraire, comme cela est réalisé dans les galeries de paléontologie, nous juxtaposons une patte de cheval actuel et des pattes de chevaux fossiles ayant un nombre croissant de doigts, rnius voyons, aussi bien qu'avec un cinématographe, la variation qui a conduit à la forme actuelle. L'imjiurtant est que, chez les élèves, la conviction «lu transformisme soit définitivement établie et qtj'ils puissent répondre, quand on leur demande ails ont vu varier une espèce : « Non, je n'ai pas vu varier une espèce, mais je n'ai pas non plus vu grandir un arbre, et cependant je sais que les arbres grandissent parce que j'ai observé plusieurs de leurs formes successives ».

j Le Transformisme n'occupe pas dans l'enseignement actuel la place qu'il mérite: il devant dominer tout l'enseignement scientifique, car il a modifié l'opinion que l'homme s'était formée wn sujet de sa propre nature; pour un transformislt? convaincu, la plupart des questions philosophiq(i*j?

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qui se posent naturellement à l'esprit humain changent de sens; quelques-unes n'ont plus de sens du tout.

Avant d'essayer de montrer le bien-fondé de cette assertion, 11 n'est pas inutile de dire pourquoi, à notre époque, si peu de gens méritent, dans son acception entière, la dénomination de transformistes, pourquoi, en d'autres termes, si peu de savants vont jusqu'au bout du transformisme, acceptent les conséquences entières de la théorie nouvelle. Et il ne sera pas sans intérêt de montrer que Darwin, le fondateur ou au moins le restaurateur et le vulgarisateur du transformisme, a adopté, l'un des premiers, la méthode défectueuse qui devait empêcher cette doctrine de donner tous ses fruits.

Je commençais cette causerie en mettant avant toute autre préoccupation celle d'écarter de l'esprit des élèves toute idée de Texistence d'entités statiques en biologie. Malheureusement, les hommes en général n'observent pas la vie au cinématographe et voient à chaque instant les êtres vivants comme s'ils étaient morts. Aussi ont-ils peuplé l'Histoire naturelle de ces entités déplorables que Ton appelle les caractères des animaux et des végétaux, les caractères étant les éléments dans lesquels on peut décomposer la description actuelle d'un individu. Avec le cinématographe, on montre que ces caractères ne sont que des apparences

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