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page, dans le yolumineux mémoire de M.Vignon, et je continue à en accuser Texposé yicieux de cette théorie; voici donc; encore une nouvelle formule qui, je Tespère, sera compréhensible : Les phénomènes qui se passent dans un homme peuvent être connus de deux manières: d'une part, objectivement! par un observateur étranger (que je suppose muni du phrénoscope) ; d*autre part, subjectivement, par l'homme lui-même ; ce 8ont les 7néme$ faits qui sont connus de deux manières ; dans la première narration il n'est question que de mou-^ vements, de réactions chimiques, de modifications de choses mesurables, soumis au déterminisme le plus rigoureux; dans la deuxième, qui est équi'valente â la première^ il n'es^ question que de flnalisme, de libre arbitre, de volonté, etc. ; et cela est fatal parce quie l'homme ne connaît subjectivement que les mouvements de sa substance propre , il ionore, dans cette étude psychologique^ l'oxygène, Paliment^ Véther vibrant qui collaborent avec sa substance à la détermination de ses actes ; il croit en conséquence qu'il agit par lui-même, alors quHl n'est que Tundes agents d'une série de réactions. Au contraire, Tobservateur qui emploie la méthode objective connaît en même temps tous les agents tant intérieurs qu'extérieurs à l'individu étudié ; c'est pour cela qu'il conclut au déterminisme de ses actes et à l'absence de liberté absolue. J'ai déjà expliqué*, 1. Voy. Lbs Influences ancestrales, op, dt.
et je n*y reviendrai pas, comment ce déterminisme, loin de Texclure, est au contraire la condition primordiale de Tacquisition de ce qu'on peut appeler (de finalisme humain», par adaptation progressive au cours des générations passées.
Je ne saurais trop insister sur ce point puisqu'il n'a jamais été compris des dualistes; en supprimant même l'hypothèse du phrénoscope, et en livrant les observateurs à leurs propres ressources, je dirai que les hommes sont comme des pantins ayant des rouages cachés mus par des ficelles visibles à l'extérieur; les rouages sont les particularités de sa structure cérébrale ; les ficelles sont des agents extérieurs d'action (oxygène, aliment, température, etc.). Eh bien, le pantin lui-même, par son observation subjective, connaît les rouages et ignore les ficelles; il se croit donc libre; l'observateur étranger voit au contraire les ficelles, et ne devine les rouages que parce qu'il voit la diversité des mouvements causés par les ficelles ; le biologiste moniste a la prétention de tenir compte a la fois des rouages et des ficelles.
Je ne puis suivre M. Vignon dans toutes ses objections ; il y en a qui ne se rapportent pas directement à la question moniste. Depuis la page 25 jusqu'à la page 46, il fait le procès des théories
sur l'hérédité et sur rorigine des espèces ; je n'ai pas à discuter ici la valeur de ces objections. Si par hasard les théories actuelles ne sont pas sufJisantes, on en fera d'autres, et, en attendant qu'on les ait faites, Thomme sera moins satisfait de ^a connaissance du monde ; mais cela ne change pas d'un iota la question du monisme et du dualisme ; un homme consciencieux, amené à conclure au monisme par certains faits, devra accepter ce système, même s'il se trouve, en l'acceptant, plongé dans les ténèbres les plus profondes au sujet de la signification de tout.
J'arrive immédiatement à la partie la plus importante, et à mon avis aussi la meilleure, du travail de M. Vignon ; c'est celle où il s'occupe du mimétisme et de l'imitation (pp. 46-56). Mon contradicteur a tort, ici encore, de prétendre que je considère les faits psychiques comme inactifs ; je me suis suffisamment expliqué là-dessus précédemnaent, et j'espère qu'il n'y aura plus désormais d'ambiguïté à ce sujet; mais il a certainement raison quand il dit que je ne me suis pas tiré brillamment des difficultés que soulève, pour un moniste, le problème de l'imitation. Je vais commencer par me défendre dans les parties où je crois que j'ai raison, et faire ensuite un modeste acte de contrition pour les parties où je reconnais que je n'ai pas été à la hauteur de ma tâche.
M. Vignon m'approuve d'être, pour la question du
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mimétisme, plus lamarckièn que darwinien ; mais il a tort de croire qu'on ne peut pas être lamarckien et moniste, c'est-à-dire être lamarckien et refuser aux animaux «des initiatives absolues». Je croîs que Ton peut classer l'ensemble des phénomènes biologiques en deux catégories : les uns, directement adaptatifs, sont ceux dans lesquels l'être vivant n'est mû sous Tinfluence des agents extérieurs que par l'intermédiaire de son mécanisme -* ce sont les pbé* nomènes lamarckiens — ; les autres, vraiment for* tuits^ et adaptés seulement ensuite par la sélection naturelle, ce sont les phénomènes darv^iniens ; et plus je vais, plus je crois que le rôle des derniers est minime dans l'histoire de la formation des espèces. En particulier, je crois que les plus remar^ quables d'entre les faits de mimétisme sont des résultats d'une fixation progressive, par l'habitude, d'imitationst primitivement volontaires» Je veux dire par là que le mécanisme cérébral auquel correspondent les épiphénomènes de volonté intervient dans cette imitation. C'est à ce propos quo M. Vignon me cherche querelle^.
« Non seulement M. Le Dantec, dans le livre même où nous l'avons vu faire appel aux actions volontaires, au choix, à l'ingéniosité consciente des organismes, exprime immédiatement toutes ses réserves sur la nature de cette volonté, qu'il