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RECHERCHE D'UNE FORMULE DU MONISME

Les théories dualistes sont vieilles comme le monde; le monisme est au contraire tout récent^

mort-née, qui parut en 1900, et s'appela, je crois : Le XX^ siècle ; elle m'ont semblé assez remarquables pour que j'aie cru devoir en faire l'épigraphe du présent livre.

et il a été attaqué dès sa naissance pour des raisons qui tiennent à la paresse intellectuelle autant qu'à l'abus de la logique de sentiment. Je dis que le monisme est récent, quoique ses adversaires le confondent volonGers dans une même réprobation avec le matérialisme des anciens^; et, en réalité, le monisme de certains monistes actuels ne se laisse pas aisément séparer du matérialisme, dont il a repris les affirmations métaphysiques, inaccessibles à Texpérience. Avant d'envisager les objections faites au monisme, et pour pouvoir discuter ces objections sur le terrain scientifique, il importe donc de donner du monisme une définition dépourvue de toute métaphysique.

Ce résultat n'est pas obtenu si l'on se borne à opposer le monisme au dualisme exposé dans la vieille formule : « mens agitât molem », et à nier purement et simplement l'existence de ce facteur d'action appelé mens par Virgile. Pour éviter de s'occuper de l'existence absolue des choses, il faut se garder d'oublier la manière dont nous connaissons ce que nous appelons les choses ; nous les connaissons par nos organes des sens et grâce à l'hérédité de l'expérience ancestrale, comme j'ai

1. Je me suis souvent intitulé matérialiste, parce que, ignorant des systèmes philosophiques, je ne savais pas à quoi cela m'engageait; j'aime mieux employer le mot « moniste ». Encore faut-il se défier de cette étiquette môme, comme je le montrerai plus loin ; le seul monisme que je mè laisse attribuer est celui que je définis dans ce chapitre.

essayé de le montrer dans un ouyrage récent*;, nous les connaissons d'une manière impersonnelle quand nous pouvons réduire leur description à des mesures faites par des moyens tels que ces moyens dûment appliqués, fournissent les mêmes résultats à tous les observateurs. C'est alors seulement que nous avons le droit de parler d'une connaissance scientifique des faits; c'est même là, en quelque sorte, la définition de la science.

Il faudra donc que le mot « mesure » entre dans notre dé^nition du monisme. Mais nous nous gar- .derons bien de donner à ce mot mesure le sens étroit de mesure d'étendue ou de vitesse ; si séduisant que soit le rêve de la mécanique universelle^ nous n'avons pas besoin d'en escompter Is réalisation pour donner du monisme une définition convenable; le monisme que Ton peut défendre aujourd'hui, sans prêter le flanc aux arguties des métaphysiciens, n'exige pas la réduction à l'unité de tous les phénomènes de la chimie, par exemple ; il y aurait cent corps simples irréductibles que cela ne m'empêcherait pas de me déclarer moniste. Beaucoup de phénomènes physiques me font croire que des corps, considérés aujourd'hui comme simples, ne sont pas simples en réalité; mais je n'ai pas besoin de le savoir pour combattre le dualisme.

Une mesure est scientifique dès qu'elle est

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