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qu'elle suppose un monde où les choses seraient autrement qu'elles sont, mais qui a néanmoins le mérite de la clarté ; je la précise en disant : « Il y aurait aujourd'hui des hommes, résultat d'une évolution et d'une adaptation progressives, et ces hommes auraient des yeux et des oreilles, et s'en serviraient comme ils s'en servent; et les mêmes influx nerveux se produiraient dans leurs cer* veaux, et traceraient ces trajets capricieux que chacun de nous connaît en lui-même sous le nom d'association d'idées, détermination d'agir, etc.; seulement, ils ne le sauraient pas, et chacun d'eux n'aurait plus la prétention d'être le centre du monde. » Le moniste conséquent avec lui-môme doit admettre cette formule, qui n'a cependant aucune valeur puisqu'elle fa-it appel à une hypothèse contraire à Tordre de choses établi. Cette formule n'est qu'une manière de faire comprendre une théorie. Les travaux de Darwin et de Lamarck nous ont permis de comprendre comment, dans ces conditions de conscience épiphénomène, les hommes ont pu se former. On peut être plus ou moins satisfait des interprétations données au sujet de l'origine des espèces, mais ces interprétations seraient-elles toutes fausses, que le fait du monisme n'en subsisterait pas moins avec toutes ses conséquences : « Rien ne se passe de connaissable à un homme, sans que se modifie quelque chose qui est susceptible de mesure ». « Merveil-
leuse sélectioii naturelle! s'écrie M. Vignon^, Mais par quoi les trajets intracérébraux d'un individu peuvènt-iis être représentés dans Tœuf issu de lui, pour que Thérédité, non moins habile que la sélection naturelle, les fasse réapparaître, au moment voulu, dans le cerveau du produit? » Il n'existerait aucune théorie de l'hérédité ou dû l'origine des espèces, que les monistes auraient néanmoins le droit de soutenir, non pas que tes faits psychiques sont inactifs, comme le dit M. Vignon, mais qu'il n'y a pas de fait psychique sans modification de quelque chose de mesurable.
tt Un pareil système philosophique, dit M.Vignou, n'a que la psychologie qu'il mérite : nous voulons dire qu'il n'en a point. Telle est la démonstration, facile, que M. Le Dantec a pris à tâche de nous présenter lui-même après Hseckel ou Huxley*. >i
Voici maintenant ce qu'écrit, sur le même sujet, le critique anonyme de la BevttÉ de Métaphysique et de Morale^ :
« Vraiment, il y a de quoi sourire, quand ou voit ce que la psychologie doit à cette méthode prétendue scientifique ».
C'est comme si on raisonnait de la manière suivante : Savart et Helmholtz^ qui ont fait faire de grands progrès à l'acoustique, en ont-ils fait faîr^