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Les Influences ancestrales. Paris, Flammarion

conscience et vous attribuez à une connaissance héréditaire une influence bienfaisante. » Sans doute, mais j'entends par connaissance la particularité cérébrale objective qui est créép chez un animal par Texpérience d'un phénomène, et non le fait que l'animal a conscience de cette particularité objective; le malentendu persistera indéfiniment si l'on n'admet pas, une fois pour toutes, que quand un moniste parle d'un fait de conscience, il pense à l'état cérébral correspondant et non à la connaissance qu'en a l'animal.

Pour ce qui est du finalisme immédiat, de l'adaptation des moyens à la fin, le monisme n'éprouve pas de gêne particulière; mais quand il s'agit du but à assigner à la vie, de Tidéal à poursuivre, il est bien obligé de déclarer que le seul but de la vie est la mort et la mort totale ; pour beaucoup de gens, cela n'est pas assez consolant; peutêtre même est-il bon, au point de vue social, que les hommes croient à une récompense, au delà de la vie, de leurs mérites actuels. J'ai discuté précédemment la valeur sociale de cette croyaice; je me borne ici à signaler les conséquences logiques du monisme.

Le monisme exclut la responsabilité absolue; l'homme étant entièrement le résultat de l'hérédité et de l'éducation, et n'étant maître ni de l'une ni de l'autre, n'est pas responsable; cela est évident; il n'a pas non plus de mérite, et la justice est

un leurre. Mais rhomme est un animal social, et ceci depuis un nombre immense de générations, c'est-à-dire que les conditions de la lutte pour l'existence sont différentes pour lui, suivant qu'il s'agit de ses congénères ou des animaux d'espèce différente; j'ai essayé de montrer dans Let Influences ancestrales * comment notre conscience morale actuelle résulte d'une vie sociale pro» longée. Cette conscience morale, qui répond à des particularités de structure de notre cerveau, contri* bue à nous dicter notre conduite dans beaucoup de cas, c'est*à-dire qu'elle fait partie des centres nerveux où s'élaborent nos « déterminations d'agir ». Elle est d'ailleurs d'une importance très variable chez les divers individus de notre espèce, comme nous avons vu précédemment que c'était le cas également pour la volonté.

La question suivante se pose donc au sujet de la valeur sociale du monisme. Est-il préférable que l'homme considère comme des principes éternels, accompagnés d'une sanction pénale, les ordres que lui donne sa conscience morale, ou bien qu'il sache que ce sont là des résidus héréditaires, provenant d'une époque disparue, et peut* être contraires aux conditions actuelles de la vie humaine? Je n'ai pas une compétence suffisante pour résoudre cette question sociale. Il me semble

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