ibid., p
hypothétiques qu'on appelle forces, savoir des variations de vitesse et de direction ; la force est, soit une fonction mathématique d'un emploi commode, soit une entité anthropomorphique inutile et même dangereuse pour le philosophe ^ En revanche, il n'a pas le droit de dire que nous soutenons a l'automatisme aveugle et irrationnel des synthèses substantielles » si, par synthèses substantielles, il entend les animaux doués d*organes des sens. Les animaux ont des yeux et s'en servent ; ils ne sont donc pas d'un « automatisme aveugle » et, le problème de Torigine des espèces est précisément d'expliquer comment, avec des éléments aveugles^ il peut se constituer, par adaptations successives, des animaux qui ont des yeux et savent en faire usage. Je n'ai pas à discuter ici la thèse transformiste, mais H. Vignon ne niera pas que les hommes, qui ont des yeuXy sont fabriqués au moyen de substances chimiques, qui n'en ont pas. Il m'objectera que précisément il y a en l'homme un principe qui lui permet de se servir de ses yeux, et nous reviendrons à la thèse principale du monisme : « Se produit-il dans le cerveau de l'homme des perceptions, des appréciations, des déterminations d'agir sans que se modifie quelque chose qui est susceptible de mesure ? »
JDès le début de son argumentation, M. Vignon
1. Voy. Les Lois naturelles j op. cit., chap. xv et chap. xxxi.
exploite Terreur commune à tous ceux qui attaquent le monisme. Son premier paragraphe est intitulé* : Les faits psychiques sont radicalement inactifs. En voyant tant d'hommes distingués qui attaquent, sans Tavoir comprise, la théorie de la conscience épiphénomène, je me dis avec tristesse que cette théorie a sûrement été mal formulée par ses adeptes — quorum pars magna fui! — J'espère avoir mieux expliqué dans ce chapitre cette théorie si âprement combattue ; je me demande comment on a pu accuser de puérilités aussi évidentes un homme comme Huxley, qui a été sinon le promoteur, du moins Tun des défenseurs du système. Je le répète encore une fois, les faits psychiques sont des faits comme les autres, et s'accompagnent do modifications dans des choses qui sont susceptibles de mesure; ce n'est pas une raison parce qu'ils sont psychiques pour qu'ils soient inactifs, ce n'est pas non plus parce qu'ils sont i ?ychiques qu'ils sont actifs, mais iU sont actifs au mêmt degré que les autres, et soumis au même déterminisme; il sera possible de les étudier objectivement quand on aura fait les découvertes nécessaires. De même les vibrations de l'air ne font pas remuer différemment la poussière répartie sur une plaque de résonnateur, soit qu'elles soient perçues par une oreille et, par suite, sonores, soit qu'il